*La Diagonale du Vide* is the new play by the Brisbane French Theatre, which opens tonight. But if you haven’t bought your tickets yet, you’re out of luck, as all performances are already sold out. We spoke to Isabelle from the Brisbane French Theatre about this play, in which the opening of a nearby motorway leads to the decline of a modest roadside restaurant called ‘La Belle Hélène’. The play humorously follows the daily lives of those who remain there. The motorway thus becomes a symbol of all those disruptive technologies that render people and trades obsolete overnight. Read our interview with Isabelle below.

Cette semaine vous présenterez votre nouvelle pièce La Diagonale du Vide. Parlez-nous de cette pièce.
L’histoire se déroule dans un modeste resto routier appelé « La Belle Hélène », déserté depuis l’ouverture d’une autoroute à proximité. On y suit le quotidien de Thierry, le gérant au cœur brisé ; Cassandre, sa serveuse cynique et surchargée ; Didier, un cuisinier bien plus à l’aise avec une boule de pétanque qu’avec une poêle ; et Madame Susan, une voyante anglaise superstitieuse et bien intentionnée, mais peu fiable. La pièce explore avec humour les thèmes de l’échec professionnel et romantique, la superstition, la réinvention et la quête de rédemption, le tout dans un cadre rural français en pleine déchéance.
La pièce explore avec humour les thèmes de l’échec professionnel et romantique, la superstition, la réinvention et la quête de rédemption, le tout dans un cadre rural français en pleine déchéance.
D’où avez-vous trouvé l’inspiration pour cette histoire ?
L’autoroute qui tue La Belle Hélène, c’est un peu la métaphore de toute technologie disruptive qui rend du jour au lendemain des gens et des métiers obsolètes. On pourrait remplacer l’autoroute par l’Intelligence Artificielle : elle arrive, contourne tout le monde et on se retrouve face au néant. En tant que professionnel de l’informatique moi-même, cette inquiétude me concerne directement ! La pièce pose la question : quand le progrès (ou l’amour) vous laisse en plan, comment rebondir ? Comment se réinventer ? On aborde comme à notre habitude des thèmes plutôt sombres, mais avec beaucoup d’humour ; les acteurs n’ont que très récemment réussi à jouer la pièce entière sans fous-rires !
L’autoroute qui tue La Belle Hélène, c’est un peu la métaphore de toute technologie disruptive qui rend du jour au lendemain des gens et des métiers obsolètes.
L’histoire se déroule à « La Belle Hélène », un modeste restaurant routier déserté depuis l’ouverture d’une autoroute à proximité. Est-ce que vous aviez un certain routier en tête en écrivant cette histoire ?
Pas un routier en particulier, mais plutôt une catégorie de personnes qu’on ne voit pas assez dans les médias : ceux qui restent. Thierry, le gérant, est un homme coincé entre son passé “heureux” et un avenir menacant ; il espère encore voir revenir sa femme Hélène tout en essayant de maintenir son établissement à flot. C’est un personnage avec lequel beaucoup de gens pourront s’identifier : quelqu’un qui a investi sa vie dans un projet, et qui se retrouve du jour au lendemain face au vide.
Pas un routier en particulier, mais plutôt une catégorie de personnes qu’on ne voit pas assez dans les médias : ceux qui restent
La seule cliente restante est Madame Susan, une voyante bien intentionnée mais peu fiable. Est-ce qu’elle a prévu la construction de la nouvelle route et les effets sur ce routier ?
Malheureusement pour elle, non ! C’est d’ailleurs tout l’humour du personnage : Madame Susan tire les cartes pour tout le monde, mais ses prédictions sont forcément peu fiables. C’est une expat anglaise superstitieuse qui vit dans son petit univers ésotérique ; qui trouve dans les cartes et la Belle Hélène un confort, une distraction au vide de sa propre vie. Elle est un peu le miroir déformant de la pièce : elle essaie de prédire l’avenir alors que tout le monde autour d’elle est coincé dans le passé.
Qui sont les inspirations pour les personnages ?
Thierry s’inspire de ces hommes ordinaires qui portent leurs blessures en silence. Cassandre, c’est cette femme forte et cynique qui a vécu trop de revers pour encore croire aux miracles, mais qui garde une étincelle d’espoir au fond d’elle. Didier est le joyeux inepte, celui qu’on aime malgré lui ; sa paresse et sa totale incompétence en cuisine sont une source de comédie constante. Et Madame Susan… eh bien, on a tous croisé ce genre de personne : bien intentionnée, mais complètement à côté de la plaque !
Cassandre, c’est cette femme forte et cynique qui a vécu trop de revers pour encore croire aux miracles, mais qui garde une étincelle d’espoir au fond d’elle.
Vous êtes la seule troupe de théâtre français en Australie à présenter vos propres pièces, écrites en interne par Tom. Combien de temps faut-il à Tom pour écrire une pièce, de l’idée au scénario final ?
De l’idée initiale au script final, ça prend généralement trois mois. Cette fois-ci les choses furent un peu différentes ; on a dû faire dans l’urgence après l’annulation de notre précédente production, l’écriture a ainsi été bouclée en huit semaines (un mode express rendu possible entre autres par la réutilisation de textes que Tom avait écrit mais qui n’avaient jamais été produits).
Quel type de public avez-vous en tête pour cette pièce ?
Notre cœur de cible est la communauté francophone de Brisbane ; expats, étudiants, passionnés de culture française. Mais on touche aussi un public plus large (ex: conjoints qu’on traîne de force au théâtre) grâce aux surtitres anglais en direct.
Notre cœur de cible est la communauté francophone de Brisbane ; expats, étudiants, passionnés de culture française.
La pièce débute cette semaine et les places sont déjà toutes vendues. D’autres représentations seront-elles programmées ?
Malheureusement, il n’est pas prévu d’ajouter d’autres dates pour l’instant. Mais je peux vous garantir que Tom travaille déjà sur la prochaine pièce.
Si quelqu’un rate le spectacle cette fois-ci, combien de temps devra-t-il attendre pour assister à la prochaine représentation de BFT ?
Nos productions sont généralement annuelles, donc il faudra patienter jusqu’en 2027 pour notre prochaine pièce. C’est pourquoi on encourage les gens à s’inscrire à notre newsletter et à nous suivre sur les réseaux sociaux — ils seront ainsi les premiers informés des prochains spectacles ou auditions.
D’autres choses à nous dire ?
On voudrait remercier toute notre équipe — acteurs et bénévoles — sans qui rien ne serait possible. Brisbane French Theatre est une association à but non lucratif entièrement gérée par des bénévoles passionnés depuis 2017. Chaque production est un travail d’amour. Et je voudrais inviter tout le monde à venir vivre cette expérience unique : du théâtre français vivant, drôle et touchant, avec des surtitres en anglais pour que personne ne soit laissé “au bord de la route”, comme on dit dans la pièce.
Chaque production est un travail d’amour. Et je voudrais inviter tout le monde à venir vivre cette expérience unique : du théâtre français vivant, drôle et touchant, avec des surtitres en anglais pour que personne ne soit laissé “au bord de la route”, comme on dit dans la pièce.
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We thank Isabelle from Brisbane French Theatre for this interview.
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