Comment créer une comédie musicale pour des histoires parfois tristes? Jean-Pierre Hadiba sait le faire 

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On a parlé avec Jean-Pierre Hadida, créateur de la comédie musicale Madiba. On a publié la première partie de cette interview il y a deux jours . Voici la suite.

 

Est-ce la première fois que l’une de vos comédies musicales est adaptée en anglais ou êtes-vous déjà venu en Australie?

Non, c’est la première fois tout à fait que je viens en Australie. C’est la première fois pour moi qu’un spectacle va être joué en anglais. J’ai écrit d’autres spectacles avant, dont un autre spectacle qui a bien marche à Paris sur un hommage à Anne Frank. J’ai écrit une version anglaise mais pour l’instant, elle est dans les cartons. Il faudrait que je prenne le temps d’aller rencontrer du monde pour essayer de le monter. J’aimerais le montrer à Londres, à New York ou dans un pays anglo-saxon, en Australie aussi.

 

J’espère que ce qui va se passer sur Madiba va nous permettre de rencontrer du monde pour Anne Frank. En tout cas, c’est vrai que quand on a goûté  à l’international, on voit que c’est une expérience formidable, en somme.

 

 

Je voulais parler un peu d’Anne Frank. Son histoire est  assez triste. Comment en faire une comédie musicale de quelque chose qui est triste?

Vous savez que ce qui est triste dans Anne Frank c’est quelque chose qui reste très récent et très bouleversant. Mais si je vous cite une des plus grandes comédies musicales qui marchent à Londres, c’est Les Misérables. C’est une histoire aussi qui est extrêmement triste et je dirais a l’époque une tragédie musicale – je ne trouve pas ça très beau comme expression. Je trouve justement qu’Anne Frank, avec la musique Qui est un langage universel, s’adresse à toutes les générations. Avec Anne Frank, il est important de rappeler cette histoire aux plus jeunes qui ne la connaissent pas forcement même si on l’étudie à l’école. Anne Frank était une adolescente très gaie, qui aimait chanter, qui aimait danser, qui était pleine d’énergie, pleine d’espièglerie. Je voulais justement raconter en musique l’histoire d’une adolescente qui va devenir une femme et qui se retrouve dans cette vie qu’elle n’a pas choisi, a un moment donne, parce qu’elle a été enfermée, cachée parce qu’elle était née juive.

 

Je voulais raconter ça avec son rapport avec sa mère, avec son père, avec sa sœur. Donc toute cette petite comédie enformée comme ça. Il y a beaucoup d’émotions. Ce qui est terrible c’est qu’on connait la fin. Et que c’est une histoire dans laquelle il y a une tension du début à la fin même s’il y a des moments de gaité, d’échange, des petits amourettes, parce qu’il y a avait un ‘tit jeune homme avec lequel elle avait une histoire d’amour.  Tout ça m’a beaucoup inspiré et donc on a fait une œuvre très intime par rapport à Madiba qui est quelque chose de festif, de glorifiant. Là, on est dans quelque chose beaucoup plus intime – on a joué avec juste un piano et un violoncelle. Mais ça pose les mêmes questions que Madiba finalement – c’est la tolérance, c’est l’injustice, c’est la cruauté des hommes mais aussi dans le cas de Madiba on a un « happy end ». On sait que dans Anne Frank il y a aussi un message universel – elle avait écrit que l’homme était bon finalement – je ne sais pas si elle aurait écrit cela si elle connaissait sa fin.

 

Mais voilà, il y a beaucoup de sentiments, d’émotions et je voulais faire passer ça avec une comédie musicale. Ca n’empêche pas qu’il y a des petits moments où l’on sourit, on rit, des chansons où vous écoutez la radio et où elle admire les stars de cinéma. Tout ça me permet d’avoir un tableau assez touchant, et même gai, mais voilà, c’est un spectacle qui m’a permit de jouer devant beaucoup de personnes, de décoller, et c’est toujours un bonheur que de délivrer un message aux jeunes parce que c’est vraiment une façon de transmettre les valeurs auxquelles on croit fort.

 

Y’a-t-il d’autres choses que vous aimeriez me dire à propos du spectacle?

Oui, il y a le petit fils de Nelson Mandela qui s’appelle Dhaba Mandela qui est venu le voir à paris, par surprise. Nous on était un peu nerveux et il a dit « j’ai vraiment eu l’impression de voir mon grand-père sur scène ». Il était très touche par ce spectacle et depuis il est revenu plusieurs fois et il va venir passer trois ou quatre jours avec nous en Australie. Et ça c’est formidable. C’est un grand monsieur de 35 ans par-là, qui a énormément de charisme et qui a une fondation qui s’appelle Africa Rising et on est un peu tous ensemble avec lui pour faire avancer ça. Et pour nous c’est un crédit formidable qui montre que notre spectacle est à la fois un divertissement mais qu’il est sérieux en ce qu’il parle de choses vraies et qu’on est dans la vérité.

 

Autrement, il y a tellement des choses autour de ce spectacle et qui se sont déroulées durant les 3 ans qu’on joue qu’on pourrait passer des heures ensemble!

 

Vous l’avez jouée combien de temps à Paris.

On l’a joué de janvier à avril et ensuite on est parti en tournée dans les grandes villes de France. Au mois d’avril 2008 on a eu trois représentations exceptionnelles à l’Olympia et c’était complet. Totalement complet.

 

Ce n’est pas facile!

Non, ce n’est pas facile. Au début on est une petite équipe – on n’est pas produit par un major comme on dit. Et donc c’est le bouche à oreille. C’est des gens comme vous qui nous soutiennent, qui passent le message. On est très reconnaissants. A Paris on a eu aussi des très bons moments parce que le Ministre de l’Education est venu ainsi que le Ministre des Territoires d’Outre-Mers. Donc on a eu des personnalités qui sont venues nous appuyer parce qu’on a quand même un sujet magnifique, qui est Nelson Mandela, un homme provincial – je pense que vraiment des derniers grands hommes de cette période. Donc voilà, nous avons un sujet qui est quand même extrêmement inspirant et je suis très heureux d’avoir travaillé là-dessus parce qu’il y a tellement de valeurs fortes associées. Et une de ses phrases cultes également « c’est impossible, jusqu’à ce qu’on le fasse ». Donc c’était un peu notre devise au départ.

 

Et c’était plutôt les évènements publics déjà écrits dans son histoire que vous avez inclus dans cette histoire ou vous avez dû faire des recherches ?

Disons que c’est vrai que sa célèbre biographie s’appelle « Long Way to Freedom » (long chemin vers la liberté) que j’ai dû lire dans tous les sens et ensuite j’ai dû le fermer pour l’oublier. Mais ça remonte, tous les grands moments de sa vie transpirent dans l’histoire On a écrit spécialement pour cela et puis cette partie créative qui est cette histoire d’amour entre Will et Nena, entre son père le chef de la police, entre Sam et Sandy, un couple de militants. Donc il y a toutes ces personnages qu’on a créé qui auraient pu exister et qu’on a confondu dans l’histoire de Nelson Mandela.

 

 

 

 

 

Vous pouvez voir « Madiba The Musical » à Perth du 2 au 12 janvier et à Adelaide du 17 au 20 janvier. Les billets coutent entre $49 et $109, plus frais de réservation.

 

Les billets pour Perth sont disponibles ici. http://www.ticketmaster.com.au/Madiba-the-Musical-Australia-tickets/artist/2467391

 

Les billets pour Adélaïde sont disponibles ici. http://premier.ticketek.com.au/shows/show.aspx?sh=MADIBA18

 

Pour plus des infos à propos du spectacle:

https://madibamusical.com.au/