Avec son album et spectacle « Migrating Bird », la violoniste-compositrice Véronique Serret nous entraîne dans un voyage musical inspiré par la nature australienne, l’écoute approfondie et ses propres racines multiculturelles. Principalement portée par le violon et la voix de Véronique, cette œuvre dévoile aussi, sur certains morceaux, la collaboration unique de William Barton : virtuose australien du didgeridoo, reconnu pour fusionner tradition aborigène et musique contemporaine. Dans cet entretien, Véronique raconte comment le chant des oiseaux, la forêt et les rencontres humaines ont nourri ce projet singulier, présenté bientôt au Brisbane Festival.

Depuis combien de temps est-ce que vous jouez au violon? Et qu’est-ce qui vous a poussé à choisir le violon au départ ?
En fait, je joue le violon depuis que j’ai trois ans. Ma famille n’est pas une famille musicale du tout. Mais mon cousin qui s’occupait de nous quand on était petits, il jouait le piano et un peu de violon. Et je ne sais pas si j’aimais déjà le violon ou c’était à cause de lui. Alors j’allais partout en train de prétendre que je jouais le violon quand j’avais trois ans et quand on m’a vu, les gens disaient à mes parents « Elle aurait dû commencer, » Ils ont dit « non, c’est un enfant ».
Et bien, il y a une méthode Suzuki. Peut-être vous connaissez cette méthode? C’est une méthode japonaise où les jeunes enfants commencent à jouer. Alors j’ai commencé là à trois ans et en fait tu apprends plutôt comme une langue. Alors tu apprends le violon comme si c’était une langue. Et puis bon, j’ai appris le violon, la danse, ça c’est pourquoi.
Et pourquoi vous avez décidé de le faire comme votre métier?
J’ai joué depuis que j’ai trois ans. J’ai toujours joué, mais en fait, à la fin de l’école, j’avais décidé de pas faire la musique parce que je crois que tout le monde croyait que j’allais jouer le violon et je leur dis « non, pas vrai. Je ne veux pas faire ça en fait ». J’ai fait quelques autres choses parce que j’aime bien les langues et je voulais être diplomate ou quelque chose d’autre.
Et en fait, j’ai arrêté pour une demi année environ, mais puis ça m’a manqué. J’étais en train d’étudier le droit à l’université, j’ai arrêté et je suis retourné au violon. Mon entraînement est très classique, alors je ne savais pas qu’il y avait toutes les différentes choses. Quand on joue le violon, il faut apprendre violon classique au début, comme ça on peut bien apprendre toutes les techniques et tout ça.
Mais je suppose à l’université, j’ai rencontré beaucoup de différentes personnes, et de différents genres de personnes. Alors je faisais encore mes études classiques bien sûr, mais j’ai rencontré des compositeurs avec qui j’ai travaillé et j’ai aussi commencé un genre de band et j’ai commencé à improviser à l’université. Et puis c’est pourquoi je suppose que je joue encore le violon, parce que oui, je fais tous les choses classiques, mais je fais beaucoup d’autres choses aussi. Et en fait, il y a le violon dans la musique de tous les différents pays, la musique égyptienne, beaucoup de folk country, il y a jazz… Il y a vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses.
Alors aussi parce que je joue le violon depuis tellement longtemps, ça faisait vraiment une partie de mon corps et une partie de mes émotions. Et c’est vraiment ma méthode de m’exprimer aux autres. Alors c’est devenu maintenant c’est mon métier. Je fais aussi des choses classiques, mais aussi c’est ma manière à m’exprimer d’une façon musicale.
Et pour parler un peu de votre le spectacle qui va venir à Brisbane Festival. D’abord, il y avait l’album Migrating Bird (Oiseaux migrateurs), qui a été conçu pendant le confinement, pendant la pandémie. Et vous avez écouté les sons des forêts de Mount Coot-Tha et la Mère Nature est devenue votre professeur. Qu’est-ce qu’elle vous a appris?
Tout. Vraiment. Parce qu’en fait, avant ça, j’ai voyagé partout, dans tout le monde, en train de jouer, mais surtout en ville. Mais en fait, j’habitais à Sydney dans ce temps, mais j’avais du travail partout dans le pays. Quand on était à Sydney, on ne pouvait pas voyager [pendant le confinement]. Alors, j’ai habité à Brookfield qui est à Brisbane et tout ce que j’ai fait c’est marcher, marcher, marcher beaucoup dans tout la forêt Mount Coot-Tha parce que je n’avais rien d’autre à faire.
Il y a un mouvement qui s’appelle « Deep Listening » (écoute approfondie). J’ai travaillé avec une dame au Canada sur Zoom Et c’est surtout vraiment écouter très en détail. Alors, j’ai passé beaucoup de temps à faire ça. La nature m’a appris beaucoup de choses, même en regard. Parce que bien sûr, j’ai joué beaucoup de musique, mais même en regardant les arbres et les motifs qu’ils forment et ce genre de choses. J’ai composé comme ça et beaucoup de matins, je me suis réveillée, j’ai écouté les oiseaux, j’ai enregistré ça. Et en fait, beaucoup de ces sons sur l’album, comme les sons de Brookfield que j’ai enregistré et mis sur l’album. Et la pluie. La première partie de l’album c’est plutôt au sujet de la terre. Et puis la deuxième partie c’est plutôt l’eau. Alors il y a des chansons qui sont plus comme de l’eau. Et alors c’est une nature et aussi des oiseaux.

Et vous avez chanté pour la première fois sur cet album. Qu’est-ce qui vous a fait vrai à faire ça?
En fait, avant, j’ai chanté avant, mais ce n’était pas des mots. C’était juste des sons comme ça sur mon album. Avant ça, j’ai senti des sons. J’ai créé un peu de poésie, juste des choses que je voulais dire et c’est plutôt comme la poésie. Ce n’est pas vraiment en train de raconter une histoire ou quelque chose comme ça, mais c’est juste l’histoire de la forêt, mon histoire pendant ce temps.
Et bien sûr qu’en Australie, nous avons les oiseaux différents des autres pays. Est-ce que vous pensez peut-être refaire des suites des oiseaux dans des autres pays du monde?
Ah non mais peut-être quelque chose d’autre. Je ne savais pas ce que j’allais créer vraiment. Alors j’ai marché et puis parfois je suis rentrée chez moi, et la musique sortait. Alors que je sors, et puis je redescends tout de suite, et je travaille sur ça. Mais l’idée c’est vraiment juste que j’ai marché et écouté et juste passé mon temps dans la nature. Mais aussi, c’était un temps très différent parce que je n’avais pas tous les trucs en dehors; je n’avais pas d’autre personnes pour me distraire. Et alors tout ça, ça fait une grande, grande différence de ne pas avoir de distractions ou même voyager. Et j’ai presque parlé à personne.
Vous êtes accompagné encore sur cet album de William Barton qui joue au didgeridoo. Comment vous vous êtes rencontrés au début et qu’est-ce qui vous a poussé à collaborer? Parce que le didgeridoo et le violon, c’est une belle collaboration, mais pas quelque chose à laquelle on pense.
C’est peut-être un peu bizarre, oui, mais en fait on se connaît depuis longtemps. Mon album avant celui-là, c’est avec lui. Alors on a écrit un album ensemble. Pour moi, ce n’est pas nécessairement l’instrument, c’est deux personnes qui peuvent penser ou peuvent imaginer quelque chose en même temps. Parce que pour moi, le didgeridoo, c’est vraiment un genre de nature aussi parce que c’est le paysage, c’est la musique. Alors moi, j’essaie avec mon violon et quand on joue ensemble, c’est de créer encore plus de ça. Et aussi parce que c’est un instrument assez bas et le violon ce n’est pas un instrument très haut, mais ça peut aller haut et bas. Alors ensemble, je crois, ça crée une chose très belle. Et aussi on chante ensemble aussi et on comprend comment on fonctionne musicalement ensemble.
Ça fait longtemps que vous avez joué ensemble, je crois?
Ouais, assez longtemps.
L’album a été nominé pour un prix ARIA? Félicitations, d’abord. Que signifie cette nomination pour vous?
Merci. En fait, ça a aussi été nominé dans la catégorie de musique classique et pour moi c’est une grande chose parce que c’est un respect de tout le monde qui est bien, Et ça veut dire que beaucoup de personnes peuvent l’entendre et il y a de l’intérêt. C’est un genre de musique très originale mais assez facile à écouter. Et aussi, j’ai utilisé le violon d’une façon que peut-être on n’a pas pensé avant. C’est super, je suis contente. Pourquoi pas?
Et vous avez des racines mauriciennes?
Exactement. Oui.
Et la chanson Dodo, c’est un clin d’œil à ses racines, je crois.
Oui.

Comment est-ce que vos racines mauriciennes influencent-elles votre musique?
Je ne sais pas si ça influence tellement ma musique en fait. Je suis née en Australie, mais dans ma famille, je n’ai pas parlé l’anglais jusqu’à ce que j’aie appris le violon et jusqu’à que je suis allée à l’école parce que mes parents ne le parlaient pas. Et il y avait toujours la musique mauricienne à la maison. Alors en fait, ça c’est la musique que je connaissais. Mais je me sens une partie de cet environnement mauricien en fait l’eau, et le ciel et l’île, ce genre de choses.
Vous vous y allez souvent?
Ah non, en fait je ne suis allée que deux fois seulement. J’ai fait mes études en France et je suis allé en France plein de fois. Mais Maurice, je n’ai pas eu la chance d’y travailler. Il faut aller là-bas. J’espère retourner bientôt
À quoi le public du Brisbane Festival peut-il s’attendre lors de votre concert? Est-ce que c’est l’album joué en live du début à la fin? Est ce qu’il y a les ajouts visuels? Qu’est-ce qu’ils peuvent attendre?
Oui, c’est l’album du début jusqu’à la fin. Sur l’album, c’est seulement moi et aussi William – il y a le didgeridoo quelques fois, mais c’est surtout moi. Mais pour le show, il y a des visuels qui sont abstraits, mais c’est des choses nature qu’un Monsieur super, Samuel James, a fait. Ces sont des photos nature mais ça change et il y a toutes les différentes couleurs et elles sont vraiment très belles alors c’est super! Je suis tellement contente de ça!
Et puis il y a un garçon, Richard Daniels, qui habite à Brisbane, qui joue des sons, des percussions et la batterie mais c’est beaucoup de sons de la nature aussi. Et aussi, j’ai un band. Et il y aura une fille qui joue à la contrebasse aussi. Et bien sûr, William va jouer avec moi. Et sa mère habite à Brisbane, alors elle va chanter une chanson avec nous.
Elle monte souvent sur scène avec vous?
Parfois, quand on est à Brisbane ou quand elle est à Sydney, elle chante avec nous parfois.
Et comment espérez-vous que le public du Brisbane Festival se connectera au thème de la migration, de la nature et l’appartenance?
Pour moi, c’est vraiment spécial de jouer à Brisbane parce que j’ai écrit une bonne partie de l’album là et ça a vraiment été à Brookfield et la nature et les personnes à Brisbane qui m’ont soutenu pendant ce temps. Je crois, quand on l’écoute, on a vraiment ce sens de la nature et avec tous les trucs visuels aussi….
Alors j’espère que le public de Brisbane peut venir. Et aussi, qu’il se sent à Brookfield et il se sent une partie de de cette nature de là
Et est-ce qu’il y a d’autres choses que vous souhaitez nous dire?
Venez, venez. Ce sera super bien.
C’est écrit sur le site web que les billets vendent vite.
Je suis contente de le savoir parce que c’est vraiment une partie de ce temps-là et une partie de Brisbane. Pour moi, c’est vraiment spécial. J’ai toujours voulu jouer là-bas, avec tous les jeux, avec tous les visuels, tout. Alors oui, j’espère que tout le monde vient vous voir.
Et c’est seulement à Brisbane pour le moment. Il n’y a pas une tournée en fait.
Je vais le faire au Gold Coast au Bleach Festival le 8 août. Pour le moment, ce sera le 8 août et puis à Brisbane le 14 septembre.
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Nous remercions Véronique Serret pour cette interview et nous espérons voir le spectacle dans une autre ville.
INFOS CLÉS POUR MIGRATING BIRD
Au Bleach Festival
QUOI : Migrating Bird au Bleach Festival 2025
QUAND: 19h, vendredi le 8 septembre 2025
OÙ : Studio 1 – HOTA Central, GOLD COAST
COMMENT : Achetez vos billets pour Migrating Bird au Bleach Festival par ici
COMBIEN : Les prix des billets sont les suivants :
- Adultes 49 $
- Seniors 39 $
- Enfants 39 $
Au Brisbane Festival
QUOI : Migrating Bird au Brisbane Festival 2025
QUAND: le 14 septembre
OÙ : Brisbane Powerhouse, BRISBANE
COMMENT : Achetez vos billets par ici
COMBIEN :
Les prix des billets sont les suivants :
- Adulte 35 $
- Concession 25 $
- Mobtix 25 $
