Des histoires d’amour parisiennes aux récits transcontinentaux sur l’identité et l’appartenance, les films en langue française et les coproductions françaises apportent une touche poétique et provocante au Mardi Gras Film Festival 2026. Avec sept longs métrages en français, deux coproductions internationales marquantes et un court métrage français, la présence française au Mardi Gras Film Festival 2026 est aussi audacieuse que variée : elle aborde les injustices historiques, le désir queer, la foi, la maternité et la surveillance.
Qu’il s’agisse de la tendre pièce chorale Amantes de Caroline Fournier, du film La Petite Dernière d’Hafsia Herzi, primé à Cannes, ou de la satire horrifique franco-thaïlandaise A Useful Ghost de Ratchapoom Boonbunchachoke, ces œuvres affirment le pouvoir du cinéma français et francophone d’explorer l’intimité et l’identité avec nuance, sensualité et rébellion. Poursuivez votre lecture pour découvrir les films en langue française, les coproductions françaises et un court métrage français présentés au Mardi Gras Film Festival 2026.

LES FILMS EN FRANÇAIS AU MARDI GRAS FILM FESTIVAL 2026
Réalisatrice : Caroline Fournier
Pays : France
Langue : français
19h 16 février; Event Cinemas, George St
Un groupe de lesbiennes interconnectées explore ses désirs et ses peurs à Paris, dans cette charmante et romantique réponse française à The L Word.
La musicienne Nour tombe immédiatement éperdument amoureuse de Camille, mais leurs attentes s’opposent lorsque Camille préfère prendre son temps. Laura, peu sûre d’elle, bouleverse l’équilibre déjà fragile de son couple à trois lorsqu’elle suggère à ses partenaires, Rebecca et Ophélie, d’avoir un enfant. Quant à Gabrielle, une thérapeute respectée qui se sent négligée par sa partenaire Ruby, accro au travail, elle doit gérer les sentiments que lui avoue l’une de ses patientes.
La cinéaste Caroline Fournier a créé une célébration audacieuse et rafraîchissante de personnages lesbiens ouvertement complexes dont la vie amoureuse est encore en cours de construction. Produit avec un micro-budget et de manière indépendante par une équipe exclusivement féminine, tant derrière que devant la caméra, Amantes capture avec authenticité les expériences d’une variété de femmes dans la trentaine et la quarantaine, avec beaucoup de cœur et d’humour.
Réalisateurs : Orian Barki Meriem Bennani
Pays : Italie, Maroc, Etats-Unis
Langues : marocain, arabe, français, anglais
19h 18 février; Event Cinemas, George St
Une cinéaste marocaine queer de 35 ans vivant à New York réfléchit à la manière dont sa sexualité a façonné sa relation avec sa mère à Casablanca.
Bouchra, une cinéaste marocaine queer de 35 ans vivant à New York, a du mal à se décider sur son prochain projet. Elle se trouve également être un coyote animé dans un monde peuplé d’animaux anthropomorphes. Un appel téléphonique avec sa mère à Casablanca fait resurgir des souvenirs de la façon dont sa sexualité a façonné leur relation. Leur échange tendre mais complexe déclenche une percée créative, alors qu’elle commence à élaborer un récit fictif pour explorer ce qu’aurait été leur relation si elle avait caché cette partie d’elle-même.
Avec leur expérience commune dans les domaines du documentaire et de l’animation, Barki et Bennani ont créé un film qui défie toute catégorisation, utilisant des conversations téléphoniques réelles entre Bennani et sa mère comme partie intégrante du récit dans certaines des scènes les plus poignantes du film. Le choix d’utiliser des animaux animés en 3D sur des fonds photographiques ajoute une dimension symbolique supplémentaire à l’histoire d’une personne qui se sent prise entre deux mondes et deux langues.
Réalisateur : Simon Bouisson
Pays : France
Langue: français
20 février 20h30; Event Cinemas, George St
Un mystérieux drone apparaît devant la fenêtre d’une étudiante parisienne, transformant la surveillance en obsession et en contrôle dans ce thriller technologique élégant.
Nouvellement arrivée à Paris pour étudier l’architecture, Émilie vit seule au-dessus de la ville. Elle gagne sa vie en travaillant comme cam girl, contrôlant soigneusement ce qui est visible et ce qui reste caché. Alors qu’une flirt commence avec sa camarade Mina, elle commence enfin à se sentir chez elle. C’est alors qu’un drone apparaît devant sa fenêtre, planant silencieusement, patient et imperturbable. Au début, sa présence la dérange, mais elle finit rapidement par la fasciner. Cependant, lorsqu’il commence à lui offrir de l’argent, l’équilibre des pouvoirs bascule et le regard du drone s’immisce dans le travail, la relation et l’identité d’Émilie.
Transformant la surveillance en une allégorie moderne du désir, du contrôle et du consentement, Drone plonge le public dans les paysages nocturnes vertigineux de Paris. Dans un monde saturé de caméras, le film pose une question troublante : quand le regard devient-il possession, et qui contrôle véritablement l’image ?
Réalisateur : Jean-Claude Monod
Pays : France
Langue: français
23 février 18h30, Dendy Cinemas Newtown
L’histoire vraie, extraordinaire mais peu connue, d’Anne Grandjean, une personne intersexe jugée publiquement pour le crime d’être tombée amoureuse dans la France du XVIIIe siècle.
À la naissance d’Anne, ses parents ont demandé conseil à un prêtre pour savoir de quel sexe l’élever. Mais lorsqu’elle avoue son attirance pour les femmes à l’âge adulte, il lui ordonne de commencer à vivre comme un homme, arguant que seuls les hommes peuvent aimer les femmes. Raillée par les habitants de la ville parce qu’elle porte des vêtements masculins, elle s’enfuit vers la ville et devient l’apprentie d’un tailleur. Elle tombe amoureuse de sa fille, Mathilde, ils se marient et leur vie semble idyllique. Jusqu’à ce que quelqu’un révèle son identité d’intersexuée et que sa vie privée soit exposée au regard de tous. Accusée d’avoir enfreint les normes religieuses et juridiques, Anne est soumise à un système judiciaire brutal déterminé à définir, catégoriser et contrôler son corps et ses désirs.
Ancré dans la réalité et marqué par une retenue émotionnelle, Girl for a Day examine la manière dont les institutions contrôlent le genre et la sexualité, tout en rendant hommage au courage nécessaire pour vivre honnêtement. Rejetant le sensationnalisme, ce film transforme les archives historiques en une méditation silencieusement dévastatrice sur l’identité et l’autonomie corporelle, reflétant la persécution et l’incompréhension dont les personnes intersexuées sont encore victimes aujourd’hui.
Réalisatrice : Anna Cazenave Cambet
Pays : France
Langue : français
18h30 21 février, Event Cinemas, George St
Vicky Krieps (Phantom Thread) livre une performance magistrale dans le rôle d’une mère séparée de son fils dans ce drame complexe et profondément émouvant.
Clémence (Krieps), avocate devenue écrivaine, est une femme qui refuse tout compromis. Séparée à l’amiable de son mari avocat Laurent (Antoine Reinartz, L’Anatomie d’une chute), ils partagent la garde de leur fils de 8 ans, Paul. Menant une vie bohème dans le milieu queer parisien, Clémence fait de sa vie sexuelle un élément central de son autofiction. Mais lorsqu’elle repousse les avances de Laurent et lui révèle qu’elle a commencé à fréquenter des femmes, toute sa vie bascule. Demandant le divorce et la garde exclusive de Paul, il prétend que son mode de vie fait d’elle un danger pour leur fils, utilisant le système judiciaire et ses écrits comme armes contre elle.
Adapté du best-seller de Constance Debré, ce drame complexe est profondément émouvant et émotionnellement brut. Krieps est absolument magnétique dans le rôle d’une femme indépendante et sans complexe qui doit faire face à une bureaucratie homophobe et misogyne, ainsi qu’à un barrage incessant d’avocats, de psychologues et de visites supervisées bloquées.
Réalisatrice : Cecilia Verheyden
Pays : Belgique
Langues : français, flamand
19h 13 février; Event Cinemas, George St
Une rameuse talentueuse développe des sentiments inattendus pour la nouvelle petite amie de son frère, dans ce drame initiatique balayé par le vent qui capture l’intensité du premier amour.
Malou, 15 ans, est une rameuse talentueuse qui se perd dans le rythme, mais elle est victime d’intimidation de la part de ses coéquipiers parce qu’elle évite les douches collectives. Cadet d’une fratrie de trois enfants, elle a grandi en portant exclusivement les vêtements usagés de son frère et se délecte de son androgynie. Alors que sa mère célibataire recommence doucement à fréquenter des hommes, la seule constante dans la vie de Malou est son frère aîné Max, jusqu’à ce qu’elle développe des sentiments inattendus pour sa nouvelle petite amie, Nouria. Prise entre loyauté, désir et confusion, le monde intérieur de Malou se transforme silencieusement mais irrévocablement.
Se déroulant avec une sensibilité organique et naturaliste, Skiff est filmé avec chaleur et précision par le directeur de la photographie Jordan Vanschel, porté par une bande originale étrange et éthérée de Karl Frid. Ancré par une performance remarquablement assurée de Femke Vanhove, le film résiste aux étiquettes et aux conclusions faciles, honorant l’incertitude comme une partie essentielle du processus de maturation.
La Petite Dernière/The Little Sister
Réalisatrice : Hafsia Herzi
Pays : France, Allemagne
Langues: français, arabe
18h30 15 février , Event Cinemas, George St
Lauréat de la Palme Queer et du prix de la meilleure actrice (Nadia Melliti) à Cannes, ce drame subtil retrace le parcours d’une jeune femme musulmane entre foi et découverte de soi.
Fatima, 17 ans, est la plus jeune fille d’une famille franco-algérienne bruyante. Prête à quitter la banlieue parisienne, elle abandonne ses anciens amis et son petit ami conservateur. Se lançant dans une nouvelle vie à l’université, elle explore timidement sa sexualité naissante à travers une série d’aventures torrides avec des femmes plus expérimentées, utilisant un faux nom pour préserver son anonymat. Mais lorsqu’elle noue une relation plus profonde avec Ji-Na (Park Ji-min, Return to Seoul), une infirmière coréenne, pourra-t-elle concilier ses désirs et sa foi ?
Basé sur le roman acclamé de Fatima Daas, La Petite Dernière, le drame français assuré d’Hafsia Herzi se déroule avec une sensibilité et une retenue remarquables, capturant la vie intérieure de son protagoniste grâce à la cinématographie intime et discrètement expressive de Jérémie Attard.
LES COPRODUCTIONS FRANÇAISES QUI NE SONT PAS EN FRANÇAIS
Un fantôeme utile/A Useful Ghost
Pays : Thaïlande, France, Singapour, Allemagne
Langue : thaï
Réalisateur : Ratchapoom Boonbunchachoke
24 février à 18h15 ; Event Cinemas, George St
La superstar thaïlandaise Davika Hoorne (Heart Attack) joue dans ce premier film envoûtant et inclassable de Ratchapoom Boonbunchachoke, qui a remporté le Grand Prix à la Semaine de la critique de Cannes.
Lorsque son aspirateur tombe en panne, celui qui se décrit comme un « ladyboy universitaire » (Wisarut Homhuan) fait appel à Krong (Wanlop Rungkumjad), un réparateur séduisant. Peu convaincus par l’idée que l’aspirateur soit hanté, ils échangent des plaisanteries coquettes tandis que Kong lui raconte l’histoire de Nat (Hoorne), une jeune femme morte étouffée par la pollution due à la poussière, qui est revenue vers son mari en deuil sous la forme d’un aspirateur rouge vif fabriqué dans l’usine d’électroménager de sa famille. Sous l’humour et les apparitions fantomatiques se cache une allégorie queer acerbe sur les classes sociales, les attentes familiales et la pression d’être « utile » dans un monde qui traite les travailleurs et les esprits comme des éléments jetables.
Mêlant comédie noire, romance, horreur et satire politique en une vision inoubliable, A Useful Ghost a été salué pour son style visuel audacieux, sa conception rétro-futuriste et les performances impassibles de son ensemble d’acteurs. À la fois ludique et poignant, il offre au public une expérience visuellement saisissante et émotionnellement forte qui reste longtemps après que la poussière – et le générique – se soient dissipés.
L’acteur Wisarut Homhuan sera présent pour une séance de questions-réponses.
Réalisatrice : Kristen Stewart
Pays : Etats-Unis, France, Latvie
Langue : anglais
18h15 19 février; Event Cinemas, George St
Kristen Stewart fait ses débuts en tant que réalisatrice dans cette adaptation viscérale du best-seller autobiographique de Lidia Yuknavitch, avec Imogen Poots (28 semaines plus tard), Thora Birch (Ghost World) et Jim Belushi (Twin Peaks : The Return).
Lidia (Poots) ne se sent chez elle que dans l’eau. Élevée dans un environnement déchiré par l’alcool et la violence, la natation lui offre un bref répit loin de son père qui a abusé sexuellement elle et sa sœur (Birch). Mais loin de la piscine, elle semble vouée à l’autodestruction. L’alcool, la drogue et le sexe ne parviennent pas à atténuer son traumatisme, mais compromettent sa bourse d’études universitaires en natation. Cependant, un cours d’écriture créative avec Ken Kesey (Belushi), l’auteur de Vol au-dessus d’un nid de coucou, lui offre une liberté inattendue. L’écriture lui permet de trouver sa voix et de se réapproprier enfin son histoire.
Tourné en 16 mm, le montage fragmenté de Stewart, qui assemble des images à couper le souffle e des images obsédantes, reflète la nature éphémère de la mémoire. Comparée aux œuvres de Jean-Luc Godard, Terrence Malick et Lynne Ramsay, elle a néanmoins créé quelque chose d’original et qui lui est propre. Comme Lidia, elle a trouvé sa voix.
ET UN COURT-MÉTRAGE
Carpobrotus
Réalisateur : Simon Frenay
Trois amis, Maxime, Yann et Laura, passent leurs vacances sur une île méditerranéenne isolée. Maxime se lance dans une quête amoureuse avec le beau Yann, au risque de se perdre entre rêve et désir.
Ce court métrage est projeté avec d’autres films sous la bannière Hot Boys Shorts.
INFOS CLÉS POUR MARDI GRAS FILM FESTIVAL 2026
QUOI : Mardi Gras Film Festival 2026
QUAND : 12- 26 février 2026
OÙ : Plusieurs cinémas à Sydney
COMMENT : Achetez vos billets individuels par les liens ci-dessus ou achetez des Flexi passes par ici
COMBIEN :Les tarifs sont les suivants :
Billets individuels:
- Plein tarif : 25 $
- Tarif réduit : 22 $
- Membres de Queer Screen : 21 $
Flexi Pass
- Flexi Pass 5 (films) : 110 $ plein tarif, 90 $ pour les membres
- Flexi Pass 10 (films) : 180 $ plein tarif, 170 $ pour les membres
- Flexi Pass 15 (films) 240 $ plein tarif, 225 $ pour les membres
N’oubliez pas que l’Antenna Documentaire Film Festival arrive également à Sydney début février 2026, Europa Europa mi-février et l’Alliance Française French Film Festival en mars.
