Guillaume Besson nous parle de son roman Le rêve australien

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Guillaume Besson est l’auteur du roman Le rêve australien qu’il a écrit après ses voyages en Australie. Il raconte l’histoire de deux personnages Valentin et Pierre qui quittent la France pour voyager en Australie. Nous avons entretenu avec Guillaume Besson au sujet de son roman.

Le rêve australien 

Au début du livre, il y a une citation au sujet de la lune et le soleil et leur rapport avec la Terre. Est-ce que l’astronomie vous intéresse?

J’ai toujours été fasciné par l’espace, l’infini, les autres galaxies. Dans ce roman, j’ai aimé présenter l’Australie comme une autre planète, rouge, plus proche du soleil. Partir en Australie, c’est faire un voyage interstellaire à travers les continents et les océans, pour atterrir sur une île très particulière et dépaysante.

 

C’est intéressant que le premier chapitre du roman commence avec une citation qui fait référence à la déportation en Australie. Pourquoi avez-vous décidé d’inclure cette référence?

En mai 1787, l’Angleterre vidait ses prisons en envoyant des jeunes bagnards anglais à la déportation en Australie. Le voyage était long et terrible, mais sur place, ils travaillaient dur, accédaient à l’amnistie de leur peine, et en hommes libres, découvraient le bonheur.

 

Aujourd’hui, les jeunes se pressent des quatre coins du monde pour vivre l’aventure australienne, à la recherche de sens. Le point commun, c’est l’épanouissement par l’exil. J’ai voulu tracer un parallèle entre ces deux époques, et le tracé de mes personnages suit le parcours de la colonisation australienne : ils arrivent à Botany Bay (Sydney), travaillent dans les champs, remontent la côte et pénètrent l’Outback à la rencontre des Aborigènes.

 

Est-ce que le personnage Valentin ou de Pierre est, en part, vous?

Pierre est un jeune homme enthousiaste de Provence, Valentin un Parisien espiègle et cynique. J’ai grandi dans la Drôme et fait mes études à Paris, donc il y a peut-être un peu de mois dans chacun d’eux. Mais ce sont des personnages fictifs, avec leurs personnalités propres!

Photo fournie par Guillaume Besson

 

Est-ce que l’histoire racontée dans le roman est basée directement sur vos expériences vécues en Australie?

Je suis parti en Australie à 19 ans et j’y ai vécu la plus belle année de ma vie. J’habitais à Coogee, une magnifique plage du sud de Sydney, avec 15 colocs étrangers, et j’ai voyagé tout autour de l’Australie. Les lieux que je décris dans le roman sont ceux que j’ai vus : Sydney, les Withsundays, Uluru, la Great Ocean Road, Perth… Mais les personnages sont fictifs et l’intrigue romancée.

 

Sur la première page de l’histoire vous décrivez le « Outback » de l’Australie vu de l’avion qui vol au-dessus du pays. Vous le décrivez si bien on peut presque le voir!

Quand on arrive en Australie depuis l’Europe, on survole l’Outback, cet immense désert ocre. Cette vision est à la fois magnifique et presque effrayante : c’est une terre aride, brûlante, sauvage. Elle est la Terre des Aborigènes australiens, des sentiers du Tjukurpa, le temps du rêve, et des premiers êtres, ces esprits qui ont façonné le paysage australien.

 

Est-ce que ce sentiment d’incrédulité que Valentin ressent est le même que vous avez senti pendant votre premier vol vers Australie?

Oui, lorsque l’avion a survolé l’Outback, à 10 kilomètres d’altitude, j’ai eu l’impression de voir la courbure de la Terre. Les backpackers sont des astronautes, s’embarquant pour un vol interstellaire, entre la planète Terre et la planète Australienne. Je pense que la fatigue des 24 heures d’avion a dû jouer, j’avais la tête qui tournais !

 

« Les femmes en particulier l’impressionnaient par leur envergure et leur large poitrine. » Même si c’est vrai que malheureusement la population australienne devient de plus en plus comme les américains, ce n’est pas trop gentil de le dire! (hihi) Mais par contre celui-ci m’a fait bien rigoler : les Australiens étaient des Anglais, exilés sur un continent ardent où ils avaient attrapé un coup de soleil permanent.

Je me moque aussi de moi-même. Ma mère est née à Douai, dans le Nord, et j’ai hérité d’une peau plus blanche que les Anglais. Elle m’avait mis en garde contre les dangers du soleil australien, et je me suis badigeonné de crème solaire 50 pendant un an pour ne pas devenir écrevisse ! J’ai passé un an sur la plage et en rentrant, je n’avais même pas bronzé…

Le rêve australien
Photo fournie par Guillaume Besson

 

La façon dont vous décrivez Paris (du point de vue du personnage Valentin) n’est pas celle dont on a d’habitude. Pensez-vous que les expériences qu’on a dans un pays ou dans une ville peuvent influencer nos avis sur ce lieu? Pour moi par exemple, je n’ai été à Amsterdam qu’une fois. J’y suis arrivée et jetais enrhumée et j’étais malade tout le weekend que j’y étais. Pour moi, l’Amsterdam n’est pas ensoleillée avec des tulipes. C’est gris et triste.

Je dépeins dans le roman une image terne et triste de Paris, celle de l’hiver glacial, de l’absence de lumière et du stress de la grande ville. C’est le Paris que quitte Valentin, affecté par un chagrin d’amour, qui lui fait broyer du noir. J’ai passé plusieurs années à Paris, et j’adore cette ville, qui peut aussi être celle de la fête, des arts et des rencontres. Mais il ne faut pas s’enfermer à Paris ! Et lorsqu’on vient du Sud, le soleil nous manque vite.

 

Pourquoi avez-vous décidé d’écrire ce roman?

Je suis rentré d’Australie à 20 ans et pas un jour ne passe sans que j’y pense. Je suis constamment dans la nostalgie de cette île. J’ai écrit mon mémoire de Master sur l’Australie, je suis retourné en Tasmanie à 24 ans, et je planifie un nouveau voyage. Je ne pourrais pas y vivre, car je suis trop attaché à ma famille et mes amis en France, et l’Australie est trop loin, mais mon esprit s’y évade souvent…

 

J’ai voulu écrire ce roman car, chaque fois que je rencontre quelqu’un qui a vécu en Australie, une même étincelle s’allume dans nos yeux lorsque l’on parle de ce pays. J’ai l’impression que mon histoire est « universelle », au sens où l’Australie a marqué la vie de beaucoup de jeunes de ma génération, et j’ai voulu raconter cela, les auberges de jeunesse et les vans qui se croisent.

 

Avez-vous fait des formations d’écriture avant de l’écrire?

Non, mais j’écris depuis que je suis tout petit. Je viens d’une famille où l’écriture est une passion partagée, par ma mère et mes sœurs. Enfants, nous passions des heures à écrire nos carnets d’aventure côte à côte.

 

Photo fournie par Guillaume Besson

Vous avez mis combien de temps pour écrire Le rêve australien?

J’ai passé 2 mois à structurer le roman et l’intrigue, 4 mois à l’écrire, et 2 mois à le relire, soit près de 8 mois au total. Je l’ai aussi retravaillé par la suite sur les conseils de mon éditrice, des éditions JC Lattès.

 

Je crois que c’est votre premier roman. Quels ont été les défis de l’écrire?

Personnellement, écrire est un plaisir, donc je me suis amusé à écrire ce roman. Le plus difficile, c’est l’impression que l’on donne à nos amis, que l’on « ne fait rien » lorsqu’on s’isole. Ecrire est un processus long, intense. Je n’arrive pas à écrire en une heure, j’ai besoin d’une plage de travail de cinq heures pour être efficace, car l’inspiration et le rythme ne viennent pas tout de suite, mais lorsqu’ils arrivent, on ne veut plus s’arrêter.

 

Comment est-ce que vous avez trouvé une maison d’éditions ?

J’ai envoyé mon manuscrit à plusieurs maisons, essuyé quelques refus, certains génériques et non personnalisés, d’autres encourageant. J’ai eu la chance de rencontrer Karina Hocine, anciennement éditrice chez JC Lattès, aujourd’hui chez Gallimard, qui a cru dans mon roman et accepté de le publier.

 

Est-ce que vous l’avez écrit lors que vous étiez encore en Australie?

Non, j’ai écrit le roman 5 ans après mon voyage australien, à 24 ans. Mais j’avais tenu un « Journal » en Australie, qui m’a été utile pour retrouver les lieux.

 

Combien de temps avez-vous passé en Australie?

Un an précisément, de juillet 2012 à juillet 2013.

 

Y a-t-il un message que vous souhaitez transférer par ce roman, Le rêve australien?

Ce roman est une invitation au voyage. Je plains la génération qui a aujourd’hui 18-25 ans, car ses possibilités de voyage ont été très affectées par la COVID. L’Australie s’est complètement fermée aux étrangers pendant 2 ans, se barricadant pour se préserver du virus. Mais je suis optimiste et convaincu que des milliers de Français repartiront bientôt en Australie, et je les y encourage. Il faut parcourir ce pays, l’explorer, rouler pendant des heures, rencontrer des jeunes internationaux, s’intéresser à l’Histoire australienne et à la culture aborigène, et revenir grandi.

Le rêve australien

Ecrivez-vous d’autres romans?

J’ai bientôt fini l’écriture d’un deuxième roman. Le thème de celui-ci est différent. Cette fois, la jeunesse ne s’évade pas pour exister, elle reste en France et s’engage.

Nous remercions Guillaume pour cette interview!

Vous pouvez acheter le roman Le rêve australien de Guillaume Besson par les liens sur le site d’éditions JC Lattès : https://www.editions-jclattes.fr/livre/le-reve-australien-9782709665193/

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