L’Antenna Documentary Film Festival 2026 se tiendra à Sydney du 5 au 15 février 2026 pour sa 14e édition, présentant un programme international audacieux qui célèbre la résistance créative, retrace des histoires fragmentées et trouve une joie inattendue au milieu des difficultés. La programmation de cette année traverse les continents et les langues, voyageant au Liban, en Palestine, en France, en Grèce, au Vietnam, au Cameroun et au-delà, et explore les thèmes de la mémoire et de la préservation des archives, de l’identité postcoloniale, de la solidarité féministe, de la migration, de la survie culturelle et de l’éthique du soin.

Les cinéastes reconstituent des décennies d’histoire audiovisuelle dans des pays dépourvus d’archives nationales, dévoilent des liens personnels cachés dans des classiques de la science-fiction, et suivent des enfants qui transforment des bâtiments abandonnés en châteaux de rêve grâce au pouvoir de l’imagination. Le programme met en scène des artistes qui apportent le rire dans les services hospitaliers, des matriarches qui transmettent des langues en voie de disparition aux nouvelles générations, et des femmes qui s’engagent à être solidaires à travers les continents dans une comédie musicale féministe pleine d’entrain.
À partir de films tournés avec des caméras Bolex vintage et des MiniDV, dans des ruines siciliennes et des grottes vietnamiennes, à des frontières militarisées et lors de réunions familiales tranquilles, et présentés par la célèbre cinéaste Kirsten Johnson, l’Antenna Documentary Film Festival 2026 promet un portrait mondial du cinéma documentaire dans ce qu’il a de plus inventif, humain et vital : affronter des vérités difficiles tout en rendant hommage à la créativité et à la résilience de ceux qui refusent d’être effacés.
LES FILMS EN FRANÇAIS À L’ANTENNA DOCUMENTARY FILM FESTIVAL 2026
La Jetée, The Fifth Shot/Le cinquième plan de La Jetée
Réalisatrice : Dominique Cabrera
Pays : France
Langue : français
Peu de films ont été aussi appréciés au fil de l’histoire que La Jetée, chef-d’œuvre minimaliste réalisé par Chris Marker en 1962, souvent considéré comme l’un des plus grands et des plus influents de tous les temps. Dans son nouveau film profondément personnel et inventif, La Jetée, The Fifth Shot, la célèbre réalisatrice Dominique Cabrera révèle un lien surprenant : le photomontage de science-fiction de Marker pourrait également être un document historique involontaire sur sa propre famille. La Jetée a été réalisé la même année où l’Algérie a obtenu son indépendance de la domination coloniale française, lorsque des centaines de milliers de Français ayant des racines en Algérie, dont la famille de Cabrera, ont fui vers Paris via l’aéroport d’Orly. Six décennies plus tard, le cousin de Cabrera est convaincu d’apparaître dans la cinquième image du film, debout avec ses parents alors qu’ils accueillent des proches à l’aéroport. S’ensuit une enquête passionnante et tendre qui mêle histoire personnelle, mémoire postcoloniale et histoire du cinéma lui-même. Lauréat du prix du meilleur film au festival DOK Leipzig..
One Sings, The Other Doesn’t/L’une chante, l’autre pas
Réalisatrice : Agnès Varda
Pays : France, Belgique
Langue : français
Au début des années 1960 à Paris, deux jeunes femmes deviennent amies. Pomme est une chanteuse en herbe. Suzanne est une jeune fille de la campagne enceinte, incapable de subvenir aux besoins d’un troisième enfant. Pomme prête à Suzanne l’argent nécessaire pour un avortement clandestin, mais une tragédie soudaine les sépare bientôt. Dix ans plus tard, elles se retrouvent lors d’une manifestation et s’engagent à rester en contact par carte postale, alors que la vie de chacune d’elles est irrévocablement bouleversée par le mouvement de libération des femmes. Hymne optimiste à la solidarité féminine, ancré dans les victoires durement acquises par une génération de femmes, L’une chante, l’autre pas est l’un des films les plus chaleureux et les plus politiquement incisifs d’Agnès Varda, une comédie musicale féministe intemporelle.
La projection sera présentée par Kirsten Johnson, invitée du festival.
LES FILMS OÙ LE FRANÇAIS N’EST QU’UNE DES LANGUES À ANTENNA 2026
Réalisatrice : Lana Daher
Pays : France, Liban, Allemagne, Qatar
Langues : arabe, français et anglais
Do You Love Me est un voyage ludique et profondément personnel à travers la mémoire audiovisuelle du Liban, entièrement composé d’images d’archives. Véritable lettre d’amour à Beyrouth, il couvre soixante-dix ans de cinéma, de télévision, de vidéos amateurs et de photographie pour explorer la psyché collective libanaise, marquée par la joie et l’intimité, la destruction et la perte. À travers le regard des citoyens, des cinéastes et des artistes, le film reconstitue l’histoire fragmentée d’un pays dépourvu d’archives nationales, célébrant l’expression créative comme un acte de résistance, de renouveau et de mémoire.
Réalisateur : Julien Elie
Pays : Canada
Langue: anglais, français, espagnol
Dans le paisible village frontalier de Boca Chica, au Texas, enclavé entre le golfe du Mexique et le Rio Grande, la vie suivait autrefois le rythme des vagues et de la faune sauvage. Mais le paysage est en train de changer. Les plages ont été fermées, les maisons rachetées et les zones humides asséchées pour faire place aux colossales fusées de 50 étages de SpaceX. Planant au-dessus du village comme des divinités d’acier, ces fusées marquent non seulement la privatisation de l’espace, mais aussi la redéfinition violente de la Terre elle-même, alimentée par les ambitions d’un magnat de la technologie ayant une vision messianique de l’avenir de l’humanité. Suivant des scientifiques, des spectateurs et des résidents des deux côtés de la frontière entre les États-Unis et le Mexique, le réalisateur Julien Élie capture un moment surréaliste où la conquête spatiale est présentée comme le salut de l’environnement. Filmé en noir et blanc austère et façonné par l’esthétique de la science-fiction d’après-guerre, Shifting Baselines est un essai observationnel obsédant sur la façon dont les futurs spéculatifs déplacent les communautés réelles, réécrivent le territoire et refondent la technologie comme une intervention divine — nous rappelant que l’ambition cosmique commence souvent par l’effacement terrestre..
Réalisatrice : Olia Verriopoulou
Pays : Grèce, France
Langues : grec, français
Lors d’un séjour dans sa Grèce natale, Olia apprend qu’une amie d’enfance est atteinte d’un cancer, un diagnostic que ses médecins et sa famille ont choisi de lui cacher. Tenue de garder elle-même le secret, Olia commence à remettre en question une pratique qu’elle reconnaît dans sa propre éducation : la tradition de longue date consistant à recourir à des « mensonges médicaux » au nom des soins. Stories of a Lie commence par une question simple : pourquoi cachons-nous la vérité aux personnes que nous aimons ? Il se déroule ensuite comme un portrait tendre et introspectif d’une fille et de son père dentiste, personnage charismatique et imprévisible. Passant des conversations actuelles aux images de films amateurs tournés pendant son enfance, en passant par la dynamique ludique qu’elle partage avec son père, Verriopoulou retrace comment le secret autour de la maladie façonne les familles, les relations et les histoires que nous nous racontons pour continuer à avancer. Doux, curieux et discrètement désarmant, Stories of a Lie explore la fragilité avec laquelle nous abordons la maladie, l’amour et les vérités que nous choisissons de partager – ou de taire – et finit par transformer la question « Est-il juste de mentir ? » en une question plus profonde : comment prenons-nous soin les uns des autres à la limite de l’inconnaissable ?
The Travellers (Les Voyageurs)
Réalisateur : David Bingong
Pays:
Cameroun, Espagne
Langues : espagnol, français, bassari
Le long de la frontière fortement militarisée entre le Maroc et la ville espagnole de Ceuta, sur la côte nord-africaine, de jeunes hommes subsahariens chantent l’avenir qu’ils recherchent et les pertes qu’ils ont subies. Ils sont des voyageurs, non par choix, mais par nécessité. L’un d’eux est le Camerounais David Bingong, dont la caméra devient un outil de persévérance dans leurs rêves communs, malgré les obstacles insurmontables et l’hostilité croissante à l’égard de leurs corps et de leurs mouvements. Au mépris de ces brutalités, Bingong a créé un portrait rare et direct du parcours des migrants, plein de gestes de camaraderie, de tendresse et d’humour, et alimenté par la croyance commune en une vie meilleure. Lauréat du prix Grierson (meilleur documentaire) au Festival du film de Londres (LFF) 2025.
LES COPRODUCTIONS FRANÇAISES NON EN FRANÇAIS À L’ANTENNE
Hair, Paper, Water…/Tóc, giấy và nước….
Réalisateurs : Nicolas Graux, Trương Minh Quý
Pays : Belgium, France, Vietnam
Langues: ruc, bietnamien
Lauréat du prix « Filmmakers of the Present » à Locarno, le deuxième collaboration entre Nicolas Graux et Trương Minh Quý est un portrait délicat de la perte culturelle et de la résilience, vu à travers les yeux de l’un des plus petits groupes ethniques du Vietnam. Librement structuré autour d’une leçon de vocabulaire en rục, Hair, Paper, Water… suit Cao Thị Hậu, une matriarche pragmatique, l’une des dernières représentantes du peuple rục, qui s’occupe de ses petits-enfants. La suivant de son village à Saigon, puis dans les grottes où elle est née, le film répertorie discrètement sa langue et ses pratiques médicinales, tandis qu’elle les transmet à une génération qui grandit sous la pression de la modernisation et de l’éducation. Tourné avec une Bolex vintage, la caméra agile de Graux et Trương dérive à travers des textures et des sons riches, formant une élégie douce pour un monde que Cao s’efforce de maintenir en vie..
Réalisatrice : Vladlena Sandu
Pays : France, les Pays-Bas
Langue: russe
Après la séparation de ses parents, Vladlena Sandu, âgée de six ans, quitte la Crimée pour Grozny. Là, en 1994, elle se retrouve prise dans la guerre d’occupation menée par la Fédération de Russie contre le peuple tchétchène. La vie de sa famille se brise : ses amis s’enfuient, ses voisins disparaissent et la ville autour d’elle tombe en ruine. Des décennies plus tard, Sandu revisite ces années dans Mémoire, transformant son traumatisme personnel en un cinéma lyrique et envoûtant. Combinant des images d’archives, des tableaux miniatures et des reconstitutions surréalistes, elle reconstruit son passé à travers les yeux d’une enfant, où King Kong devient un gardien et le jeu une forme de survie. Faisant écho à Tarkovski, Pasolini et Parajanov tout en restant indéniablement son propre film, l’œuvre de Sandu est une exploration existentielle et stimulante de l’expérience de la guerre, qui nous confronte à une question obsédante : comment briser le cycle de la violence qui façonne les enfants et se transmet de génération en génération ? Hypnotique, provocateur et tout simplement inoubliable, Mémoire est une réussite stupéfiante, l’un des films les plus originaux et les plus audacieux de l’année.
Sambizanga
Réalisatrice : Sarah Maldoror
Pays : Angola, France
Langues : portugais, lingala, kimbundu
Ce film bouleversant et révolutionnaire de Sarah Maldoror retrace les débuts du mouvement indépendantiste angolais. Inspiré d’une histoire vraie, Sambizanga suit une jeune femme partie de la périphérie de Luanda vers le centre-ville à la recherche de son mari, arrêté par les autorités portugaises, un incident qui finira par déclencher un soulèvement national. Mettant en scène des acteurs non professionnels, dont beaucoup ont eux-mêmes participé à la résistance anticolonialiste, cette œuvre marquante du cinéma politique rend hommage au rôle essentiel des femmes, ainsi qu’aux épreuves qu’elles endurent, dans la lutte mondiale pour la libération.
La projection sera présentée par Kirsten Johnson, invitée du festival.
Réalisateurs : D. Biancardi, V. Nardelli & S. La Rosa
Pays : France et Italie
Langue : italien
Dans la rue, c’est le chaos. Mais dans un bâtiment abandonné au milieu de la Sicile, Angelo, Mery et Rosy ont trouvé un refuge où ils peuvent laisser libre cours à leur imagination sans interférence des adultes. Le bâtiment est peut-être en ruine, mais on a l’impression que le reste du monde des adultes ne se porte pas très bien non plus. Et au milieu des décombres, les trois enfants ont créé leur propre univers, un château de rêve au milieu d’une réalité chaotique. The Castle est un film qui possède une formidable capacité à s’immerger dans le monde parallèle et fantastique des enfants, et ce, selon leurs propres termes. Si vous avez déjà été enfant, vous reconnaissez cette sensation magique qui vous envahit lorsque vous pensez qu’ensemble, vous pouvez enchanter le monde rien qu’avec le pouvoir de la pensée. Mais rien ne dure éternellement, et lorsque la municipalité annonce son intention de rénover les lieux, le château se retrouve soudainement menacé.
The Clown of Gaza/Le Clown de Gaza
Réalisateur : Abdulrahman Sabbah
Pays : Palestine, France, Qatar
Langue : arabe
A portrait of the greatly beloved performer Alaa Meqdad, whose life has been upended by the bombings of Gaza City, forcing him and his family into a tent camp. With extraordinary optimism, he embraces life in the here and now, and tries to bring some joy to those around him. Together with his partner, he performs as Aloosh the Clown for children in hospitals and on the streets. Their jokes, songs, and boundless energy make the horrific reality momentarily disappear. Caught between hope for a ceasefire and despair amid the relentless horror of the war, they endure the loss of their loved ones and their homes. A return to their home—or what remains of it—comes into view when news arrives during filming that the roads to Gaza City have been reopened. Surprisingly uplifting, The Clown of Gaza is a moving celebration of humanity and love in pitch-dark times.
Portrait d’Alaa Meqdad, artiste très apprécié, dont la vie a été bouleversée par les bombardements de la ville de Gaza, le contraignant, lui et sa famille, à vivre dans un campement. Avec un optimisme extraordinaire, il embrasse la vie telle qu’elle est et tente d’apporter un peu de joie à ceux qui l’entourent. Avec son partenaire, il se produit sous le nom d’Aloosh le Clown pour les enfants dans les hôpitaux et dans les rues. Leurs blagues, leurs chansons et leur énergie débordante font momentanément disparaître la terrible réalité. Prise entre l’espoir d’un cessez-le-feu et le désespoir face à l’horreur incessante de la guerre, la famille endure la perte de ses proches et de ses maisons. Un retour chez eux – ou ce qu’il en reste – se profile lorsque la nouvelle de la réouverture des routes menant à Gaza City arrive pendant le tournage. Étonnamment optimiste, Le Clown de Gaza est une célébration émouvante de l’humanité et de l’amour dans une période sombre.
Réalisateur : Kamal Aljafari
Pays : Palestine, Allemagne, France, Qatar
Langue : arabe
Nous sommes en 2001 à Gaza, et le cinéaste et artiste visuel palestinien Kamal Aljafari voyage du nord au sud, accompagné d’une caméra MiniDV, à la recherche d’un homme qu’il a rencontré alors qu’il était brièvement emprisonné à l’adolescence. Les images, vieilles de près d’un quart de siècle et inédites jusqu’à récemment pour le cinéaste, se déroulent à un rythme tranquille et sans précipitation. Des plages, des voitures, des maisons, des cafés et des étals de marché, la caméra juvénile d’Aljafari capture des moments tranquilles de la vie quotidienne et digne : les visages souriants des enfants, aussi beaux à regarder qu’ils sont déchirants. Envoûtant et mélancolique, mais débordant de vitalité, ce film est une œuvre essentielle d’un cinéaste majeur. With Hasan in Gaza est un témoignage poignant de la lutte du peuple palestinien et de la beauté d’une terre aujourd’hui méconnaissable, capturant des vies et des rues qui n’existent peut-être plus que dans les souvenirs.
INFOS CLÉS POUR L’ANTENNA DOCUMENTARY FILM FESTIVAL 2026
QUOI : Antenna Documentary Film Festival 2026
QUAND : 5 – 15 février 2026
OÙ : Plusieurs lieux à Sydney
COMMENT : Achetez vos billets en ligne par les liens ci-dessous ou acheter un forfait pour voir plusieurs films par ici
COMBIEN :
Les prix de billets individuels sont les suivants :
- Adulte 26 $
- Senior 22 $
- Etudiant(e) à plein temps 22 $
Il y a aussi des forfaits si vous souhaitez voir plusieurs films – ou si vous êtes plusieurs, vous pouvez l’utiliser ce forfait pour acheter 4 billets par séance au meilleur prix
- Forfait 5 Films – 110 $ (une remise de 20 $),
- Forfait 10 Films – 195 $ (une remise de 65$),
- Forfait 20 Films – 350 $ (une remise de 170$)
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