Angélique Kidjo a fait danser tout le monde à l’Adelaide Festival Theatre hier soir, à l’occasion de sa tournée du 40e anniversaire

Angélique Kidjo Image: Andrew Beveridge
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Angélique Kidjo s’est produite pour la première fois en Australie en 1992, à l’époque où le Nexus Arts/Lion Arts Centre était une salle suffisamment grande pour accueillir tous ceux qui voulaient la voir. 32 ans plus tard, l’Adelaide Festival Theatre était comblé hier soir.

Angélique Kidjo Image: Andrew Beveridge
Image: Andrew Beveridge

Le groupe Maatakitj, originaire d’Australie occidentale, a ouvert la soirée d’Angélique Kidjo avec un concert de 30 minutes comprenant de nombreuses chansons en langue Noongar. Aux côtés du chanteur et guitariste Clint Bracknell, on trouve deux chanteuses, Kylie et Della, et un percussionniste tamoul. Ils ont chanté sur les libellules, un faucon noir, les méduses, et une chanson sur la pluie, qui serait la bienvenue à Adélaïde en ce moment, après presque 7 semaines sans pluie.

 

Après une brève pause, la sensationnelle Angélique Kidjo est montée sur scène sous des applaudissements enthousiastes. Accompagnée d’un petit groupe de percussions (David Donatien), de claviers (Thierry Vaton), de batterie (Gregory Louis) et de guitare basse (Rody Cereyon), la présence sur scène d’Angélique Kidjo, sa voix et son énergie contagieuse, combinées à ces musiciens talentueux et accomplis, ont été plus que suffisantes.

Angélique Kidjo Image: Andrew Beveridge
Image: Andrew Beveridge

Ce concert, le dernier de la tournée australienne, est une célébration à la fois de son dernier album Mother Nature et de ses plus de 40 ans de carrière. Et après 40 ans de carrière, Angélique Kidjo ne montre aucun signe de ralentissement. Ajoutée par surprise au programme du WOMADelaide la veille de sa prestation au festival d’Adélaïde, Angélique Kidjo n’a montré aucune fatigue et a donné un concert très énergique qui a fait danser les gens dans les allées de l’Adelaide Festival Centre.

 

Le public a été hypnotisé et enchanté par Angélique Kidjo tout au long du concert. Sa voix majestueuse, puissante et inoubliable nous a captivés. Qu’elle se pâme sur scène, qu’elle virevolte ou qu’elle danse avec fougue, il est difficile de ne pas être impressionné par l’énergie et la voix d’Angélique Kidjo.

 

Après trois chansons, Angélique Kidjo enlève son foulard et le jette sur le côté, révélant son crâne rasé caractéristique, signe que les choses sont sur le point de se réchauffer. Dès la chanson suivante, certains spectateurs se lèvent de leur siège et se mettent à danser dans les allées.

Angélique Kidjo Image: Andrew Beveridge
Angélique Kidjo Image: Andrew Beveridge

Angélique Kidjo nous explique que pour cette tournée qui marque son 40e anniversaire, elle a besoin de revenir à ses origines, l’Afrique, puis la nature. Elle parle des femmes qui brisent les règles et nous raconte l’histoire amusante d’un pari qu’elle avait fait avec ses camarades de classe, selon lequel la reine de la salsa, Celia Cruz, viendrait au Bénin pour interpréter de la salsa, le pari étant que si Angélique avait raison, ils devraient faire ses devoirs (car elle détestait les devoirs). Elles ont fait monter les enchères et ont parié de l’argent à la place. Lorsqu’elles sont allées au concert et qu’elles ont constaté que la reine de la salsa jouait effectivement de la salsa, elles ont été obligées de payer. Elle interprète ensuite une version très rapide et salsa de « Bemba Colora« , tirée de son album Celia, qui rend hommage à Celia Cruz.

 

La chanson énergique et rythmée passe ensuite à une version plus lente et plus calme, « Sahara« , avant qu’un grand crescendo ne nous conduise à « Once in a lifetime » des Talking Heads. Cette chanson revêt une importance particulière pour Angélique Kidjo, qui a expliqué dans de précédentes interviews qu’elle l’avait entendue pour la première fois à l’âge de 23 ans dans l’appartement parisien d’un ami, alors qu’elle venait de fuir la dictature communiste du Bénin, où toute musique était interdite. La première fois qu’elle l’a entendue, elle a pensé que cela ressemblait à de la musique africaine.

 

Lors de son interprétation de « Meant for Me« , également tiré de l’album Mother Nature, Angélique Kidjo a fait participer le public en chantant le refrain « all I know is you’re meant for me » (tout ce que je sais, c’est que tu es fait pour moi). Elle plaisantait avec le groupe en disant que les spectateurs australiens étaient peut-être de meilleurs choristes qu’eux et faisait des gestes coquins à leur égard lorsque nous chantions. Impressionnée par la réaction du public, elle se tourne vers le groupe et dit : « Je vous l’avais bien dit, ne sous-estimez pas les Australiens !

 

Elle nous exhorte à « Choose Love » (choisir l’amour) au milieu de toute la haine qui règne dans le monde, avant de nous livrer un message puissant dans lequel elle nous dit qu’elle ne comprend pas le racisme, la haine, l’antisémitisme et la xénophobie, et que les gens sont souvent responsables de leur propre malheur. Si elle ne perd pas espoir, Angélique Kidjo n’a pas encore trouvé que la race humaine est civilisée ou intelligente. Elle nous implore de ne pas perdre la capacité de nous parler les uns aux autres, sinon nous nous perdrons les uns les autres. Elle accueille sur scène des invités spéciaux, le Adelaide Children’s Choir, ainsi que le groupe de la première partie Maatakitj, pour une interprétation de « Mama Africa« . Ce spectacle émouvant a rempli le théâtre de joie et d’énergie. Cette énergie s’est poursuivie lors du spectacle de rappel, avec un assemblage de trois des chansons les plus connues d’Angélique Kidjo.

 

Après plus de 40 ans de carrière, Angélique Kidjo ne montre aucun signe de ralentissement et continue d’offrir des spectacles passionnés, énergiques et émouvants. Nous avons été ravis de la voir hier soir et nous attendons avec impatience son retour.

5 CROISSANTS

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