Hadi Zeidan présente la musique libanaise au monde, y compris l’Australie au festival OzAsia 2019

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Hadi Zeidan est un producteur-DJ libanais qui est basé à Paris. Il va presenter au festival OzAsia 2019 en octobre et novembre 2019 deux de ses spectacles qui mettent en valeur la musique libanaise. Lisez notre interview avec lui par dessous. Plus d’informations sur les spectacles se trouvent à la fin de l’article. 

Vous venez en Australie au festival OzAsia 2019 avec vos deux spectacles Beirut Electro Parade et Shik Shak Shok. Parlez-nous de ces deux spectacles.

Les deux spectacles représentent une expression sonore et festive à l’image de Beyrouth, ma ville natale et source d’inspiration intime.

Alors que Shik Shak Shok est la recréation d’un cabaret imaginaire des années 70s, 80s (période pendant laquelle le Liban était en guerre civile mais qui est également l’âge d’or de la musique libanaise), Beirut Electro Parade repère la manifestation artistique de la jeunesse du lendemain de la guerre civile : soirées underground, techno industrielle, électro, rock, débauche etc.

 

Vos performances explorent la musique de Liban, de l’âge d’or de musique mais aussi de la musique électro d’aujourd’hui. Quel est votre style de musique préférée?

Je ne peux pas définir un style préféré. Il y a des créations ou compositions que j’admire mais qui transcendent le “genre musical”.

Si toutefois je devais choisir une pratique musicale qui m’inspire, c’est le free jazz, aussi bien valable avec des instruments traditionnels, improvisés ou électronique. Le free jazz est l’expression de l’âme à un moment.

 

Comment est-ce que la musique libanaise est-elle différente de la musique occidentale? 

La musique libanaise puise son inspiration dans l’environnement et le paysage qui constitue le “pays du Cèdre”.

Le Liban est un pays minuscule, dotée par la providence de deux chaînes de montagnes et une côte méditerranéenne très fertile. C’est une presqu’île qui a accueilli des civilisations et populations nombreuses au fil des années et, sa musique, sinon son art, est la preuve de cette richesse cosmopolite, multiculturelle et fertile.

On y retrouve des inspirations de partout : du rock surf à la musique balkanique en passant par la musique indienne ou encore latine !

 

Quel est votre chanson préférée de l’âge d’or de la musique libanaise?

Sans doute Oumi ta Nourkouss de Sammy Clark et composée par Elias Rahbani.
Traduction : lève-toi qu’on danse

Alors que le Liban était en pleine guerre, ce disque très gai est sorti en 1982.
Il montre bien la volonté des Libanais de faire la fête.. faire l’amour.. aimer la vie.

 

Et celle de la musique électro moderne?

J’ai une grande admiration de Daniel Avery. Artiste britannique basé à Londres. Son album “Drone Logic” est un opus inégalé.

 

Quand est-ce que vous avez su que vous voulez travaille en musique?

Je l’ai toujours su ayant eu la chance de suivre des cours de musique très jeune.
Nous avions par ailleurs un voisin disquaire chez lequel je passais toutes mes après-midi après l’école… Je fantasmais avoir mon propre lieu déjà à l’âge 13 ans. Aujourd’hui l’industrie a évolué et je m’exprime avec les médiums qui me sont accessibles et que je maîtrise : la programmation des événements, la production musicale et des DJ sets expressifs.

 

Qu’est-ce que la musique veut dire pour vous?

La musique ne peut pas être expliquée. Elle emploi un langage universel, comme les maths, mais qui n’est pas seulement rationnel. Elle est aussi un langage émotionnel. Je ne peux pas imaginer ma vie quotidienne, sinon l’humanité, sans musique. Elle est la langue divine de l’univers qui traverse toutes les cultures, politiques & régions.

 

Vous êtes libanais, de Beirut, mais vous vivez maintenant à Paris. Vous avez aussi étudié à une école française au Liban. Votre musique explore vos influences et la culture libanaise. Est-ce qu’étant à une école française et vivre en France fait qu’il y a aussi des influences françaises dans votre musique?

Cette double vie, en France et au Liban, est le moteur de mon travail : c’est au Liban que je puise mon inspiration, et c’est en France que je crée. Il y a toujours une relation entre d’où je viens et d’où je suis.

 

Vous avez créé aussi Shik Shak Shok, première web-radio dédiée à cultiver l’âge d’or de la musique arabe. Quel a été l’inspiration et aussi les défis à établir Shik Shak Shok? Combien d’auditeurs avez-vous autour du monde?

Le défi est de l’ordre du temps qu’il a fallu consacrer. J’ai passé des nuits à numériser des vinyls et catégoriser les morceaux puis m’assurer de la qualité de diffusion. Il ne s’agit pas de ma seule entreprise donc si je pouvais me diviser en 4 je le ferais volontiers!

L’inspiration de ce projet s’inscrit tout d’abord dans la lignée de mon parcours : je veux repérer Beyrouth sur la carte musicale mondiale par tous les moyens possible, et la web-radio semblait être un bon moyen aujourd’hui.

Nous comptons près de 300 auditeurs uniques par mois; mais je suis en train de voir la faisabilité d’augmenter notre visibilité grâce à plan marketing poussé puisque jusqu’alors c’est une projet fait-maison.

 

Vous jouez régulièrement à Paris à La Bellevilloise et aussi au Jardin 21. Vous avez aussi fait des tournées à Beirut, New York, Berlin, Kuwait, Lucerne (en Suisse) et même Rabat (au Maroc). Et en novembre, vous allez pouvoir ajouter Australie à la liste! Avez-vous un endroit de rêve pour faire vos performances?

Définitivement en Amérique latine.

Je remarque beaucoup de similarités entre ce qui se passe au Proche-Orient et en Amérique latine. Il y a une effervescence culturelle qui est très inspirante et j’entretiens des relations à distance avec des producteurs et acteurs culturels dans cette région.

Peut-être un jour! Après tout qui aurait dit que j’irais jusqu’à en Australie avec mes projets?!

DATES & BILLETS

Vous pouvez voir les deux spectacles de Hadi Zeidan au festival OzAsia 2019, ainsi que le voir dans quelques événements gratuits:

 

Shik Shak Shok

31 octobre, Nexus Arts

Durée: 2 heures

Adultes $35

Ceux qui ont une carte “Concession” $29

https://www.ozasiafestival.com.au/events/shik-shak-shok/

 

Beirut Electro Parade

1 novembre, Nexus Arts

Durée: 6 heures

Adultes $30

Ceux qui ont une carte “Concession” $25

https://www.ozasiafestival.com.au/events/beirut-electro-parade/

 

QBE Outdoor Music Sessions

Hadi Zeidan jouera un DJ set gratuit avec Jad Atoui, qui est aussi producteur-DJ libanais

2 novembre

Lucky Dumpling Market

GRATUIT

https://www.ozasiafestival.com.au/events/hadi-zeidan-jad-atoui/

 

Atelier musique: Hadi Zeidan – Lebanon Underground

Madley Rehearsal Space

30 octobre, 14h

Durée: 1 heure

GRATUIT

Registration par email: [email protected]