Miguel Chevalier est l’artiste luminaire en résidence d’Illuminate Adelaide 2026.

Miguel Chevalier, Illuminate Adelaide 2026
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Miguel Chevalier, pionnier de l’art numérique et figure majeure des environnements immersifs, investit Illuminate Adelaide 2026 en tant qu’artiste en résidence avec trois installations inédites qui dialoguent entre science, technologie et poésie visuelle. Dans cet entretien, il revient sur cette invitation australienne marquante (une première pour lui) et sur la création de Digital Abyss, The Origin of the World et Pixel Waves, trois œuvres complémentaires qui explorent les dynamiques du vivant, des abysses marins aux flux de données, en passant par les origines cellulaires de la vie. Il y évoque également l’évolution de sa pratique depuis les années 1980, son intérêt constant pour les systèmes génératifs, ainsi que sa collaboration étroite avec le compositeur Jacopo Baboni Schilingi, où image et son se répondent en temps réel pour créer des expériences véritablement totales. Lisez notre interview avec Miguel Chevalier ci-dessous.

Miguel Chevalier, Illuminate Adelaide 2026
Photo du site web d’Illuminate Adelaide 2026

 

Miguel, vous avez été choisi comme artiste luminaire en résidence pour le festival Illuminate Adelaide 2026. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

C’est un grand honneur pour moi que le festival Illuminate Adelaide m’accorde sa confiance et m’invite à participer à son édition 2026. J’ai toujours considéré l’art comme un langage universel capable de créer des passerelles entre les cultures, les technologies et les imaginaires. Être invité dans un festival aussi innovant, qui place la lumière, les nouvelles technologies et l’expérience immersive au cœur de sa programmation, représente une formidable opportunité de partager mon travail artistique avec le public australien et d’explorer de nouveaux territoires de création avec les espaces qui me sont proposés.

 

J’ai toujours considéré l’art comme un langage universel capable de créer des passerelles entre les cultures, les technologies et les imaginaires.

 

Comment avez-vous découvert Illuminate Adelaide et comment en êtes-vous venu à y participer ?

C’est grâce aux co-fondateurs et directeurs artistiques du festival, Lee Cumberlidge et Rachael Azzopardi, qui ont découvert mon travail lors de plusieurs expositions à Paris, notamment Pixels au Grand Palais Immersif et Digital Abysses au Musée en Herbe. Ils m’ont invité à imaginer trois projets pour Illuminate Adelaide. De cette rencontre est née une collaboration ambitieuse comprenant trois installations inédites, dont deux œuvres monumentales : l’une The Origin of the World, dans l’espace public projeté sur la façade du Government House, l’autre Pixel Waves, à Bonython Hall de l’université d’Adelaide, ainsi qu’une exposition Digital Abyss à l’espace d’art ILA. J’ai été immédiatement séduit par leur ouverture d’esprit pour la création contemporaine.

 

Vos œuvres ont-elles déjà été exposées en Australie ? Êtes-vous déjà venu dans ce pays ?

Non, c’est la toute première fois que mes créations sont présentées en Australie, et c’est également mon premier voyage dans ce pays. J’en suis particulièrement heureux. L’Australie possède des paysages exceptionnels, une lumière unique et une culture qui entretient un rapport très fort avec la nature et la mer. Ce sont des thématiques qui résonnent profondément avec mon travail. Je suis impatient de découvrir Adélaïde et de rencontrer le public australien.

 

L’Australie possède des paysages exceptionnels, une lumière unique et une culture qui entretient un rapport très fort avec la nature et la mer. Ce sont des thématiques qui résonnent profondément avec mon travail.

 

Cela fait plus de 45 ans que vous créez des expériences numériques immersives. À quel point ces expériences ont-elles changé avec l’évolution des technologies ? Y a-t-il un lien entre vos premières œuvres et celles d’aujourd’hui ?

Les technologies ont considérablement élargi les possibilités de mes créations. Lorsque j’ai commencé à travailler avec l’ordinateur au début des années 1980, les moyens techniques étaient limités, onéreux et très difficile d’accès : la mémoire, la puissance de calcul et les capacités graphiques étaient réduites. Il fallait souvent beaucoup d’inventivité pour contourner ces contraintes. Aujourd’hui, grâce à l’augmentation de la puissance de calcul, des capacités des cartes graphiques et de la mémoire des ordinateurs, je peux créer des univers immersifs et génératifs d’une grande complexité, qui évoluent en temps réel. Pourtant, les questions essentielles qui animent mon travail sont restées les mêmes : comment représenter le vivant, le mouvement et les transformations permanentes du monde ? Comment créer des œuvres capables d’évoluer et de se renouveler sans cesse ?

 

Pourtant, les questions essentielles qui animent mon travail sont restées les mêmes : comment représenter le vivant, le mouvement et les transformations permanentes du monde ? Comment créer des œuvres capables d’évoluer et de se renouveler sans cesse ?

 

Il existe ainsi une véritable continuité entre mes premières œuvres et celles d’aujourd’hui. Mes recherches sur les flux, les réseaux, les fractales et les systèmes génératifs sont toujours au cœur de ma démarche. Les outils ont considérablement évolués, mais ma vision est restée la même : créer des œuvres vivantes, en perpétuelle métamorphose, à l’image de la nature elle-même. Quant à l’intelligence artificielle, elle constitue simplement une nouvelle étape de cette aventure, ouvrant des territoires encore inexplorés pour l’imaginaire et ma création.

 

Les outils ont considérablement évolués, mais ma vision est restée la même : créer des œuvres vivantes, en perpétuelle métamorphose, à l’image de la nature elle-même.

 

Qu’est-ce qui vous a fait choisir l’art numérique plutôt que d’autres formes d’expression artistique ?

Je n’ai jamais considéré le numérique comme un simple outil technologique, mais comme un véritable langage artistique. Très tôt, dans les années 1980, j’ai pris conscience que les artistes s’approprient toujours les outils de leur époque et finissent par en devenir les témoins privilégiés. Des figures comme Man Ray, qui a su faire de la photographie un médium artistique à part entière, ou l’artiste coréen Nam June Paik, pionnier de l’art vidéo et père des arts électroniques, ont profondément nourri ma réflexion. Ils ont compris avant beaucoup d’autres que les nouveaux médias allaient transformer notre manière de voir et de représenter le monde.

 

Je n’ai jamais considéré le numérique comme un simple outil technologique, mais comme un véritable langage artistique.

 

Ce qui m’a attiré vers le numérique, c’est la possibilité de dépasser les limites des médiums traditionnels comme la peinture, la photographie ou la vidéo. L’ordinateur offrait la possibilité d’introduire le mouvement, le hasard, et surtout la générativité, c’est-à-dire la capacité de créer des formes inédites et des univers en perpétuelle transformation. J’ai été fasciné par cette possibilité de donner naissance à des formes de vie artificielle et de faire du spectateur un acteur de l’œuvre grâce à l’interactivité.

 

L’ordinateur offrait la possibilité d’introduire le mouvement, le hasard, et surtout la générativité, c’est-à-dire la capacité de créer des formes inédites et des univers en perpétuelle transformation. J’ai été fasciné par cette possibilité de donner naissance à des formes de vie artificielle et de faire du spectateur un acteur de l’œuvre grâce à l’interactivité.

 

Pour moi, le passage au digital n’a jamais été une rupture avec l’histoire de l’art, mais son prolongement naturel dans notre époque. L’art numérique permet de travailler à toutes les échelles, du microscopique au monumental, et de faire dialoguer l’art, la science et la technologie dans une même vision du monde. C’est un médium particulièrement pertinent pour interroger les profondes mutations de notre époque et notre relation à des univers de plus en plus connecté, hybride et complexe.

 

En puisant dans l’histoire de l’art et en la réinterprétant à l’aide d’outils informatiques, vos œuvres explorent des thèmes récurrents tels que la nature et l’artifice, les flux et les réseaux, les villes virtuelles et les motifs ornementaux. Vos images constituent une riche source de réflexion sur nous-mêmes et sur notre rapport au monde. Qu’est-ce qui vous inspire ?

Mon inspiration vient de l’observation du monde qui nous entoure, aussi bien dans ses dimensions naturelles que technologiques. Je suis fasciné par les formes du vivant, les processus de croissance, les structures végétales, les organismes microscopiques, mais aussi les flux d’informations et les nouvelles cartographies qui façonnent notre époque.

 

Je suis fasciné par les formes du vivant, les processus de croissance, les structures végétales, les organismes microscopiques, mais aussi les flux d’informations et les nouvelles cartographies qui façonnent notre époque.

 

Depuis mes débuts, je m’intéresse aux croisements entre l’art, la science et la technologie. Je puise également dans l’histoire de l’art, de la fin du XIXe siècle et les avant-gardes du XXe siècle, ainsi que dans, l’architecture, les arts décoratifs et l’ornement. Les outils numériques me permettent de réinterpréter ces références et de créer des œuvres en perpétuelle évolution, qui reflètent la complexité et les transformations du monde contemporain.

 

Depuis mes débuts, je m’intéresse aux croisements entre l’art, la science et la technologie.

 

Vos œuvres véhiculent-elles un message philosophique sur notre rapport au monde ?

Je ne cherche pas à délivrer un message fermé ou une vérité unique. Mon ambition est plutôt d’ouvrir des espaces de réflexion et d’émerveillement. Mes œuvres interrogent la manière dont les technologies transforment notre perception du réel, notre rapport à la nature, au temps et à l’espace.

 

Je ne cherche pas à délivrer un message fermé ou une vérité unique. Mon ambition est plutôt d’ouvrir des espaces de réflexion et d’émerveillement.

 

Nous vivons aujourd’hui dans un monde hybride où le physique et le virtuel sont de plus en plus imbriqués. Cette mutation profonde soulève de nombreuses questions : Comment préserver notre lien avec le vivant ? Comment habiter un univers saturé de données et d’images ? Comment trouver un équilibre entre innovation technologique et conscience écologique ?

 

Mes installations invitent le public à vivre une expérience sensible qui lui permet de réfléchir à ces enjeux à travers l’émotion, l’immersion et la contemplation.

 

Mes installations invitent le public à vivre une expérience sensible qui lui permet de réfléchir à ces enjeux à travers l’émotion, l’immersion et la contemplation.

 

Vous présenterez trois œuvres uniques à Illuminate Adelaide : Digital Abyss, une expérience payante, et The Origin of the World et Pixel Waves dans le programme gratuit City Lights, toutes accompagnées par la musique du compositeur Jacopo Baboni Schilingi. Parlez-nous de ces œuvres.

Ces trois œuvres explorent différentes visions du vivant et des forces qui façonnent notre monde.

 

Digital Abyss, exposition présentée à ILA (Immersive Light and Art), est une plongée immersive dans un univers inspiré des profondeurs océaniques. Les différentes installations mettent en scène un bestiaire imaginaire composé d’organismes microscopiques, de formes planctoniques et de créatures générées par algorithmes. Ces formes évoluent continuellement dans un immense environnement numérique, accompagnées d’une composition sonore spatialisée de Jacopo Baboni Schilingi. L’œuvre invite le visiteur à explorer un monde à la fois scientifique, poétique et mystérieux, révélant la beauté d’un univers habituellement invisible à l’œil humain.

 

L’œuvre invite le visiteur à explorer un monde à la fois scientifique, poétique et mystérieux, révélant la beauté d’un univers habituellement invisible à l’œil humain.

 

The Origin of the World, projetée sur l’emblématique Government House, s’inspire des premières formes de vie apparues sur Terre. L’installation évoque les cellules, leurs croissances et leurs métamorphoses à travers des organismes virtuels qui se développent et se transforment en permanence. Elle célèbre la créativité du vivant et la capacité de la nature à inventer sans cesse de nouvelles formes et des couleurs vives qui s’entrechoquent et rappelle les « Paradis artificiels » .

 

Elle célèbre la créativité du vivant et la capacité de la nature à inventer sans cesse de nouvelles formes et des couleurs vives qui s’entrechoquent et rappelle les « Paradis artificiels » .

 

Pixel Waves, projetée au sol de Bonython Hall, propose une vision plus abstraite. L’œuvre transforme l’espace en un paysage de vagues lumineuses constituées de trames de pixels en mouvement. Ces flux évoquent à la fois les océans, les champs d’énergie, c’est une œuvre qui relie symboliquement la nature des vagues marines aux vagues immatérielles des données et des symboles du digital.

 

c’est une œuvre qui relie symboliquement la nature des vagues marines aux vagues immatérielles des données et des symboles du digital.

 

Bien que trois installations soient différentes visuellement, elles partagent une même interrogation sur les dynamiques du vivant, les flux, les transformations et les relations entre nature et technologie.

 

Bien que trois installations soient différentes visuellement, elles partagent une même interrogation sur les dynamiques du vivant, les flux, les transformations et les relations entre nature et technologie.

 

Où et comment avez-vous découvert ou rencontré Jacopo Baboni Schilingi?

J’ai rencontré Jacopo Baboni Schilingi à Paris il y a déjà plus de vingt-six ans à travers des projets mêlant création visuelle et composition musicale contemporaine. Nous partageons des années 90 un intérêt commun pour les processus génératifs ainsi que pour les interactions possibles entre musique et univers visuel.

 

Jacopo est un compositeur particulièrement innovant qui explore lui aussi les notions d’interactivité et d’écriture en temps réel. Nos démarches sont très complémentaires : mes œuvres créent des univers visuels en perpétuelle évolution, tandis que sa musique génère des paysages sonores vivants qui se métamorphosent continuellement.

 

Pour chacune de mes œuvres génératives et/ou interactives, Jacopo compose une création musicale originale fondée sur les mêmes principes de générativité, d’interactivité et de transformation en temps réel. Il ne s’agit donc pas d’une musique ajoutée aux images a posteriori, mais d’un système sonore conçu selon une logique de création parallèle, partageant les mêmes processus d’évolution et de variation que l’œuvre visuelle.

 

Pour chacune de mes œuvres génératives et/ou interactives, Jacopo compose une création musicale originale fondée sur les mêmes principes de générativité, d’interactivité et de transformation en temps réel. Il ne s’agit donc pas d’une musique ajoutée aux images a posteriori,

 

Au fil des années, nous avons développé une véritable complicité et un dialogue artistique. Les images, les vidéos et la musique communiquent en permanence : les transformations qui affectent les univers visuels trouvent leur correspondance dans les traitements sonores, tandis que les évolutions musicales dialoguent avec les métamorphoses des formes, des couleurs, des mouvements et des espaces numériques. Cette relation crée une cohérence organique entre le visible et l’audible, où chaque élément participe à une même dynamique de création.

 

Dans le cadre de Digital Abyss, cette collaboration a pris une dimension particulière. Jacopo n’a pas seulement conçu une musique reposant sur les mêmes principes génératifs et interactifs que ceux qui animent l’univers visuel ; il a également développé, à l’aide de logiciels de traitement et de synthèse sonore, des sonorités originales évoquant des mondes sous-marins imaginaires. Ces matières acoustiques inédites suggèrent les profondeurs océaniques, les mouvements invisibles des abysses et la présence de formes de vie rêvées, renforçant ainsi le caractère immersif et poétique de l’œuvre.

 

Jacopo n’a pas seulement conçu une musique reposant sur les mêmes principes génératifs et interactifs que ceux qui animent l’univers visuel ; il a également développé, à l’aide de logiciels de traitement et de synthèse sonore, des sonorités originales évoquant des mondes sous-marins imaginaires.

 

Pour les projets présentés à Illuminate Adelaide, la musique n’est donc pas un simple accompagnement ; elle fait partie intégrante de l’expérience immersive et contribue à créer une œuvre totale où l’image, le son, l’espace et le temps fusionnent dans une même expérience sensorielle.

 

la musique n’est donc pas un simple accompagnement ; elle fait partie intégrante de l’expérience immersive et contribue à créer une œuvre totale où l’image, le son, l’espace et le temps fusionnent dans une même expérience sensorielle.

 

DIGITAL ABYSS

Digital Abyss est inspiré par les profondeurs de l’océan, cet environnement numérique lumineux se déploie tel un paysage marin vivant. Il regorge de projections de plancton générées par l’IA, de dessins robotisés, d’œuvres lumineuses et de sculptures en 3D, qui reflètent toutes les curieuses micro-merveilles des fonds marins. Comment avez-vous mené vos recherches pour ce projet ? Vous êtes-vous concentré sur des océans en particulier ?

Digital Abyss Miguel Chevalier Illuminate Adelaide

Pour concevoir Digital Abyss, je me suis appuyé sur plusieurs années de recherches autour du monde marin, avec des collaborations avec des scientifiques comme le biologiste Christian Sardet, ainsi que sur l’étude de nombreuses publications scientifiques et les célèbres planches naturalistes d’Ernst Haeckel au XIXe siècle, qui révèlent la beauté géométrique fascinante des organismes microscopiques.

 

Ce qui me passionne particulièrement, c’est que les profondeurs océaniques constituent encore l’un des derniers grands territoires de l’inconnu. Nous connaissons souvent mieux la surface de certaines planètes que les abysses de notre propre Terre. Ces mondes invisibles abritent une biodiversité extraordinaire, faite de formes, de couleurs et de structures qui semblent parfois appartenir à la science-fiction.

 

Ce qui me passionne particulièrement, c’est que les profondeurs océaniques constituent encore l’un des derniers grands territoires de l’inconnu. Nous connaissons souvent mieux la surface de certaines planètes que les abysses de notre propre Terre.

 

Je ne me suis pas concentré sur un océan en particulier. Mon intention n’était pas de réaliser une représentation documentaire, mais plutôt de créer une vision poétique et universelle du monde sous-marin. L’intelligence artificielle m’a permis d’aller au-delà de l’observation scientifique en imaginant de nouvelles espèces hybrides. Les créatures de Digital Abyss se situent ainsi à la frontière entre la science et l’imaginaire, entre le vivant observé et le vivant rêvé.

 

Mon intention n’était pas de réaliser une représentation documentaire, mais plutôt de créer une vision poétique et universelle du monde sous-marin.

 

À travers les œuvres sur écran de leds, les dessins au robot, et les sculptures en impression 3D, je souhaite également sensibiliser le public à la fragilité des océans. Derrière l’émerveillement esthétique, il y a une réflexion sur la préservation de ces écosystèmes essentiels à l’équilibre de notre planète. Les profondeurs marines sont à la fois un immense réservoir de vie, de mémoire et de mystère. Elles nous rappellent combien nous avons encore à découvrir et à protéger.

  

je souhaite également sensibiliser le public à la fragilité des océans. Derrière l’émerveillement esthétique, il y a une réflexion sur la préservation de ces écosystèmes essentiels à l’équilibre de notre planète.

 

THE ORIGIN OF THE WORLD

Pour The Origin of the World, la façade du Government House sera transformée avec des cellules tourbillonnantes et des organismes animés aux couleurs vives. Un univers constructiviste fait de pixels où la biologie rencontre la magie du numérique. Quel a été l’inspiration pour celle-ci ?

The Origin of the World/ L'origine du monde Miguel Chevalier Illuminate Adelaide

L’Origine du monde / The Origin of the World s’inscrit dans la continuité de mes recherches sur les mécanismes fondamentaux du vivant et sur les processus de génération des formes. Depuis de nombreuses années, je m’intéresse à la manière dont la nature invente, développe et transforme continuellement ses structures, depuis les organismes microscopiques jusqu’aux formes les plus complexes.

 

Depuis de nombreuses années, je m’intéresse à la manière dont la nature invente, développe et transforme continuellement ses structures, depuis les organismes microscopiques jusqu’aux formes les plus complexes.

 

Pour cette œuvre, je me suis inspiré des premières cellules, des phénomènes de division, de prolifération et de mutation qui sont à l’origine de toute vie sur Terre. Ces cellules et organismes imaginaires évoluent dans un univers constitué de pixels, comme si le langage biologique rencontrait le langage numérique. J’aime cette idée que le pixel, unité élémentaire de l’image numérique, puisse faire écho à la cellule, unité fondamentale du vivant.

 

J’aime cette idée que le pixel, unité élémentaire de l’image numérique, puisse faire écho à la cellule, unité fondamentale du vivant.

 

La particularité de cette installation est qu’elle a été conçue spécifiquement pour la façade du Government House. Par son échelle monumentale, la projection transforme complètement la perception de ce bâtiment à l’architecture classique. Les flux de cellules colorées, les organismes en mouvement et les tourbillons lumineux viennent littéralement habiller l’édifice et le métamorphose en une sorte de palais baroque de lumière en perpétuelle évolution.

 

La particularité de cette installation est qu’elle a été conçue spécifiquement pour la façade du Government House. Par son échelle monumentale, la projection transforme complètement la perception de ce bâtiment à l’architecture classique.

 

J’ai également souhaité que l’architecture participe activement à la composition visuelle. Les cellules et les organismes ne recouvrent pas simplement la façade : ils interagissent avec elle. Ils contournent les fenêtres, et les portes, se faufilent entre les éléments architecturaux et semblent coloniser progressivement le bâtiment. L’architecture devient alors une véritable matière vivante, un organisme en transformation.

 

Cette rencontre entre un patrimoine architectural historique et un univers numérique génératif crée un dialogue entre pierre et lumière, entre passé et innovation. L’œuvre donne ainsi l’impression que le bâtiment lui-même est animé par une énergie vitale invisible, comme si une nouvelle forme de vie numérique venait émerger à sa surface. C’est cette fusion entre le vivant, l’architecture et la technologie qui constitue le cœur de L’Origine du monde.

 

Cette rencontre entre un patrimoine architectural historique et un univers numérique génératif crée un dialogue entre pierre et lumière, entre passé et innovation. L’œuvre donne ainsi l’impression que le bâtiment lui-même est animé par une énergie vitale invisible, comme si une nouvelle forme de vie numérique venait émerger à sa surface.

 

Comment L’origine du monde a t-il changé depuis sa première exposition ? J’ai vu par exemple une version de L’origine du monde de 2012 en noir et blanc qui semble être a l’intérieur non à l’extérieur d’un bâtiment.

L’Origine du monde est une œuvre vivante qui n’a cessé d’évoluer depuis sa première présentation. Contrairement à une œuvre fixe, elle repose sur un système génératif qui me permet transformer et de s’adapter à chaque nouveau contexte d’exposition et en fonction de l’espace.

 

La version que vous avez vue en 2012 était effectivement présentée en intérieur et développait un univers principalement en noir et blanc. À cette époque, je travaillais déjà sur les notions de prolifération cellulaire, de croissance organique et d’émergence des formes, mais avec une écriture visuelle plus épurée. Depuis lors, l’œuvre s’est considérablement enrichie. De nouveaux « tableaux » ont été créés, avec des formes plus complexes, des comportements inédits et une palette chromatique beaucoup plus développée.

 

Depuis lors, l’œuvre s’est considérablement enrichie. De nouveaux « tableaux » ont été créés, avec des formes plus complexes, des comportements inédits et une palette chromatique beaucoup plus développée.

 

Chaque fois que L’Origine du monde est présentée, j’ajoute de nouvelles séquences visuelles spécialement conçues pour l’occasion. C’est un processus comparable à celui d’un compositeur qui enrichirait continuellement une partition musicale. L’œuvre accumule ainsi de nouvelles variations tout en conservant son identité profonde.

 

L’espace joue également un rôle essentiel dans cette évolution. La taille, les proportions et l’architecture du lieu influencent directement le comportement des cellules et des organismes numériques. Sur une façade monumentale comme celle du Government House, le nombre de cellules augmente considérablement, leurs trajectoires se modifient et leurs formes peuvent se déformer pour dialoguer avec l’échelle du bâtiment. Les fenêtres, les portes et les éléments architecturaux deviennent alors des contraintes créatives qui génèrent de nouvelles configurations visuelles.

 

L’espace joue également un rôle essentiel dans cette évolution. La taille, les proportions et l’architecture du lieu influencent directement le comportement des cellules et des organismes numériques.

 

Chaque installation est donc unique. Pourtant, malgré ces transformations permanentes, toutes les versions partagent une même grammaire visuelle et conceptuelle. On y retrouve les mêmes principes de croissance, de mutation, de prolifération et d’auto-organisation. C’est un peu comme dans la nature : chaque feuille d’un arbre est différente, mais toutes appartiennent à la même espèce.

 

C’est un peu comme dans la nature : chaque feuille d’un arbre est différente, mais toutes appartiennent à la même espèce.

 

Cette capacité à évoluer tout en préservant une continuité est au cœur de ma démarche artistique. Elle reflète ma fascination pour les processus du vivant, qui se transforment sans cesse tout en maintenant une filiation et une cohérence profondes. L’Origine du monde n’est donc pas une œuvre achevée ; c’est un organisme numérique en perpétuel devenir.

 

Cette capacité à évoluer tout en préservant une continuité est au cœur de ma démarche artistique. Elle reflète ma fascination pour les processus du vivant, qui se transforment sans cesse tout en maintenant une filiation et une cohérence profondes.

 

PIXEL WAVES

Dans Pixel Waves, les participants marchent, déambulent et observent des motifs lumineux onduler sous leurs pieds tandis que les pixels se dispersent, que les symboles dansent et que des vagues de couleurs réagissent à chacun de leurs mouvements, transformant le sol en un spectacle lumineux génératif et interactif qu’ils contrôlent eux-mêmes. À quel point est-il plus difficile de créer des œuvres interactives comme celle-ci ?

Pixel Waves Miguel Chevalier Illuminate Adelaide 2026

Créer une œuvre interactive comme Pixel Waves demande d’imaginer non seulement les images, mais aussi les comportements de l’œuvre et la manière dont le public va les transformer en temps réel.

 

Dans Pixel Waves, différents tableaux graphiques multicolores se succèdent. Chacun est construit à partir d’un vocabulaire visuel et symbolique inspiré de l’univers numérique : pixels, symboles ON/OFF, clés USB, signes Bluetooth, chiffres 0 et 1 qui évoquent le code binaire, mais aussi lettres, ponctuations et symboles mathématiques tels que +, x ou -. Tous ces éléments sont organisés sous forme de trames et de motifs qui se déploient comme de vastes tapis de lumière.

 

Lorsque personne n’intervient, ces trames possèdent leur propre équilibre et leur propre dynamique. Mais dès que les visiteurs entrent dans l’œuvre, tout change. En marchant, en s’arrêtant ou en traversant l’espace, ils déconstruisent ces structures visuelles. Les motifs se fragmentent, se déforment, se dispersent et se recomposent à l’infini, générant des configurations toujours nouvelles.

 

L’interactivité repose sur un système de capteurs de présence qui analyse les déplacements du public en temps réel. Les mouvements des visiteurs amplifient les déformations des pixels et des symboles, transformant chaque personne en véritable acteur de l’œuvre. Ainsi, aucune expérience n’est identique à une autre : l’installation est continuellement réinventée par ceux qui la parcourent.

 

Les mouvements des visiteurs amplifient les déformations des pixels et des symboles, transformant chaque personne en véritable acteur de l’œuvre. Ainsi, aucune expérience n’est identique à une autre : l’installation est continuellement réinventée par ceux qui la parcourent.

 

Ce qui me passionne dans ce type de création, c’est précisément cette dimension vivante et participative. L’œuvre n’est plus une installation figée ; elle devient un organisme numérique qui réagit à son environnement humain. Les visiteurs ne regardent plus simplement l’œuvre, ils la déconstruisent collectivement.

 

Ce qui me passionne dans ce type de création, c’est précisément cette dimension vivante et participative. L’œuvre n’est plus une installation figée ; elle devient un organisme numérique qui réagit à son environnement humain.

 

Pixel Waves renoue également avec une longue histoire de l’art. Cette installation fait écho aux recherches des artistes de l’Art cinétique et de l’Op Art, comme Robert Owen, Stan Ostoja-Kotkowski, Victor Vasarely, Jesús Rafael Soto ou Julio Le Parc, qui ont exploré les phénomènes de mouvement, de vibration visuelle par superposition de trame, et avec les illusions optiques. Leurs expérimentations ont, d’une certaine manière, préfiguré l’esthétique de la trame numérique et du pixel.

 

J’aime aussi l’idée que cette œuvre réinterprète la tradition du trompe-l’œil. Les visiteurs ont parfois l’impression que le sol ondule sous leurs pieds, qu’il se déforme ou qu’il danse. Cette perturbation de la perception crée une expérience à la fois ludique et immersive, où le réel et le virtuel semblent se mélanger.

 

J’aime aussi l’idée que cette œuvre réinterprète la tradition du trompe-l’œil.

 

Le défi principal consiste donc à trouver le juste équilibre entre ordre et chaos, entre programmation et liberté. L’œuvre doit conserver une cohérence esthétique tout en laissant suffisamment d’ouverture pour que chaque interaction produise des situations imprévisibles et surprenantes. C’est précisément cette tension entre contrôle et hasard qui rend les œuvres interactives si passionnantes à concevoir et à visualiser.

 

Le défi principal consiste donc à trouver le juste équilibre entre ordre et chaos, entre programmation et liberté. L’œuvre doit conserver une cohérence esthétique tout en laissant suffisamment d’ouverture pour que chaque interaction produise des situations imprévisibles et surprenantes.

 

Combien de personnes travaillent à vos côtés pour donner vie à ces œuvres ? Quels sont leurs rôles respectifs ?

Derrière mes œuvres, j’ai une équipe restreinte mais extrêmement spécialisée. Au quotidien, je travaille avec deux personnes à plein temps : Nicolas Gaudelet, qui dirige toute la partie technique de mes installations, et Emilie Lesne, qui m’accompagne dans la logistique, la coordination des projets et la communication. Depuis de nombreuses années, je collabore également avec quatre informaticiens avec lesquels s’est développée une véritable complicité artistique et intellectuelle : Cyrille Henry, Claude Micheli, Antoine Villeret et dernièrement Ludovic Mallégol. Ensemble, nous imaginons et développons des logiciels sur mesure qui sont au cœur de mes créations. Une fois ces logiciels conçus et améliorés au fur et à mesure, ils me permettent de composer une infinité de variations visuelles, de couleurs, de formes et d’interactions. Cependant, créer un tel outil est un processus long et complexe. Il faut généralement entre deux et trois ans pour concevoir, programmer, tester et finaliser un logiciel avant qu’il puisse devenir la base d’une œuvre générative et interactive capable de s’adapter à des espaces d’exposition très différents.

 

Cependant, créer un tel outil est un processus long et complexe. Il faut généralement entre deux et trois ans pour concevoir, programmer, tester et finaliser un logiciel avant qu’il puisse devenir la base d’une œuvre générative et interactive capable de s’adapter à des espaces d’exposition très différents.

 

Selon l’ampleur des projets, notamment pour les grandes installations dans l’espace public ou les créations intégrées à l’architecture, l’équipe peut s’élargir considérablement. Je fais alors appel à des entreprises et à des spécialistes de très haut niveau dans des domaines variés : ingénierie, fabrication, impression 2D et 3D, scénographie. Pour certaines réalisations monumentales, jusqu’à 15 ou 20 personnes peuvent ainsi collaborer à un même projet. Je travaille notamment avec des manufactures reconnues comme la société Dacryl et d’autres partenaires spécialisés qui permettent de transformer des concepts numériques en œuvres physiques à grande échelle.

 

L’art numérique est souvent perçu comme une pratique solitaire face à l’ordinateur, mais il s’agit en réalité dans mon cas d’un travail d’équipe. Mon rôle consiste à imaginer les univers, à définir les concepts, les formes, les couleurs et les comportements des œuvres. Ensuite, grâce au dialogue permanent avec ces différents collaborateurs, je parviens à donner vie à des créations qui associent art, science, design et innovation technologique. C’est cette intelligence collective qui rend possible la réalisation de projets toujours plus ambitieux.

 

L’art numérique est souvent perçu comme une pratique solitaire face à l’ordinateur, mais il s’agit en réalité dans mon cas d’un travail d’équipe. Mon rôle consiste à imaginer les univers, à définir les concepts, les formes, les couleurs et les comportements des œuvres. Ensuite, grâce au dialogue permanent avec ces différents collaborateurs, je parviens à donner vie à des créations qui associent art, science, design et innovation technologique. C’est cette intelligence collective qui rend possible la réalisation de projets toujours plus ambitieux.

 

Avez-vous remarqué des différences dans la façon dont le public réagit à vos œuvres ou interagit avec elles à travers le monde ?

Oui, incontestablement. Lorsque j’ai commencé à créer des œuvres interactives dés les années 1992 et puis davantage à partir de 2000, le public n’était pas encore familiarisé avec l’idée qu’une œuvre puisse réagir à leur présence ou à leurs mouvements. Beaucoup de visiteurs restaient passifs, à distance, observaient, puis découvraient progressivement qu’ils pouvaient influencer l’œuvre.

 

Aujourd’hui, la situation est très différente. L’usage quotidien des smartphones, des tablettes, des écrans tactiles et des interfaces numériques a profondément transformé notre rapport à l’interactivité. Le public est devenu beaucoup plus intuitif et spontané. Les visiteurs comprennent immédiatement qu’ils peuvent agir sur l’œuvre, la modifier, la faire évoluer. Ils n’hésitent plus à expérimenter, à jouer, à tester les limites du système.

 

Ce qui me frappe également, c’est que cette curiosité est devenue largement universelle. Que ce soit en Europe, en Australie, en Asie, au Moyen-Orient ou en Amérique du nord ou latine , je retrouve ce même engouement pour les œuvres interactives. Bien sûr, les sensibilités culturelles varient : certains publics privilégient une approche plus douce, tandis que d’autres sont plus démonstratifs et participatifs. Mais partout, je constate un désir croissant de vivre avec les nouvelles générations une expérience plutôt que de simplement regarder une œuvre.

 

Ce qui me frappe également, c’est que cette curiosité est devenue largement universelle. Que ce soit en Europe, en Australie, en Asie, au Moyen-Orient ou en Amérique du nord ou latine , je retrouve ce même engouement pour les œuvres interactives. Bien sûr, les sensibilités culturelles varient : certains publics privilégient une approche plus douce, tandis que d’autres sont plus démonstratifs et participatifs. Mais partout, je constate un désir croissant de vivre avec les nouvelles générations une expérience plutôt que de simplement regarder une œuvre.

 

Par ailleurs, les réseaux sociaux ont également modifié le comportement des visiteurs. Mes œuvres deviennent alors un espace d’expérience collective où chacun peut laisser des fragments de traces et de mémoire de leurs passages en photographiant ou en filmant leur interaction avec l’œuvre pour la partager avec leurs amis. Cela crée une nouvelle forme de diffusion et d’appropriation de mes créations qui est chaque fois unique.

 

Pourquoi devrait-on aller voir vos œuvres à Illuminate Adelaide ?

Je pense que l’une des raisons principales d’aller découvrir mes œuvres à Illuminate Adelaide est de vivre une expérience sensible, immersive et émotionnelle. Mon ambition n’est pas seulement de montrer des images et des formes numériques, mais de créer des univers vivants dans lesquels les visiteurs peuvent entrer, se déplacer, rêver et interagir.

 

Je pense que l’une des raisons principales d’aller découvrir mes œuvres à Illuminate Adelaide est de vivre une expérience sensible, immersive et émotionnelle. Mon ambition n’est pas seulement de montrer des images et des formes numériques, mais de créer des univers vivants dans lesquels les visiteurs peuvent entrer, se déplacer, rêver et interagir.

 

Les œuvres que je présente transforment l’espace grâce à la lumière, à la couleur, au mouvement et à l’interactivité.

 

J’aime voir les réactions du public : les sourires des enfants, la curiosité des adultes, les échanges entre générations. Mes créations cherchent à susciter des émotions positives, de la surprise, de la poésie, parfois même une forme de méditation face à ces mondes virtuels en transformation constante. Elles offrent un moment de suspension dans notre quotidien, une invitation à regarder autrement le monde qui nous entoure.

 

J’aime voir les réactions du public : les sourires des enfants, la curiosité des adultes, les échanges entre générations. Mes créations cherchent à susciter des émotions positives, de la surprise, de la poésie, parfois même une forme de méditation face à ces mondes virtuels en transformation constante.

 

Illuminate Adelaide est un contexte particulièrement adapté à cette démarche, car la lumière y devient un langage universel capable de rassembler des publics très différents. Dans une époque marquée par les tensions, les guerres et l’accélération permanente, je crois qu’il est important de proposer des expériences artistiques qui procurent du plaisir, de la joie et stimulent l’imagination et favorisent le partage collectif.

 

J’espère que les visiteurs repartiront non seulement avec de belles images en mémoire, mais aussi avec une émotion, un souvenir et peut-être une réflexion sur la manière dont les technologies numériques peuvent être mises au service de la poésie, de la créativité et du rêve.

 

J’espère que les visiteurs repartiront non seulement avec de belles images en mémoire, mais aussi avec une émotion, un souvenir et peut-être une réflexion sur la manière dont les technologies numériques peuvent être mises au service de la poésie, de la créativité et du rêve.

 

Qu’espérez-vous que les gens ressentent et retiennent de vos œuvres ou de vos expériences ?

J’espère que chacun pourra vivre une expérience personnelle. Certains seront touchés par la dimension poétique des œuvres, d’autres par leur caractère ludique, immersif ou technologique. Cette participation génère souvent de la surprise, de la joie et parfois même une forme de contemplation.

 

Au-delà de l’émotion immédiate, j’espère également que mes créations amènent le public à réfléchir à notre relation au vivant, à la nature, ou encore aux technologies numériques qui occupent une place croissante dans nos vies. Mon travail se situe souvent à la rencontre de ces différents univers : il interroge la manière dont le réel et le virtuel, le naturel et l’artificiel, peuvent dialoguer et s’enrichir mutuellement.

 

Au-delà de l’émotion immédiate, j’espère également que mes créations amènent le public à réfléchir à notre relation au vivant, à la nature, ou encore aux technologies numériques qui occupent une place croissante dans nos vies.

 

Si les visiteurs repartent avec le souvenir d’un moment de beauté, d’évasion et de partage, mais aussi avec un regard renouvelé sur le monde qui les entoure et sur les transformations de notre époque, alors j’ai le sentiment que l’œuvre a pleinement atteint son objectif. L’art a cette capacité unique de provoquer des émotions tout en ouvrant de nouvelles perspectives sur le présent et sur l’avenir.

 

Si les visiteurs repartent avec le souvenir d’un moment de beauté, d’évasion et de partage, mais aussi avec un regard renouvelé sur le monde qui les entoure et sur les transformations de notre époque, alors j’ai le sentiment que l’œuvre a pleinement atteint son objectif.

 

D’autres choses à ajouter ?

Oui, peut-être une chose qui me tient particulièrement à cœur : nous vivons aujourd’hui une période de profondes transformations technologiques, écologiques et sociétales. Face à ces mutations, je crois que les artistes ont un rôle important à jouer. Ils peuvent nous aider à imaginer de nouveaux récits, à porter un regard différent sur le monde et à explorer les possibilités offertes par les technologies de manière sensible et poétique.

 

une chose qui me tient particulièrement à cœur : nous vivons aujourd’hui une période de profondes transformations technologiques, écologiques et sociétales. Face à ces mutations, je crois que les artistes ont un rôle important à jouer. Ils peuvent nous aider à imaginer de nouveaux récits, à porter un regard différent sur le monde et à explorer les possibilités offertes par les technologies de manière sensible et poétique.

 

Depuis plus de quarante ans, ce qui me passionne, ce n’est pas la technologie pour elle-même, mais sa capacité à devenir un outil de création de création à part entière dans le monde de l’art, d’émerveillement et de réflexion. Les algorithmes, l’intelligence artificielle, les mondes virtuels sont pour moi de nouveaux matériaux artistiques, au même titre que la peinture, la photographie ou la vidéo l’ont été pour les générations précédentes.

 

De plus, je suis toujours très heureux de voir des publics de tous âges petits et grands s’approprier mes créations, jouer avec elles, s’émerveiller et partager ensemble ces expériences.

 

Enfin, je souhaite que l’art reste un espace de liberté, d’imagination et d’espoir. Dans un monde souvent dominé par l’immédiateté et les préoccupations du quotidien, il nous offre la possibilité de rêver, de nous questionner et d’envisager d’autres futurs possibles. C’est cette invitation au voyage, à la découverte et à la poésie que j’essaie de transmettre à travers chacune de mes créations.

 

je souhaite que l’art reste un espace de liberté, d’imagination et d’espoir. Dans un monde souvent dominé par l’immédiateté et les préoccupations du quotidien, il nous offre la possibilité de rêver, de nous questionner et d’envisager d’autres futurs possibles. C’est cette invitation au voyage, à la découverte et à la poésie que j’essaie de transmettre à travers chacune de mes créations.

Nous remercions Miguel Chevalier pour cette interview et nous avons hâte de participer à Digital Abyss, L’origine du monde et Pixel Waves au festival Illuminate Adelaide.

 

INFOS CLÉS POUR DIGITAL ABYSS

QUOI : Digital Abyss,

QUAND : mardi 30 juin – dimanche 19 juillet

Séances tous les 30 minutes.

Horaires d’ouverture:

  • lundi-jeudi 10h-20h
  • vendredi-samedi 10h-20h30
  • dimanche 10h-20h

OÙ : ILA, Immersive Light and Art, 63 Light Square, ADELAIDE

COMMENT : Achetez vos billets par ce lien

COMBIEN : Les prix de billets sont les suivants :

  • Entrée générale 25 $
  • Groupe de 4+ 22 $ par personne
  • Sous l’âge de 4 ans: GRATUIT
  • Soirée Supersaver – mardi 7 juillet 15 $

 

INFOS CLÉS POUR PIXEL WAVES & THE ORIGIN OF THE WORLD (L’ORIGINE DU MONDE)

QUOI : Pixel Waves & The Origin of the World (L’origine du monde) font parties du programme gratuit City Lights

QUAND : du 3 au 19 juillet, à partir de 17h30

OÙ :

  • Pixel Waves se trouve au Government House, North Terrace, ADELAIDE
  • The Origin of the World à l’intérieur de Bonython Hall, Adelaide University

COMMENT : Il suffit d’y aller

COMBIEN : GRATUIT

 

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Matilda Marseillaise

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