Dans cet entretien fleuve avec le PDG de l’Alliance Française French Film Festival 2026 (AF FFF 2026), Frédéric Alliod, nous abordons la manière dont il construit la programmation 2026 en étroite collaboration avec les distributeurs, en s’appuyant à la fois sur les données et sur le dialogue avec le public pour saisir l’évolution du goût des Australiens pour le cinéma français. Il revient sur l’équilibre recherché entre l’image « carte postale » de la France et des œuvres plus exigeantes qui interrogent les enjeux de société contemporains, met en avant quelques films appelés à surprendre les spectateurs et à nourrir le débat, et explique pourquoi il a choisi cette année une sélection légèrement plus resserrée, misant avant tout sur la qualité, tout en inscrivant l’AF FFF dans le paysage foisonnant des festivals en Australie.

Frédéric, cette année, c’est votre deuxième en tant que celui qui choisit les films, mais troisième en tant que PDG. Qu’est-ce que vous avez appris dans le rôle en choisissant les films après le festival de l’année dernière? Qu’est-ce que vous avez appris jusqu’à là sur le rôle, sur les intérêts du public australien pour le cinéma français?
Donc c’est vrai que mon rôle c’est beaucoup un rôle de gouvernance. C’est vrai qu’on m’interroge beaucoup sur la partie programmation, qui est un travail de longue haleine, puisque c’est un travail de coopération avec les distributeurs australiens et de Nouvelle-Zélande. Donc c’est quelque chose qui se fait sur la durée. Ça me prend beaucoup de temps, mais mon rôle, c’est un rôle de gestion, de gouvernance, d’animation d’un réseau d’Alliances Françaises, etcetera. au quotidien. Il n’est pas aussi glamour que ce qu’on peut imaginer. Il est très administratif, gestion, comptabilité, etcetera.
Mais effectivement, sur la partie programmation, c’est vrai qu’on regarde les résultats. Alors d’une part, quand je choisis les films, c’est vraiment un dialogue avec des distributeurs comme ils sont Australiens qui connaissent leur marché, donc ils connaissent le festival. Donc c’est une conversation entre eux de ce qu’ils connaissent du marché et ils connaissent le festival.
Ensuite, moi c’est vrai que je m’appuie sur des données analytiques parce que c’est vrai qu’on est un festival, donc on a une audience qui est quand même significative, mais on a des données démographiques qui sont assez précises, qu’on collecte de différentes manières via notre site internet, le Google Analytics, de notre concours, Palace Cinéma, etcetera.
Donc on a une idée assez précise des gens qui nous suivent déjà. Notre public, il est australien à 77 % et puis aussi il est 73 % féminin. On sait que ce sont des gens qui sont ce qu’on appelle en France CSP+, c’est-à-dire éduqués, qui travaillent, qui sont actifs, qui ont des revenus assez significatifs. Ils aiment le lifestyle d’une manière générale, la gastronomie, le voyage, etcetera. Donc ça nous permet d’avoir une sorte de photographie de notre public. Ce n’est pas que ça, mais forcément ça a une influence.
Donc on a une idée assez précise des gens qui nous suivent déjà. Notre public, il est australien à 77 % et puis aussi il est 73 % féminin. On sait que ce sont des gens qui sont ce qu’on appelle en France CSP+, c’est-à-dire éduqués, qui travaillent, qui sont actifs, qui ont des revenus assez significatifs. Ils aiment le lifestyle d’une manière générale, la gastronomie, le voyage, etcetera
Ensuite, il y a le ressenti qu’on peut avoir en parlant avec notre public australien qui effectivement est assez francophile, qui aime, à travers notre festival, le cinéma en lui- même, mais aussi une certaine image de la France et l’expérience sociale. Ce petit morceau de France où effectivement on va voir un film avec ses amis en prenant un verre de vin, parfois en prenant des dégustations. C’est un peu une petite expérience de France. Donc c’est ce package-là qui séduit. Ce qui veut dire que ça a un impact direct sur le choix des films, effectivement.
Donc forcément, oui, il faut admettre que ce qu’on aime de la France, souvent, c’est une image de carte postale. On pourrait dire les clichés. ce que je comprends parce que moi-même j’y suis sujet.
Vous croyiez peut-être avant de venir en Australie qu’on soit tous bronzés et qu’on fait tous du surf.
Oui voilà exactement. Et c’est en venant et en découvrant l’Australie, on s’aperçoit qu’il y a autre chose à découvrir. Et là, c’est le même principe, c’est qu’effectivement on fait probablement venir les gens sur l’image qu’ils en attendent mais au moins ils viennent.
Et tant qu’ils sont là, et ça fait partie de la programmation qui reflète ça, et aussi tout ce qu’on fait pour accompagner les films, Q&A etcetera. de dire maintenant que vous êtes là, c’est très bien, on est content de vous avoir, mais pourquoi ne pas essayer autre chose? La France, oui, c’est ça mais c’est aussi autre chose. Et ces films reflètent des sujets de société, une certaine image de la France dans sa diversité, des populations, de sa mixité, des diversités, des identités, etcetera. Venez découvrir ça aussi. Au-delà des clichés, vous aurez ce que vous attendez mais si vraiment vous voulez vraiment découvrir la France telle qu’elle est, il y a des films qui permettent de refléter ça et c’est ce qu’on propose.
maintenant que vous êtes là, c’est très bien, on est content de vous avoir, mais pourquoi ne pas essayer autre chose? La France, oui, c’est ça mais c’est aussi autre chose.
Donc pour répondre à votre question, on fait venir les gens avec des éléments qui ont un attrait marketing, très clairement, parce que les gens viennent pour certaines raisons et c’est totalement normal. Mais on les fait rester avec la diversité, avec des choses différentes qui leur disent tiens, s’ils sont séduits, alors on a un public de fidèles qui savent à quoi s’attendre. Mais si on veut trouver ce festival qu’il continue de grandir parce qu’on a +6 % d’augmentation par rapport à dans un marché qui est à -15 %, on les fait venir sur des choses attendues, mais on les fait rester pour des choses qui restent à découvrir, en espérant qu’ils soient séduits ou qu’ils soient surpris.
on a +6 % d’augmentation par rapport à dans un marché qui est à -15 %, on les fait venir sur des choses attendues, mais on les fait rester pour des choses qui restent à découvrir, en espérant qu’ils soient séduits ou qu’ils soient surpris.
Alors évidemment, la France d’aujourd’hui, elle n’est pas toujours aussi attractive, elle n’est pas aussi simplifiée. Non, on ne vit pas dans le monde d’Emily in Paris, j’aimerais bien, mais elle est plus complexe et nos films reflètent ça. Et le grand genre du cinéma français, c’est la comédie dramatique parce que dans la vie, on rit, on pleure. Et puis souvent, les choses ne sont pas blanches ou noires, elles sont grises.
le grand genre du cinéma français, c’est la comédie dramatique parce que dans la vie, on rit, on pleure. Et puis souvent, les choses ne sont pas blanches ou noires, elles sont grises.
Souvent le film finit et on ne sait pas en fait ce qui est la suite?
Et c’est exactement ça. Vous avez totalement raison. C’est ce que j’allais dire. Ça peut déconcerter, ça peut frustrer parfois notre public puisque ce sont des fins ouvertes et ce ne sont pas des happy endings. Le public australien, je m’aperçois qu’il a besoin de closure, là où on laisse des fins ouvertes qui peuvent être frustrantes parce qu’il faut projeter.
Il faut imaginer un petit peu ce qui pourrait être la fin.
Exactement. Et le film, c’est aussi une manière pour lui de rester avec nous et pour qu’il nous challenge un petit peu, voilà, effectivement. Donc c’est un équilibre qu’on essaie de trouver, mais c’est vrai qu’il y a un public qui veut ça aussi.
C’est pour ça que je dis toujours la programmation démarre à Cannes. Le festival se termine fin avril. Cannes, c’est tout de suite en mai, donc je vais tout de suite à Cannes. Il y a une grande délégation de distributeurs australiens, donc on va voir les films ensemble, on se donne des recommandations.
Et on s’aperçoit que le cachet Cannes, même avec des films potentiellement plus difficiles, il fonctionne avec un public encore une fois assez sophistiqué, qui a envie de voir ici en Australie, ce que les plus grands festivals du monde sélectionnent. Donc je vois là, puisque on a déjà commencé des films qui étaient à Cannes, très clairement, qui ne sont pas forcément les plus faciles d’accès.
on s’aperçoit que le cachet Cannes, même avec des films potentiellement plus difficiles, il fonctionne avec un public encore une fois assez sophistiqué, qui a envie de voir ici en Australie, ce que les plus grands festivals du monde sélectionnent.
Mais, il y a un public très clairement, qui espère, via notre intermédiaire, découvrir encore une fois l’accès à la culture, à la culture internationale, à la culture la plus sophistiquée parfois. Ils veulent avoir accès à ça via notre intermédiaire et qu’effectivement le cachet circuit international, très clairement, ça a un attrait pour notre public qui est éduqué, sophistiqué et qui veut ça aussi
Donc, vous avez dit qu’il y aura les films qui vont susciter des discussions. Quels films croyez-vous de cette programmation vont faire ça?
Certains films par exemple sont adaptés de livres.
Comme L’étranger.
Comme L’étranger, c’est un roman qui a une application philosophique. C’est un film qui vient d’un livre qu’on étudie en philosophie sur l’existentialisme. Donc je pense que pour ceux qui n’ont pas lu le livre, le film a la même capacité. C’est une vraie expérience cinématographique.
Pour moi, le film est réussi parce qu’il vaut en soi, c’est à dire qu’il propose une vraie expérience cinématographique. Le film fonctionne très bien en tant que lui-même, mais il va susciter les mêmes interrogations, des motivations de comprendre le personnage principal, qui est difficile à comprendre. Donc ça peut permettre un débat d’idées sur qu’est-ce qui pousse les personnages à agir comme il est. Donc c’est une vraie interrogation intellectuelle. Je pense que ça va être un challenge intellectuellement et que ça va interroger.
Le film fonctionne très bien en tant que lui-même, mais il va susciter les mêmes interrogations, des motivations de comprendre le personnage principal, qui est difficile à comprendre. Donc ça peut permettre un débat d’idées sur qu’est-ce qui pousse les personnages à agir comme il est.
D’autres films qui vont être un peu plus sur des sujets de société.
Alpha peut être.
Ah oui, alors Alpha, pareil, film à Cannes. Alors là pour le coup, c’est un film métaphorique. C’est une métaphore sur les années SIDA. Et effectivement, il y a deux choses en fait. Il y a donc effectivement, il y a cette maladie qui est une maladie du sang et les gens se transforment en marbre. Donc c’est très clairement une référence au SIDA. Et puis il y a ce parcours d’une personne qui est junky, qui est addict et qui est vu comme une maladie. Donc c’est vrai là, pour le coup, le cinéma français est souvent bien intégré dans la réalité, dans la société. Là, pour le coup, c’est un film très métaphorique, qui peut être difficile à suivre. Mais effectivement, mais qui va interroger, qui va permettre de spéculer – je pense que chacun aura son interprétation – mais qui suscitera le débat. Ce n’est pas forcément un film pour tout le monde. Moi j’adore.
c’est un film très métaphorique, qui peut être difficile à suivre. Mais effectivement, mais qui va interroger, qui va permettre de spéculer – je pense que chacun aura son interprétation – mais qui suscitera le débat.
Cette réalisatrice, elle avait déjà choqué avec son autre film Titane.
Avec Titane, elle a eu la Palme d’or effectivement.
D’autres films qui sont, je trouve, assez sensibles, qui permet en tout cas d’interroger les choix de vie. Un film par exemple, pareil qui était à Cannes, décidément mais Leave One Day/Partir un jour. Pareil, comédie dramatique avec un élément de comédie musicale, même s’il y a des éléments chantés, donc potentiellement accessible et en même temps le parcours du personnage principal c’est qui questionne ses choix de vie, qui en sens de ne pas spoiler le film mais qui s’interroge et est fait avec finesse, sensibilité.
Donc il y a plein de sujets et plein d’éléments qui peuvent, je crois, interroger sur soi, sur les choix de vie, sur le ressenti et c’est fait de manière sensible, nuancée. Je pense qu’un public féminin peut retrouver dans les errements de cette fille-là, elles peuvent se retrouver chez eux. Et puis chez un public plus masculin, certains peuvent s’y retrouver et d’autres permettront une compréhension du ressenti de certaines femmes qui sont dans ces situations parce que comme c’est fait avec nuance, ça permet l’empathie même si c’est quelque chose que nous, physiquement, on ne peut pas ressentir. Au moins on peut peut-être avoir un vrai début de discussion sur ce sujet. Qu’on soit d’accord, pas d’accord, mais au moins l’idée c’est de se comprendre. Et donc voilà, c’est ce genre de film peut permettre de susciter le débat.
Je pense qu’un public féminin peut retrouver dans les errements de cette fille-là, elles peuvent se retrouver chez eux. Et puis chez un public plus masculin, certains peuvent s’y retrouver et d’autres permettront une compréhension du ressenti de certaines femmes qui sont dans ces situations
Donc pour ceux qui peut-être veulent essayer quelque chose qui leur surprendra, est-ce que c’est les mêmes films que ceux qui susciteront des discussions?
Alors les films qui vont surprendre, oui, on a parlé d’Alpha. Encore une fois, c’est un film qui permet pour un public très particulier. Mais bon, pour ceux qui veulent vraiment être surpris, oui, Alpha est très clairement déconcertant.
Donc, il y a des films basés sur des faits réels qui ont interrogé.
13 jours,13 nuits par exemple.
Effectivement, ça, c’est intéressant parce que c’est une production un peu à l’ Hollywoodienne. C’est Martin Bourboulon qui a le fait Les Mousquetaires l’année dernière. Donc là, effectivement, c’est assez enlevé et c’est sur des faits réels. Donc on a pas mal de films qui sont inspirés de faits réels, par exemple. Ça c’est assez poignant comme film, effectivement, et ça c’est une belle production.
Et pour un public qui a peut-être peur d’essayer le cinéma français, je pense qu’il est très accessible parce qu’on est sur des critères hollywoodiens et en même temps ça raconte une histoire telle qu’elle est et voilà. Enfin, c’est peut-être la découverte des faits qui va peut-être être surprenante, même si le film est on va dire de facture hollywoodienne. Toutes proportions gardées.
Avec Elyas de l’année dernière avec Roschdy Zem, j’ai trouvé que c’était comme si la France voulait faire un film hollywoodien. Tout était tellement exagéré et j’ai trouvé vraiment un film d’action mais j’ai pas l’habitude de voir ça de la France.
Oui, effectivement. Alors oui, là on a un film de science-fiction cette année aussi, Chien 51
Mon copain est très content.
Oui, mais voilà, parce qu’il faut aussi ce public. Donc ce n’est pas des choses qu’on attend d’un cinéma français. Et puis celui-là, pour le coup, c’est un gros budget, ça a bien marché en France. Gros casting pour ceux qui connaissent le cinéma français. Donc effectivement, c’est un film pour le coup assez efficace dans le genre science-fiction, qui s’assume pleinement comme un film de science-fiction.
Un autre film inspiré de faits réels La femme la plus riche du monde avec Isabelle Huppert, qui est intéressant. Ils ont changé les noms, ils ont changé la société, donc c’est L’Oréal, mais ils ont changé puisque ce n’est pas le sujet. Alors ce qui est étonnant, c’est qu’effectivement, quand on va regarder le film, on voit qu’en gros il y a des parasites, des pique-assiettes comme on dit en français, qui en l’occurrence, dans la vraie histoire, donc, c’est Liliane Bettencourt et quelqu’un qui est un photographe qui s’appelle François-Marie Banier, qui lui a piqué pratiquement l’équivalent de 1 milliard d’euros.
En faisant semblant d’être amis.
Exactement. Mais ce qu’on voit dans le film, en fait, on va penser c’est tiré par les genoux. Non, c’est vrai, il y a un documentaire sur Netflix où vous pouvez faire du fact- checking. C’est une série documentaire et la vraie réalité, c’est encore pire. Mais c’est là où le film est intéressant parce que, et tout le talent d’Isabelle Huppert, c’est qu’effectivement, on pourrait vite être déconnecté de cette histoire en disant elle est très riche, en gros elle mérite ce qu’elle mérite, etc. Non, ce qu’on voit, c’est le portrait d’une femme qui s’ennuie dans la vie, qui a perdu le sens de la vie, qui n’a plus de bulles dans son champagne.
Et puis bon, c’est l’histoire d’une femme qui se remet à vivre et qui comprend en fait qu’elle n’est pas si tu que ça, mais qui accepte certaines choses parce qu’elle veut retrouver du sens à la vie. Et ça, je pense que c’est pour le coup, c’est assez universel. Donc je pense que ça va être intéressant pour un public australien parce que du coup, ça va être quand même assez universel.
Le film Classe Moyenne/The Party’s Over par exemple, pareil. C’est une comédie, mais c’est une comédie satirique, une comédie sociale. Le postulat est assez bien fait. Le début commence sur des choses qui existent en France, sur des rapports entre les employeurs, les employés, etc. Et puis ça va pousser le curseur jusqu’à l’absurde. Mais pareil, ça interroge. C’est à dire que ce n’est pas une comédie juste pour une comédie.
C’est ce qu’on appelle en France une comédie poil-à-gratter. C’est qu’en même temps ça dérange. Mais pareil, le film restera avec vous parce que ça vous aura quand même titillé et ça dit des choses et ça vous fait quand même réfléchir. Pareil, donc les gens s’attendent peut-être à une comédie. Ce n’est pas une comédie purement gratuite, non, mais qui va vraiment interroger.
C’est ce qu’on appelle en France une comédie poil-à-gratter. C’est qu’en même temps ça dérange. Mais pareil, le film restera avec vous parce que ça vous aura quand même titillé et ça dit des choses et ça vous fait quand même réfléchir.
C’est ça que j’essaye de faire, c’est que ça interroge même un autre film qui sera notre Ladies’ Night cette année: Cycle of Time /C’était mieux demain. C’est une comédie alors pour le coup très très grand public. C’est une comédie franchement mainstream. C’est le rire parfois un peu facile, mais en même temps, ça vous rappelle parce qu’on a des temps où il y a un certain retour conservateur même en France, c’était mieux hier. D’où le titre C’était mieux demain. On se rend compte, oui, les années 50 c’était mieux. Dans les années 50 c’était plus facile.
Pour les hommes !
Oui, c’est ça. Et donc c’est pareil, c’est une histoire en boucle. Donc c’est une grosse comédie avec des grosses ficelles mais en même temps ça dit des choses et c’est ça qui pour moi est important aussi. C’est que ça permet d’interroger à un certain niveau, mais au moins il y a quelque chose à retenir. La réflexion est plus ou moins poussée, mais en tous cas ça existe des éléments qui font réfléchir.
Et vous avez choisi aussi deux films avec les actrices américaines : Vie privée et Coutures. Est-ce que c’est parce que vous croyez que ça apportera un public différent qui ne vient pas normalement au festival ? Ou est-ce que c’est juste parce que c’est des films que vous avez appréciés ?
Alors c’est un peu les deux si je suis honnête. Effectivement, est-ce que Jodie Foster et Angelina Jolie ça a un pouvoir d’attractivité potentiel? Oui, Donc je ne l’ignore pas, mais en l’occurrence, Vie privée c’est très bon. C’est juste un bon film. Donc pour moi, ne pas avoir vu ce film-là, qui est un beau film avec Jodie Foster qui joue mais sans accent.
Oui, j’ai vu les interviews avec elle, c’est impressionnant !
Elle a étudié à l’école française, etcetera. Donc elle parle comme une française. Donc le film est très bon. Et Jodie Foster, c’est la meilleure Ambassadrice possible de la francophonie pour un festival qui est organisé par les Alliances Françaises. Donc je veux dire, pour moi, ce n’est même pas un sujet de réflexion évidemment qu’il le fallait. Donc j’imagine, ça va plaire. Et je pense que les gens, ils ne vont pas être déçus parce que le film est très bon.
Jodie Foster, c’est la meilleure Ambassadrice possible de la francophonie pour un festival qui est organisé par les Alliances Françaises.
Le film avec Angelina Jolie (Coutures) est peut-être un peu plus difficile d’accès par rapport à ce qu’on imagine à ce qui est le film. Parce qu’effectivement vous avez un film sur les éléments. Angelina Jolie dans un film qui se passe à Paris pendant la Fashion Week.
Les personnages qui ne sont pas liés mais qui deviennent liés à un certain moment ?
Effectivement. Et en fait, l’histoire, on suit quatre personnages avec plus ou moins d’importance. Le principal c’est Angelina Jolie. Mais en fait, ces histoires de femmes. Angelina Jolie – en gros, ce n’est pas un spoiler, elle apprend qu’elle a un cancer du sein.
Je crois que c’est même dans la bande-annonce.
Tout à fait. Oui, exactement. Donc on va suivre son parcours. Après, c’est une maquilleuse qui veut devenir écrivain et en fait, ce sont des histoires, des portraits de femmes qui essaient de trouver leur voix.
Et pour moi, le film est totalement dans la ligne éditoriale du festival. Pour nous, c’est un sujet important, encore une fois parce que ce sont des valeurs qu’on défend. Encore une fois, c’est important pour nous d’avoir des films réalisés par des femmes ou avec des personnages féminins forts sachant que notre public, il est majoritairement féminin, donc on le prend en considération mais on le fera de toute façon. Je pense qu’à cette dimension qui est très forte. Donc pour moi, ce film parle de sujets qui sont totalement alignés avec la ligne éditoriale du film. Donc vous viendrez peut-être pour le glamour, mais vous regarderez le film parce que ce sont des histoires qui vont vous toucher. Le fait qu’Angelina Jolie soit dedans, elle parle français une bonne partie du film. Donc pareil, c’est la francophonie, mais ça fait aussi des histoires qui finalement sont très françaises mais internationales, ce qui fait qu’on –
Puisse les comprendre.
Exactement. C’est à la fois apporter notre culture, nos spécificités, mais c’est tout l’intérêt de cette démarche-là de dire « oui, c’est peut-être très différent. Mais fondamentalement, je comprends parce que la maladie, ça concerne tout le monde.» Ou la remise en cause et les choix dans la vie. Ce que je disais « est-ce que j’ai fait les bons choix » c’est universel. Donc la manière dont ils vont appréhender ces sujets sera bien française, mais potentiellement la démarche. « Oui en fait, chez eux, en France, c’est comme pour nous, c’est comme à notre manière, mais on a ça.» Donc l’idée c’est de dire voilà, qu’est ce qui nous réunit en tant qu’êtres humains?
On va peut-être, culturellement parlant, faire les choses différemment. C’est intéressant, c’est inspirant. On va se dire je n’aurais pas fait les choses comme ça du tout, je ne comprends pas. Alors moi j’aurais fait totalement l’inverse on va dire « ah bah tiens, ils font comme ça, je n’aurais pas cru parce que moi aussi c’est comme ça que j’aurais réagi.» C’est juste être humain au-delà d’être australien ou d’être français, etc.
C’est juste être humain au-delà d’être australien ou d’être français, etc
Donc l’idée c’est de divertir, j’espère quand même, de challenger un peu parfois, en tout cas de faire découvrir et puis de dire «tiens, j’ai passé un bon moment, mais j’ai passé plus qu’un bon moment.»
En fait, j’avais déjà vu quelques films du festival sur un vol Emirates l’année dernière. Je me suis fait faire un petit festival français. J’avais déjà vu Bon voyage Marie/On ira. J’aimais bien. J’aime bien l’acteur Pierre Lottin même si je trouve qu’on lui donne un petit peu toujours le rôle, c’est quelqu’un qui a les problèmes, qui est dans cette société un peu plus bas. Mais il joue bien.
Mais il joue bien. Alors il est dans plusieurs films cette année et c’est vrai qu’on le voit dans beaucoup de films et il fait effectivement le français classe moyenne, un peu gouailleur comme on dit, avec une manière populaire. Voilà l’homme du peuple. Donc effectivement, il fait un peu souvent les mêmes rôles, c’est vrai, mais bon, il le fait bien.
Mais pareil Bon voyage Marie, le film est accessible, Ça reste un film qui est plutôt amusant, mais on parle d’un vrai sujet qui est le suicide assisté.
C’est rigolo, mais en même temps sérieux.
Voilà effectivement un débat qui n’est même pas tranché en France. Si elle va en Suisse pour le suicide assisté, ce n’est pas interprés, mais c’est un vrai sujet dont on peut discuter. Donc pareil, c’est une plateforme de discussion, donc passer un moment, mais peut-être qu’en plus ça peut être un sujet de discussion. Donc tout ça revient toujours du même principe. Et très clairement, je pense que le public australien, en tout cas ceux qui acceptent de suivre et de faire cette expérience, il est quand même réceptif à ça. Et vraiment, on aura des Q&A et on aura des panels de discussion…
Ces événements qui vont avoir lieu après le film, comme l’année dernière.
Et exactement. Donc vraiment, on est un festival de films, mais on est aussi une plateforme de lien social. Encore une fois, on vient avec des amis, on a des moments de socialisation, mais aussi être une plateforme d’échange culturelle et même, j’ose le mot de débats d’idées, pourquoi pas. C’est à dire, et je veux qu’on soit ça. Et la programmation, elle prend ça en considération, sachant qu’au bout d’un moment, au bout de 37 ans, c’est vrai que c’est aussi ce qu’on attend de nous.
Et la programmation, elle prend ça en considération, sachant qu’au bout d’un moment, au bout de 37 ans, c’est vrai que c’est aussi ce qu’on attend de nous.
J’ai un héritage que je prends en considération. Et je ne cherche pas à faire la révolution. J’espère qu’on attendra notre public plus large. Si je suis honnête, on a du mal à faire venir un public un peu plus jeune. Je pense qu’effectivement les goûts évoluent avec l’âge.
J’ai un héritage que je prends en considération. Et je ne cherche pas à faire la révolution.
Après, il faut prendre en considération l’évolution de la manière dont on consomme la culture avec le téléphone, l’attention. Je lisais par exemple une interview de Matt Damon sur Netflix où il parlait du film The Rip, qui est un film d’action qu’il a fait avec Ben Affleck. Pourquoi je parle de ça? Parce qu’il disait C’est très récent et ça m’a marqué. Il disait « il y a une manière de produire Netflix où il y a certains codes dans l’histoire, on est obligé de répéter au moins trois fois l’intrigue de l’histoire à un moment du film, parce que les gens sont sur leurs téléphones au moment du temps et qu’on a besoin sinon.»
Donc il faut prendre en compte ces évolutions dans notre événement et aussi une forme de résistance par rapport à ça. Donc c’est pour ça qu’on a tout un programme de school screenings. Il faut comprendre que le monde évolue, que la tension évolue. J’y suis sujet moi-même je m’aperçois que j’ai des difficultés à lire que je n’avais pas avant. Je suis impacté. Donc il faut quand même envers et contre tout, faire en sorte que cette offre-là elle soit disponible.
Alors, on travaille avec les écoles parce que c’est important de le faire. Je choisis certains films qui, j’espère, attireront un public plus jeune, mais c’est plus difficile. Mais je pense que c’est salutaire. Leurs goûts évolueront, mais il y aura un changement et c’est important. Et on voit que ça peut marcher quand même.
Il y a des films, encore une fois, qui sont assez pointus et je vois comment ils marchent. Taste Of Things, le film de Tron Anh Hung sur la gastronomie, qui va complètement à l’opposé de tous ce qu’on lit dans Anatomy of the Script, tous les films, tous les livres des grands auteurs de scripts d’Hollywood. Le film va faire l’inverse de tout et pourtant ça a très bien marché parce que c’était une expérience, etcetera.
Il faut pouvoir continuer à proposer des choses qui sortent des sentiers battus, parce que c’est important pour la diversité de l’offre culturelle, pour se challenger un petit peu. On ne peut pas être toujours dans sa communauté, dans la facilité, etc. Donc, pour moi, il y a aussi un acte de résistance de continuer à proposer ça et de le proposer pas que dans les grandes villes.
Il faut pouvoir continuer à proposer des choses qui sortent des sentiers battus, parce que c’est important pour la diversité de l’offre culturelle, pour se challenger un petit peu. On ne peut pas être toujours dans sa communauté, dans la facilité, etc.
À avoir le festival dans des villes de province, une version plus petite pour pouvoir au moins proposer cette offre-là. Alors je souhaiterais qu’on soit plus attractif. L’année dernière, L’amour Ouf /Beating Hearts, c’est vrai que c’était aussi pour pouvoir attirer un public plus jeune. Ça a marché partiellement, pas aussi bien qu’on souhaiterait. Mais on continuera à le faire parce qu’il faut qu’on puisse le faire, parce que sinon ce sera perdu et ce sera perdu définitivement. Mais tout n’est pas facile.
Évidemment on veut attirer des nouvelles personnes parce qu’on veut que le festival grandisse. Mais ce n’est pas que ça, c’est qu’il y a un vrai positionnement. C’est vrai pour nous et c’est vrai pour les autres festivals. Ça, je dis que ce n’est pas forcément nos spécificités. Et je rends hommage à tous ces festivals qui existent en Australie.
Parce qu’il y a de plus en plus, surtout à Sydney, il y a Antenna pour les documentaires et Europa Europa qui est maintenant dans de plus en plus de villes.
Sydney Film Festival, Adélaïde Film festival, Melbourne Film Festival, Perth Film Festival Tous les festivals. Et ça c’est très important. Et ça je pense que c’est d’ailleurs, c’est assez intéressant, Je crois que je n’ai jamais vu autant de festivals – le territoire est très très grand.
Mais quand même la population ne l’est pas.
Mais oui, effectivement, et ce dynamisme, et c’est particulièrement vrai. Donc tout ça, on pourrait dire vous êtes en concurrence avec les autres. Non, parce que cette offre culturelle-là, on sort de ces écrans individuels, on partage un événement avec d’autres personnes.
on pourrait dire vous êtes en concurrence avec les autres. Non, parce que cette offre culturelle-là, on sort de ces écrans individuels, on partage un événement avec d’autres personnes.
Donc Fringe c’est très bien et il faut absolument, c’est essentiel. Et ça, l’Australie le fait très bien. Et encore une fois, le succès du Festival du film français, il fait partie de cette dynamique-là. L’offre culturelle sur les festivals, sur les événements culturels qui est vibrante en Australie, elle est importante, elle permet. Donc nous aussi on profite de cette dynamique, j’espère qu’on contribue à sa dynamique, mais on bénéficie aussi et ça, c’est extrêmement précieux. Il faut que l’Australie continue de faire ça pour le cinéma, mais pour tous les éléments culturels. Et ça, c’est formidable, et tout le monde n’a pas la chance d’avoir ça.
L’offre culturelle sur les festivals, sur les événements culturels qui est vibrante en Australie, elle est importante, elle permet. Donc nous aussi on profite de cette dynamique, j’espère qu’on contribue à sa dynamique, mais on bénéficie aussi et ça, c’est extrêmement précieux.
Et je peux vous dire que, moi qui ai été dans plusieurs pays, c’est une vraie richesse et une vraie chance de l’Australie. Et c’est spécifique à l’Australie. Et si ces festivals sont populaires, c’est parce qu’il y a une scène culturelle qui est forte et qui fait partie de la richesse de l’Australie et de ce qu’elle veut faire. Et c’est très spécifique. Et je peux vous dire que tout le monde n’a pas la chance d’avoir l’accès à cette diversité culturelle-là, comme on l’a en Australie.
Et je peux vous dire que, moi qui ai été dans plusieurs pays, c’est une vraie richesse et une vraie chance de l’Australie. Et c’est spécifique à l’Australie.
Cette année, au programme, il y a 38 films. L’année dernière, il y avait 42. Est-ce qu’il y a une raison pour laquelle qu’il y a moins?
En fait, il y en a plus que ce que je voulais. Je voulais réduire un petit peu. L’année dernière, c’était ma première édition, je voulais rester au même niveau. Après, je regarde les réserves parce que très clairement, il y a des films qui marchent très fort, d’autres films qui marchent très, très fort. Est-ce qu’on a trop de films? Tout le monde ne peut pas aller voir 42 films, etcetera. Donc pour moi, c’est la qualité de la programmation qui compte. Donc je voulais réduire la quantité.
La qualité non la quantité qui compte.
Oui, effectivement. Donc c’est ça le plus important. Donc il y avait un vrai choix éditorial. En fait, je voulais initialement avoir même un petit peu moins de films. Et puis après, comme c’est une relation avec les distributeurs, effectivement, il y a certains films que voilà je me dis «bah je ne peux pas passer à côté, ça vaut le coup.» Donc je les prends quand même, même si je voulais faire moins de films parce que j’ai craqué, d’autres parce qu’effectivement c’est des discussions que je peux avoir.
Donc au final, j’ai même plus de films que je veux, que je le souhaitais, mais je suis content, voilà. Je pense qu’avoir 35 ou 38 films dans ces eaux-là, c’est bien, il faut que ça reste un festival. Mais je ne pense pas non plus qu’on avait besoin de 42 films. Je pense que c’était trop et qu’après, il y a toujours la possibilité d’avoir des très bonnes années où il y a plein, plein de bons films en même temps, et ça fait des années un peu plus difficiles. Et donc on composera avec ce que l’état de la production a à un moment donné.
Donc au final, j’ai même plus de films que je veux, que je le souhaitais, mais je suis content.
Mais, là, en l’occurrence, j’aurais pu en faire plus. Non, il y a des films que j’ai refusés. Par exemple, je trouvais qu’ils étaient trop proches.
Au sujet d’un autre?
Oui, il y a – je ne dis pas quel film – mais à un moment donné, je dis bon, c’était même limite avec les mêmes acteurs. Là, je ne vois pas l’intérêt. Et puis il fallait bien que j’en choisisse un parce que les deux films étaient plutôt bien d’ailleurs. Mais bon, à un moment donné je dis voilà, il ne faut pas être trop gourmand. Donc voilà.
Les règles d’art, je sais que c’est basé sur les faits réels mais c’est très pertinent avec ce qui est passé au Louvre.
Alors Les règles de l’art, effectivement, il y avait un combo qui marchait bien. C’est à dire c’était un film mi-comédie, mi-thriller un peu dramatique, mais pareil dans l’association des idées qu’on a de la France. Bon, il y a France, il y a romantisme, il y a culture de gastronomie et dans culture, il y a aussi art. Donc là effectivement, on parle du milieu de l’art, etcetera. Donc il y avait une sorte de bonne connexion. Mais quand on l’a sélectionné avec le distributeur qui vient de Nouvelle Zélande, alors qu’il avait d’ailleurs présenté dans son festival avant nous en Nouvelle-Zélande, et puis pareil, on s’était aperçu que ça marchait plutôt bien avant sa naissance. C’était avant les faits du Louvre, donc quand j’ai dit oui, c’était sur des critères et puis après il y a eu les affaires Louvre, donc ça devenait un sujet d’actualité.
C’était avant les faits du Louvre, donc quand j’ai dit oui, c’était sur des critères et puis après il y a eu les affaires Louvre, donc ça devenait un sujet d’actualité.
Donc je pense qu’il y aura un vrai intérêt. Et puis je le vois d’emblée. Effectivement, je peux vous dire qu’effectivement le public, il a un intérêt pour le film. Donc, on a été rattrapés par l’actualité, mais je ne les ai pas sélectionnés à cause de l’actualité. J’avais sélectionné avant parce qu’il y avait des choses qui faisaient sens et qu’effectivement, en Nouvelle-Zélande, le film en l’occurrence, avait fait ses preuves.
Combien de films pensez-vous avoir regardés pendant l’année pour décider oui ou non?
Alors je ne sais pas exactement, mais j’ai dû en voir peut-être 70 je crois. Je n’ai pas compté effectivement.
Donc la moitié d’eux vous avez choisi.
Oui, il y a des films que certains distributeurs m’envoient pour me demander mon avis. Et moi je fais l’inverse. Je vais sur ce que moi je sais du festival, je vais regarder des films et après je fais des suggestions à des distributeurs. Qu’est-ce que vous pensez de ça? Je pense que ça peut marcher. Donc un ou deux films, d’ailleurs, c’est moi qui ai dit écoutez, je suis allé voir les excuser et celui-là, il me le faut. Et puis on s’entend ou pas..
D’autres, ils n’étaient pas sélectionnés du tout et puis je les ai choisis moi-même. C’est ce qu’on fait généralement avec le film de clôture. Généralement, le film de clôture, c’est un film qui n’a pas été acheté par un distributeur et nous, on y croit quand même. Avignon/Rodrigue in love par exemple. Pareil, c’est une comédie romantique donc effectivement ça peut marcher. En plus ça se passe pendant le festival d’Avignon. Pareil, ça associe deux idées de cartes postales parce qu’on joue aussi de la France de romantisme et la culture et les arts. Donc là, c’est une comédie romantique pendant le festival de théâtre à Avignon.
C’est ce qu’on fait généralement avec le film de clôture. Généralement, le film de clôture, c’est un film qui n’a pas été acheté par un distributeur et nous, on y croit quand même.
Donc pour moi, ça faisait sens. Et puis le film il est sympa donc c’était une belle manière de finir. On essaie de finir sur une note légère.
Quel film recommanderiez vous pour ceux qui souhaitent voir un film qui leur fera voyager ?
Alors c’est difficile de vous répondre parce que justement, le voyage c’est un thème pour moi de cette année. On va voyager cette année. Du coup, ça a influencé certains de mes choix parce que je me suis dit qu’il y avait une vraie thématique de dire « Vous savez quoi? On va voyager avec le cinéma français thématique.»
D’habitude, c’est ça, on choisit des films récents et l’idée c’est vraiment la diversité, la créativité, la qualité. Mais je me suis aperçu donc que cette année, il y avait un voyage: à la fois on voyage géographiquement et on voyage à travers le temps. Du coup, j’ai décidé d’en faire quand même parce qu’il y a pas mal. Il se trouve que j’ai pas mal de films où on voyage. On va voyager en Egypte avec le film dans Treasure Hunters, une sorte de Indiana Jones à la française. Mais j’aime bien parce que c’est un film très accessible pour la famille et on voyage en Egypte, Pareil.
je me suis aperçu donc que cette année, il y avait un voyage: à la fois on voyage géographiquement et on voyage à travers le temps.
Est-ce qu’un film pour les petits? Où est ce que les adultes vont apprécier?
Je pense que c’est pour tout le monde. C’est vraiment l’un des films qu’on peut voir en famille et en plus, ça parle d’archéologie, on va apprendre des choses sur la culture égyptienne et on va voyager avec eux. Donc pour moi, pareil, c’est un film accessible, où on apprend des choses.
On va voyager en Afghanistan avec 13 jours 13 nuits, on va voyager aux Etats-Unis avec Gourou, le thriller à Las Vegas et le monde. On va voyager au Maroc avec Le Routard/The Rookie Guide où là. Ça m’amuse parce que nous on a en France Le Routard et vous le Lonely Planet. Là on va visiter le Maroc avec le guide le plus nul du monde, on va voyager en Algérie avec L’étranger, on va voyager à Taïwan avec La Reparation qui est notre film Taste of France.
Donc il se trouve que j’ai plein de films où on voyage, on va voyager en Suisse, on va en Espagne avec Dash of Love, on va voyager en Italie avec What is Love. Donc très clairement, ce qui permet pour moi de mettre en exergue deux choses.
D’une part, la France reste la championne du monde de la coproduction internationale. Je dis ça en plus parce qu’on a un accord de coproduction qui est très ancien entre la France et l’Australie. Et il y a des discussions actuelles pour remettre tout ça à jour. Ce n’est pas encore fait, mais c’est un vrai sujet. Donc pour moi, le bon timing au bon moment, parce que c’est un sujet de discussion.
D’une part, la France reste la championne du monde de la coproduction internationale.
Et ensuite, ce qui permet d’expliquer encore une fois dans ce côté universaliste, de dire on est capable de raconter des histoires françaises à l’étranger ou des histoires qui se passent à l’étranger mais en gros, nos histoires, elles dépassent nos frontières. Encore une fois, c’est le message qu’on essaie d’envoyer. Et puis à travers le temps, parce que je trouve qu’effectivement il se trouve que ça c’est un genre très populaire des films en costumes, Jean Valjean, évidemment, mais le film d’ouverture, par exemple, cette année, La venue de l’avenir/Colours of Time, on va voyager au temps des impressionnistes. C’est des beaux costumes, c’est des images de Paris, etc. On va découvrir le monde des impressionnistes.
on est capable de raconter des histoires françaises à l’étranger ou des histoires qui se passent à l’étranger mais en gros, nos histoires, elles dépassent nos frontières.
C’est pour ça que j’ai choisi. On va littéralement voyager dans ce monde-là. Ça nous emmène avec vous. Donc c’est une vraie expérience, la manière dont le film est fait, etcetera. Et puis ça fait partie des choses qui sont attendues de la France, mais c’est bien fait.
Et puis alors on va le voyage dans le futur pour une fois avec Chien 51 ce qu’on ne fait jamais. On va voyager avec Cycle of Time/C’était mieux demain.
Effectivement, on voyage beaucoup !
Oui, c’est vrai que c’est quelque chose qui n’était pas conscient au début. Et il y a un moment où une fois que j’ai identifié ça, j’ai fait quelques choix qui sont venus. Kheops ou Le Routard, par exemple, c’est des films vraiment que j’ai choisis pour jouer avec ce thème-là.
Ok, c’est intéressant. Et cette année, il n’y a pas de film qui n’est pas de la France. Je crois que l’année dernière et celle d’avant, il y avait un film canadien au programme. Cette année ce ne sont des films que la France je crois, même si on voyage dans le film.
Non, effectivement, ça a avoir avec le fait. Parce que, encore une fois, les distributeurs, il n’y a rien qui a été acheté. Je cherchais un film suisse en plus, mais on n’a pas réussi à trouver un film, ou en tout cas, il y avait un film auquel on pensait mais qui allait dans un autre festival.
C’est difficile de trouver un distributeur qui va l’acheter.
Oui, effectivement. Donc moi je fais très peu d’acquisition en direct pour des questions budgétaires. Donc on est au-delà d’un festival de films français ou d’un festival de la francophonie. Par contre on a des coproductions, on a beaucoup de coproductions avec la Belgique par exemple. La Grande Arche, par exemple, c’est une coproduction avec le Danemark, donc voilà. Mais des films d’autres nationalités, on n’est pas du tout fermé au principe peu que la langue soit française en l’occurrence. C’est vrai, cette année, on n’a pas.
Et question dernière question, l’ancienne directrice artistique Karine Mauris, elle avait dit qu’elle s’est rendue compte qu’elle choisissait beaucoup des mêmes films que le festival d’Angoulême. Est-ce que vous avez trouvé qu’il y a un festival en France qui a un petit peu les mêmes goûts duquel vous choisissez beaucoup des mêmes films sans faire exprès. Des films à Cannes bien sûr.
Cannes, très clairement, là, on a 14 films cette année qui étaient Cannes d’une manière ou d’une autre. Ensuite, oui, Angoulême c’est intéressant puisque c’est le festival du film francophone, donc ça permet d’attirer l’attention.
Il y a d’autres festivals aussi que je regarde, le festival de l’Alpe d’Huez par exemple parce que c’est de la comédie, c’est un genre qui fonctionne. Et donc regardez ce qui se passe à l’Alpe d’Huez. S’il y a trois festivals que je regarde, moi, parce que je regarde le cinéma français ça serait avec Cannes, Angoulême, effectivement, l’Alpe d’Huez. Je regarde aussi un peu ce qui se fait à Toronto, et puis Berlin et Venise, Mais ils arrivent peut-être un peu plus tard.
Même Angoulême, je crois que c’est en octobre ?
Oui c’est ça. Donc oui, c’est vraiment au dernier moment parce que moi je termine ma programmation en octobre novembre.
Donc c’est un petit peu juste.
Voilà. Exactement. Donc, en tout cas, ça nous dit quoi regarder. Après, de temps en temps, je vois des films et puis je ne suis pas totalement convaincu par ce que j’ai vu.
Mais par exemple, si beaucoup de films que vous avez choisi ont été nommés aux Césars, est-ce que c’est un petit peu une confirmation que vous avez bien choisi ?
C’est une bonne question. C’est qu’à un moment donné, on a de l’expérience. Encore une fois, c’est de l’intuition informée, c’est qu’au regard des éléments tangibles.
Vous connaissez le public australien.
Exactement. On regarde ce qui marche au box-office français. On regarde les critiques, On regarde la réaction dans les festivals, donc ça ne nous donne pas mal d’éléments. Donc à un moment donné, on voit quand même qu’il y a certains films qui sortent de l’eau. Donc on dit ces films-là, il semble tout n’est pas toujours évident, mais parfois il y a des choses qui sont totalement surprenantes. Puis des choses on le voit un petit peu venir, voilà.
Et puis parfois c’est un coup de chance, on a fait un pari, et puis finalement, oui, c’est ça les critiques aussi. Donc c’est un mélange de différentes choses, Ce n’est pas une science exacte mais je dirais que c’est de l’intuition informée. Parfois la partie informée avait raison, purement statistique. De temps en temps, c’est l’intuition qui marche et de temps en temps, on a du bol, on a de la chance.
Ce n’est pas une science exacte mais je dirais que c’est de l’intuition informée. Parfois la partie informée avait raison, purement statistique. De temps en temps, c’est l’intuition qui marche et de temps en temps, on a du bol, on a de la chance.
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Nous remercions Frédéric Alliod pour cet entretien et nous avons hâte de participer à l’Alliance Française French Film Festival 2026.
L’Alliance Française French Film Festival 2026 se déroule du 3 mars au 26 avril à l’échelle nationale. Pour consulter le programme complet ou réserver vos billets, rendez-vous sur affrenchfilmfestival.org
Lisez aussi notre entretien avec Gracie Otto, la marraine de l’AF FFF 2026
INFOS CLÉS POUR L’ALLIANCE FRANÇAISE FRENCH FILM FESTIVAL 2026 (L’AF FFF 2026)
QUOI: Alliance Française French Film Festival 2026 (AF FFF 2026)
OÙ ET QUAND:
Adelaide, SA : 18 mars – 22 avril
Lieux : Palace Nova Prospect Cinemas, Palace Nova Eastend Cinemas
Ballarat, VIC : 5 mars – 8 avril
Lieu : Palace Regent Cinema Ballarat
Ballina, NSW : 7 mars – 2 avril
Lieu : Ballina Fair Cinemas
Bendigo, VIC : 17 avril – 19 avril
Lieu : Star Cinema
Brisbane, QLD : 5 mars – 8 avril
Lieux : Palace Cinema James Street, Palace Cinema Barracks
Bunbury, WA : 25 mars – 29 mars
Lieu : Bunbury Regional Entertainment Centre
Byron Bay, NSW : 6 mars – 2 avril
Lieu : Palace Byron Bay
Canberra, ACT : 5 mars – 8 avril
Lieu : Palace Electric Cinemas
Darwin, NT : 23 avril – 26 avril
Lieu : The Deckchair Cinema
Dubbo, NSW : 16 avril – 19 avril
Lieu: Reading Cinemas Dubbo
Geelong, VIC : 16 avril – 28 avril
Lieu : The Pivotonian Cinema
Gold Coast, QLD : 19 mars – 8 avril
Lieu : Dendy Cinemas Southport
Hobart, TAS : 9 avril – 19 avril
Lieu : State Cinema
Katoomba, NSW : 19 mars – 29 mars
Lieu : United Cinemas The Edge
Melbourne, VIC : 4 mars – 8 avril
Lieux : Palace Cinema Como, The Kino, Palace Balwyn, Palace Brighton Bay, Palace Westgarth, Pentridge Cinema, The Astor Theatre, Palace Penny Lane, Palace Church St
Perth, WA : 12 mars – 15 avril
Lieux : Palace Raine Square, Luna on SX, Luna Leedeerville, Windsor Cinema
Rhodes, NSW : 9 avril – 19 avril
Lieu : Reading Cinemas Rhodes
Rouse Hill, NSW : 3 avril – 12 avril
Lieu : Reading Cinemas Rouse Hill
Sydney, NSW : 3 mars – 8 avril
Lieux: Palace Central, Palace Norton Street, Palace Moore Park, Hayden Orpheum Cremorne, Roseville Cinemas, Warriewood
Victor Harbour, SA : 25 mars – 1 avril
Lieu : Victa Cinema
Warrawong, NSW : 3 avril – 14 avril
Lieu : Gala Twin Cinema
COMMENT : Achetez vos billets soit en ligne sur le site web du festival ou directement au cinéma
COMBIEN : Le prix des billets varie selon les villes. Si vous prévoyez d’aller voir plusieurs films, vous pouvez acheter un pass pour 5, 10 ou 20 films.
