OzAsia 2019 commence cette semaine! 14 evénèments avec des liens français!

Reading Time: 9 minutes

Le festival OzAsia 2019 commence ce jeudi 17 octobre et durera jusqu’au 3 novembre. Parmi les evénèments dans le program impressionnant, il y a des expositions, des spectacles de musique, et de danse et des cours de maitre et des ateliers avec des liens français. 14 en tout.

Il y a aussi des evénèments gratuits et payants. On vous dit tout ci-dessous.

 

EXPOSITIONS

Le festival OzAsia a ajouté des arts visuels a son program des evénèments gratuits du festival en 2019. Parmi les expositions, il y en a deux qui ont des liens français.

 

Tabita Rezaire: Sorry for Real

17 octobre – 23 novembre 2019 (ouvert lundi a vendredi de 9h à 18h et samedi de 9h à 17h ainsi que pendant les horaires des performances au Festival Theatre).

 

Sorry for Real explore les questions de “quel est le fonction d’une apologie et qui benefice en vrai? » « Quel structures de pouvoir sont cachées derriere notre age apologétique?”

 

Il est dit que Sorry for Real est une sorte d’apologie virtuelle de la part du monde occidental offerte part Tabita Rezaire, artiste de la Guyane française et danoise.

 

L’exposition comprend une video et cinq grandes boites lumineuses remplies avec des échanges de textos qui sont bordées des plaisanteries d’esprit acéré. A travers ces échanges, les oeuvres interrogent les faits violents des histoires colonelles et leur patrimoines. Tout en gardant l’espace pour ce qui a besoin d’être entendu, guérir et recensé, cet échange cyber adresse, sans reserve, les politiques des « reparations » et le besoin de décoloniser nos technologies et nos strategies de reconciliation.

 

Sorry for Real est une confrontation du narratif d’apologie-pardon qui restera avec le public longtemps après qu’ils quittent la galerie.

 

Lee Mingwei: Sonic Blossom

31 octobre – 1 décembre 2019

Art Gallery of South Australia

Durée: 30mins

 

Lee Mingwei est un artiste taïwanais-américain qui est base entre Paris et New York. Ses oeuvres traversent la poésie, l’esthétique et les échanges humaines intimes. Ses projets de convocation élèvent vos sens et nous rappellent qu’on doit être present.

 

Sonic Blossom offre le don du chant aux visiteurs a l’Art Gallery of South Australia. L’artiste écrit que « comme Lieder de Schubert, nos propres vies sont brefs, mais plus belles pour cela ».

Créé à l’origine pour l’ouverture du National Museum of Modern and Contemporary Art au Koree du Sud, Sonic Blossom a été expérience par les publics au Museum of Fine Arts de Boston, le Metropolitan Museum of Art a New York, Mori Art Museum a Tokyo, Auckland Art Gallery Toi o Tāmaki, Centre Pompidou a Paris, et Museum MACAN in Jakarta.

 

MUSIQUE

 

BEIRUT ELECTRO PARADE

vendredi, 1 novembre 2019, 20h – samedi 2 novembre 2h
Nexus Arts

Adulte $30.00
Concession$25.00

 

Beirut Electro Parade a été établi et crée par Hadi Zeidan, producteur libanais basé à Paris. Il explore les sons underground et représente les paysages sonores de Beirut avec des evénèments dans les boites de nuit à Paris, Beirut, et maintenant, pour la premiere fois, en Australie.

La musique choisie pour l’evénèment inaugural à Adelaide inclus une melange éclectique des rythmes électroniques qui définissent les sons progressifs de Beirut, une ville connue pour ses lieux d’après guerre, de la musique underground et son scene electro pionnier. 

 

Mettant en scene: Renata, June As, Jad Atoui, Jack the Fish, Hadi Zeidan

Vous pouvez lire notre interview avec Hadi Zeidan par ici

 

SHIK SHAK SHOK

31 octobre 2019

Durée: 2 hours

jeudi 31 octobre 2019, 19h30

Nexus Arts

PRIX
Adulte $35.00
Concession $29.00

Venez nombreux avec vos amis et imprégnez-vous dans l’atmosphere avec des cocktails du style retro dans un lounge cabaret qui vous transportera à l’age d’or de musique et cinema de Liban.

Shik Shak Shok vous plongera dans le monde coloré du scene music retro iconique de Beirut par ses projections et son paysage sonore uniques. Hadi Zeidan, nee au Liban et basé à Paris, va transformer Nexus Arts avec une selection des grooves arabes et non-arabes, y compris du jazz, funk, disco, tarab et danse du ventre.

Prenez une table ou une chaise longue, un cocktail et du hummus, et laisser vous faire voyager  dans le temps et lieu avec l’experience de Shik Shak Shok 

 

QBE OUTDOOR MUSIC SESSIONS: HADI ZEIDAN AND JAD ATOUI
https://www.ozasiafestival.com.au/events/hadi-zeidan-jad-atoui/

GRATUIT

samedi, 2 novembre 2019, 19h
Lucky Dumpling Market, Riverbank Lawns

Deux des meilleurs connus DJ-compositeurs de Liban se réunissent pour vous presenter des paysages sonores dépaysants. Hadi Zeidan, fondateur de Shik Shak Shok, radio en ligne, il préfère l’electronica tout en saluant la danse de ventre et l’age d’or de la musique arabe. Quant à Jad Atoui, lui, il a une faiblesse pour des tons ambiants et d’incorporer des biosensors. Assistez a ce DJ set experimental et intime dont vous entendrez la fusion de leurs influences différentes.

 

DANSE

KATA
17 – 18 octobre 2019
Duree 1 heure

jeudi, 17 octobre 2019, 11h
jeudi , 17 octobre 2019, 19h30
vendredi, 18 octobre 2019, 19h30

Space Theatre

BILLETS
Adulte $45.00
Concession$39.00

Image: Emmanuel Berthoule

Le hip hop et la danse break avec une bonne dose d’octane élevée vient ensemble avec la danse contemporaine sous l’expertise d’Anne Nguyen, qui est parmi les meilleurs choreographes du monde qui est connue d’avoir mis en vedette la culture de la danse de rue dans le cadre du monde du danse moderne.

Apres avoir étudié le b-boy style, capoeira, gymnastique et le jiu jitsu brazilien, Anne Nguyen cherche a promouvoir la virtuosité de la danse de rue. Dans Kata, cet artiste franco-vietnamienne a rassemblé huit danseurs charismatiques qui pratique des movements explosifs de danse, non seulement du mode de hip hop mais aussi des autres horizons.

Contre de la musique percussive originale, les danseurs approchent des adversaires imaginaires et se confrontent l’un contre l’autre dans des scenarios complexes de bataille, ce qui canalise l’énergie belliqueuse du danse break. Apres des saisons acclamées au Holland Festival, Tanz im August à Berlin et Théâtre National de Chaillot à Paris, Kata arrive en Australie enfin pour cet evénèment exclusif au festival OzAsia.

Vous pouvez lire notre interview avec Anne Nguyen par ici.

 

WHAT THE DAY OWES TO THE NIGHT
22 – 23 oct 2019
Durée 1hre 5mins
mardi, 22 octobre 2019, 19h
mercredi, 23 oct 2019, 19h

Dunstan Playhouse

BILLETS
Adulte $65.00
Concession $59.00

Image: Nathalie Sternalski

Conjuguant la puissance, le forme et athlétisme, 12 danseurs, qui viennent d’à travers le basin méditerranéenne, créent des spirales dans des paternes fluides de tourbillonnement Sufi, de break, du ballet et du gymnastiques qui semblent défier les lois de la physique.

 

Hervé Koubi, choreographe acclamé franco-algérien a élaboré un style de mouvement distincte, un qui fuse l’athlétisme extraordinaire et des acrobaties avec de la danse contemporaine, du theatre physique, la culture de guerrier et du capoeira.

 

What the Day Owes to the Night s’agit d’une exploration profondément personnelle de la migration humaine et des cultures différentes aux carrefour de l’est et de l’ouest. Il est a la fois beau, impossible, étonnant, et meme dangereux.

 

Avec une partition qui combine Bach, des rythmes Sufi et des influences égyptiennes, le composition des danseurs se déroule comme une rite ancienne du desert. Ayant été joué plus de 300 fois autour du monde, ceci est le premier australien et votre seule occasion de voir cette creation qui est la plus iconique de celles de Hervé Koubi.

 

VESSEL

Damien Jalet et Kohei Nawa
26 – 27 octobre 2019
Durée: 1hre

samedi, 26 octobre 2019, 19h30
dimanche, 27 octobre 2019, 17h
Dunstan Playhouse

BILLETS
Adulte $69.00
Concession $62.00

Image: Yoshikazu Inoue

En collaboration avec Kohei Nawa, artiste visuel japonais, Damien Jalet, choréographe belge renommé, a crée une experience qui semble vraiment venue d’ailleurs. Jumelée avec une partition surréelle par Marihiko Hara et Ryuichi Sakamoto, cette production à coupler le souffle est un oeuvre pionnier qui rassemble la danse et l’art visuelle pour créer une exploration du corps humain qui est futuriste et meme inspiré par la science fiction.

 

Sur cette scene flottante, allumée de façon envoûtante, sept corps conjoignent en danse sculputralle abstrait, en évoquant une metamorphose primordiale, hors du commun. Pendant que les frontières entre ce qui est humain et ce qui ne l’est pas se dissoudront lentement, une installation profonde se déroule dont il y a des membres qui se tordent et des figures mysterieuses au millieu d’une reserve d’eau reflective.

 

OUTWITTING THE DEVIL

1 – 2 novembre 2019
Durée: 1hre 20mins

vendredi, 1 novembre 2019, 20h
samedi, 2 novembre 2019, 20h
Dunstan Playhouse

BILLETS
Adulte $75.00
Concession $69.00

Image: Jean Louis Fernandez

Akram Khan, choréographe qui a reçu de nombreuses récompenses, relance la prochaine étape de sa carrière. Il continue avec sa passion d’explorer des mythes anciens et nouveaux dans le contexte des temps moderne avec son dernier production, Outwitting the Devil.

 

Il est inspiré par le fragment de l’histoire babylonienne ancienne l’Épopée de Gilgamesh, dernièrement découvert, ce qui fut une des premiers chefs-d’ouvre de la littérature mondiale qui subsistent encore. Cet nouvel oeuvre d’Akram s’agit d’une piece de theatre-danse au sujet des rites et des souvenirs. Dans un paysage des tablettes cassées et des divinités déchues, six personnages échangent leurs richesses et leurs histoires, tout en cherchant recoller des fragments de connaissance ancienne perdue et oubliée avec la passage du temps.

 

Avec un ensemble superbe des danseurs de Taiwan, l’Australie, des Philippines, des Etats Unis et de la France, Outwitting the Devil nous invite tous à table ou la vie, la mort et nos mythes peu mémorisées sont le pain que nous romprons ensemble.

 

THEATRE INTERACTIF

£¥€$ (LIES)

19 – 22 octobre 2019
Durée 1hre 50mins
Space Theatre

BILLETS
Adulte $49.00
Concession $44.00

Image: Michiel Devijver

 

Vous pouvez lire le titre comme le mot ‘lies’ ou bien ‘eyes’, ou tout simplement le livre, le yen, l’euro et le dollar. Mais que cela soit des faussetés ou des devises, il s’agit de l’argent. £¥€$ vous invite à entrer dans la peau des nantis 1%, le super-riche, ceux qui tirent les ficelles, les visages qu’on ne voit jamais.

 

Pour une seule nuit, vous seriez à leurs places. Vous êtes aux commandes. Vous êtes dans le centre de notre system économique. Et qui sait, peut-être vous participerez à la création d’un monde meilleur, un monde plus juste, plus responsable, parce que vous feriez des choses autrement, ou peut-être le gout de la cupidité dépassera?

 

Revenant à Adelaide avec un groupe varié des artistes de la Belgique et de Hong Kong, Ontroerend Goed, la compagnie acclamée qui a produit des spectacles comme Fight Night et The Smile off Your Face, va cette fois visera sur ce qui vous a le plus de valeur: l’argent.

 

En ce qui concerne les experiences théâtrales interactifs, £¥€$ d’Ontroerend Goed doit être une des meilleures. Le public se laisse entraîner dans un monde des marches mondiaux, des banques et des accords à faire, avant d’être frappé de plein fouet avec un message au sujet d’économiques.

 

Vous pouvez aussi lire notre interview avec Aurelie Lannoy de £¥€$.

 

COURS DE MAITRE ET ATELIERS ET ATELIERS

Le festival OzAsia a introduit des cours des maitres et des ateliers menés par les artistes dans son program de 2019. 

 

HIP-HOP FROM PARIS
Valentine Nagata-Ramos
mercredi 16 oct 14h
$20

Image: Homard Payette

Valentine, B-girl , a dansé pour des meilleurs troupes de hip-hop du monde. Elle a joué avec le groupe de danse de MTV et elle a gagné des nombreux batailles de danse de break. 

Reservations par ce lien: https://valentinenagataramos.eventbrite.com.au

Vous pouvez aussi lire notre interview avec Valentine.

 

URBAN STREET DANCE, CLASSICAL DANCE AND THE WARRIOR
Guillaume Gabriel
lundi 21 octobre 17h30
$20

Ce cours de maitre de Guillaume Gabriel, co-fondateur de la compagnie Hervé Koubi va mettre en valeur l’importance de mouvement de qualité, de poids, balance et vous guidera à relever les défis.

Reservations par ce lien: https://guillaumegabrielhervekoubicompany.eventbrite.com.au

 

CONTEMPORARY DANCE IN VISUAL ART & FILM
Damien Jalet & Aimilios Arapoglou
dimanche 27 oct 10h
$20

Damien Jalet , choreographe de Vessel, partagera ses experiences dans les mondes des arts visuels et de films avec son collaborateur, Aimilios Arapoglou.

Reservations par ce lien: https://damienjaletmasterclass.eventbrite.com.au

 

HADI ZEIDAN – LEBANON UNDERGROUND
mercredi 30 octobre 14h
GRATUIT

Hadi Zeidan, produceur de musique libanais qui est basé à Paris, partagera l’histoire du paysage musical libanais de l’époque retro des années 1970 au scene electro moderne d’aujourd’hui.

Registration par email au [email protected] 

Vous pouvez aussi lire notre interview avec Hadi Zeidan.

 

Aux quels evénèments du festival OzAsia 2019 allez-vous participer?

 

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Kata: un spectacle de danse break et des arts martiaux au festival OzAsia 2019

Reading Time: 7 minutes

Kata, un spectacle de danse break et des arts martiaux sera présenté au festival OzAsia à Adélaïde ce mois-ci.

On a parlé avec Anne Nguyen, créatrice et chorégraphe du spectacle.

 

Vous venez en Australie avec votre spectacle Kata. Parlez-nous de ce spectacle ?

Dans Kata, huit breakeurs exécutent des enchaînements aux allures martiales qui se transforment en de véritables combats dansés. Chaque mouvement de break prend un sens nouveau, transformant les danseurs en de véritables samouraïs modernes, qui incarnent une forme de spiritualité. Paradoxalement, les luttes dans lesquelles ils s’engagent se révèlent de plus en plus illusoires, faisant d’eux les derniers représentants d’un idéal guerrier absurde dans notre monde actuel. 

 

Kata est un mot japonais qui veut dire forme et « Les enchaînements de mouvements ». Parlez-nous de comment ce concept a guidé ce spectacle.

Mon maître de capoeira m’a un jour demandé de choisir entre la capoeira et le break : j’improvisais en ajoutant des formes inutiles ou faibles dans mon jeu lors des combats. Le besoin de transgresser les règles et d’aller au-delà du mouvement efficace et utile m’a naturellement poussée vers la danse. Avec Kata, je souhaite tracer le chemin inverse : partir d’une danse faite de mouvements apparemment « inutiles », le break, et trouver à chaque geste une utilité, comme si tout enchaînement de break n’était qu’un « kata » d’entraînement au combat. Dans Kata, je décompose les mouvements centrifuges du break en des séquences de gestes isolés, et les associe à des principes « utiles » dans le sens du combat et du rapport à l’autre. Les huit breakeurs, individuellement ou au sein de formations parfaitement ordonnées, exécutent des suites de mouvements dansés adressés à des adversaires imaginaires, ou encore se font face dans des combat dansés. Attaques, blocages, esquives, des scènes de combat complexes et intriquées se dessinent au gré du flux et du reflux des « combattants » sur scène, mettant en forme l’énergie guerrière du break.  

 

D’où est venu votre intérêt dans le b-boy, capoeira, gymnastiques et jiu jitsu ? Et depuis quand ?

Quand j‘étais enfant, j’étais plutôt un « tom boy », je préférais jouer au foot avec les garçons plutôt que de danser. J’ai toujours été attirée par les arts martiaux, les acrobaties… La danse est venue tardivement pour moi, et c’est par le break que j’ai découvert le plaisir du clubbing, du partage avec les autres danseurs, de l’échange avec les autres à l’entraînement ou en battle, qui sont propres à cette culture et si enrichissants. 

 

Vous avez dit que vous trouvez que le break c’est comme les arts martiaux. Décrivez-nous plus cette idée?

J’ai beaucoup pratiqué les arts martiaux, en particulier la capoeira et le jiu-jitsu brésilien, mais aussi le Viet Vo Dao et le Wing Chun. L’une des caractéristiques de ces pratiques est le rapport au partenaire, qui implique un contact physique. Or, si le contact avec le sol est un des principes essentiels du break, le contact avec l’autre est peu exploité par les danseurs hip-hop, qui commencent par faire le vide autour d’eux avant de danser dans leur « cercle vital ». Le contact avec le sol, le rapport à la Terre, est l’un des éléments qui ont motivé ma pratique du break. Néanmoins, le contact et le rapport avec un partenaire m’ont beaucoup manqué lorsque j’ai choisi d’arrêter les arts martiaux pour me consacrer à la danse. C’est pourquoi j’en fais l’une de mes lignes de recherche principales en tant que chorégraphe. J’ai élaboré des exercices techniques visant à amener le contact dans le mouvement dansé, inspirés des arts martiaux et de principes mécaniques. J’amène bras, jambes et corps à se rapprocher et à se rencontrer de manière dynamique et circulaire dans des espaces réduits. C’est en passant par ce processus que je crée des combinaisons de mouvement à plusieurs danseurs.  

 

Vous avez une troupe de danseurs multiculturels. D’où viennent-ils et comment est-ce que vous les avez trouvés?

Je connaissais certains danseurs, comme Valentine Nagata-Ramos par exemple, qui danse déjà dans plusieurs de mes autres spectacles. Valentine et moi étions chacune l’élément féminin de deux groupes de break rivaux dans les années 2000, Phase T pour moi, Fantastik Armada pour elle. Nous avons par la suite beaucoup dansé et travaillé ensemble. J’ai recruté les 7 autres danseurs sur audition, mais je connaissais déjà la plupart d’entre eux car nous fréquentons tous le milieu des battles de break. Tous habitent près de Paris, lieu où siège la compagnie. Certains d’entre eux sont dans les mêmes groupes de break : Total Feeling pour Tonio, Jean-Baptiste et Yanis, Chasseurs de Primes pour Hugo et Fabrice.

 

Dans le spectacle les danseurs approchent des adversaires imaginaires mais aussi les uns et les autres du groupe dans des scénarios de bataille complexe. Est-il donc un spectacle autour de la guerre, des batailles ou est-il plus général que cela?

Dans Kata, je cherche à sublimer l’esprit martial du break. Cette danse est pour moi un art véritable martial contemporain, elle a été créée par l’être humain pour faire face à un environnement urbain hostile qui le coupe du monde animal et de son rapport à la Terre, et transforme son corps par la violence de ses formes et de ses contraintes. Faute d’ennemis à affronter, faute d’accomplissements physiques à vivre dans le cadre de la vie quotidienne, l’esprit de combativité qui anime le monde du vivant trouve à s’accomplir à travers le break, en réponse à l’oppression que nous fait subir notre environnement. C’est un mouvement spontané de résistance du vivant, une forme de discipline et de rituel, qui permet au danseur de renouer avec des instincts profonds comme ceux de la conquête de puissance physique et de territoire. 

 

Le spectacle Kata c’est pour quel genre de public ?

Kata s’adresse à tous. Petits et grands peuvent se projeter aisément dans l’univers du spectacle. Je vois la danse comme un art universel par excellence. Elle nous rassemble tous, et transcende les cultures pour parler à notre humanité profonde. C’est un mode ancestral de représentation de l’abstraction, de la conscience.

 

Avant d’être chorégraphe, étiez-vous danseuse vous-même ? Est-ce que ça vous arrive parfois de danser vous-même dans des spectacles ?

Avant de créer ma compagnie, j’ai dansé avec des groupes de break légendaires comme RedMask à Montréal ou encore Phase T, Def Dogz et Créteil Style en France. Avec eux mais surtout en solo, j’ai participé à des centaines de battles, remporté l’IBE 2004, le BOTY 2005, j’ai jugé le BOTY 2006 ou encore le Red Bull BC One en 2007. Le film documentaire Planet B-Boy (2007) témoigne de cette époque où je conciliais les nombreux battles avec le développement de ma propre compagnie et ma carrière d’interprète pour des compagnies contemporaines et hip-hop, comme les célèbres Black Blanc Beur. 

Je danse dans quelques-uns de mes spectacles : Racine Carrée, Yonder Woman, Autarcie (….), et plus récemment dans Axis Mundi, une commande du Festival d’Avignon et de la SACD : il s’agit d’un duo que j’ai co-créé en juillet 2019 avec la marionnettiste et plasticienne Elise Vigneron.

 

Vous avez toujours voulu travailler dans la danse?

Très jeune, j’ai pratiqué la gymnastique en compétition puis je me suis initiée à de nombreux arts martiaux comme le Viet Vo Dao, la capoeira et le jiu-jitsu brésilien. Fascinée par la science, je me destinais à une carrière dans le domaine de la physique, mais j’ai abandonné cette perspective quand j’ai découvert le monde du break et de la danse en général, dont les valeurs reflètent mon désir d’émancipation.  

 

D’où trouvez-vous l’inspiration pour vos spectacles?

Racine Carrée, Yonder Woman, PROMENADE OBLIGATOIRE, bal.exe, Autarcie (….), Kata… Les titres de mes spectacles évoquent mes multiples influences : les mathématiques et les arts martiaux mais aussi les utopies et les mythes. J’ai aussi étudié dans les domaines de la physique, de la linguistique et de la littérature. Je m’intéresse au geste comme symbole, au corps comme objet de revendication, au mouvement comme besoin primaire, à la scène comme lieu de partage privilégié. Je construis des espaces symboliques où la danse, puissante, libératrice et frénétique, devient un rituel magique destiné à nous faire réinvestir le présent.

 

Dans mes spectacles, la danse elle-même est le propos. Je ne dissocie pas l’excellence technique de l’expression corporelle, de l’intention qui sera véhiculée par le danseur. Lorsque les corps existent autrement, de nouvelles ouvertures s’offrent au mouvement : nouvelles directions, nouveaux rythmes, nouvelles manières de construire, nouvelles manières de projeter l’énergie… Les paramètres qui m’intéressent pour créer une situation riche de sens sont très concrets. Pour moi, tout émane de l’essence du geste, de la posture du corps, de son positionnement dans l’espace et de son rapport à l’autre. Et la danse hip-hop est un véritable vivier de postures, de principes et d’énergies débordant de sens. Tout en étant très attachée à l’excellence de l’exécution, je refuse toute forme d’”académisme” de la danse : j’aime développer et mettre en valeur les individualités et les spécificités de chaque danseur. Ma recherche consiste à tisser des liens entre les mouvements et les espaces habités par les corps, à travers des contraintes techniques ou par le jeu.

 

Vous êtes franco-vietnamienne. Avez-vous passé du temps dans les deux pays ? 

Je suis née en France et j’y vis depuis toujours. J’ai étudié pendant un an à Mc Gill University, à Montréal. Je allée au Vietnam pour la première fois à l’occasion de la tournée en Asie du Sud-Est du spectacle Autarcie (….) en 2016. J’ai le plaisir d’y retourner en novembre 2019 pour y accompagner Danse des guerriers de la ville, mon parcours d’installations interactives, participatives et immersives autour de la danse hip-hop. J’y resterai ensuite quelque temps pour profiter du pays.

 

Est-ce que lorsque vous venez en Australie pour le festival OzAsia, ça serait votre première fois en Australie?

Je suis déjà venue en Australie deux fois en 2014, pour conseiller mon ami chorégraphe Nick Power sur sa création Cypher. A cette occasion j’ai pu également donner des masterclass, notamment au Dancehouse de Melbourne et faire la connaissance de danseurs australiens. Cela a été une expérience très enrichissante, j’ai d’ailleurs gardé contact avec certains d’entre eux.

Malheureusement je ne pourrai pas accompagner les danseurs de Kata au Festival OzAsia car les représentations tombent en même temps que les premières de mon nouveau spectacle À mon bel amour en France. Je le regrette beaucoup car j’aime beaucoup l’Australie, son multiculturalisme et sa nature foisonnante et monumentale. J’espère revenir bientôt!

 

D’autres choses à ajouter?

Je suis très heureuse que Kata soit présenté en Australie, et honorée de la confiance du Festival OzAsia et de Joseph Mitchell avec qui nous avons eu un très bon feeling. J’espère que nous aurons à nouveau l’occasion de présenter un spectacle à Adélaïde pour que je puisse venir découvrir le festival et rencontrer le public !

 

INFOS ET BILLETS
Vous pouvez voir le spectacle Kata d’Anne Nguyen au OzAsia Festival aux dates et horaires ci-dessous.

  • 11h 17 octobre
  • 19h30 17 octobre
  • 19h30 18 octobre.

Les billets coûtent $45.

Les billets sont disponibles par ce lien: https://www.ozasiafestival.com.au/events/kata/

Vous pouvez aussi participer dans un cours de maître de hip hop de Paris qui sera mené par Valentine Ramos-Nagata du même spectacle.

Si vous vous intéressez au festival OzAsia, ces articles sont aussi pour vous:

Interview avec Hadi Zeidan au sujet de ces deux spectacles 
Interview avec Valentine Nagata-Ramos aussi du spectacle Kata
Interview avec Aurelie Lannoy du spectacle LIES

Aimez vous la danse break?

 

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