L’artiste aérien français Arnaud Caizergues dont la carrière englobe la gymnastique de haut niveau, le Cirque du Soleil, la création de dizaines de numéros originaux et une sélection remarquée au Festival Mondial du Cirque de Demain présente sa dernière invention, un audacieux numéro de cube, dans Zerial de Craig Hryhorec, à l’affiche la semaine prochaine à Adélaïde puis la semaine suivante à Melbourne, un spectacle reconnu pour ses appareils sur mesure et sa fusion fluide d’acrobatie, de chant et de danse.

Arnaud, pour commencer, d’où venez-vous et où êtes-vous basé?
Alors moi je suis à la base, je suis originaire du sud de la France, de Montpellie mais j’habite à Paris depuis 20 ans.
Vous avez mené une carrière de gymnaste de haut niveau en France avant de vous tourner vers le cirque. Quand avez-vous commencé la gymnastique?
J’ai commencé la gymnastique à l’âge de huit ans. Et j’ai passé toutes les étapes pour arriver quand j’étais Espoirs et juniors, j’étais dans le groupe national et dans le Centre national de gymnastique. Ensuite, j’ai arrêté parce que j’en avais un petit peu assez – c’était dur, etcetera. Donc, j’ai fait 20 ans de gymnastique à haut niveau. L’année prochaine, ça fera 20 ans que je fais le métier d’acrobate.
Donc 20 ans de gymnastique et 20 ans d’acrobatie et les 20 ans de gymnastique, ça a commencé à l’âge de huit ans.
Oui, de huit ans à 28 ans. Voilà, c’est à peu près ça, Ça s’est un peu chevauché. J’ai commencé ma carrière d’acrobate à 25 ans. Pendant quelques années, j’ai fait les deux en même temps.
Et qu’est-ce qui vous a conduit vers les arts aériens/vers l’acrobate?
Comme la gymnastique, ça a été un petit peu le hasard qui a voulu. Je me suis retrouvé dans un gymnase sans le faire exprès. Et en fait, pour le cirque, ça a été un peu pareil. Je n’ai jamais eu de rêve d’être acrobate ou artiste de cirque.
Et en fait, juste après mes études, je ne savais pas quoi faire. J’ai passé un casting pour le Cirque du Soleil pour essayer. Je voulais essayer, j’étais curieux. Et en fait, quand on passe un casting pour le Cirque du Soleil, au début on est 100 et à la fin on est deux et les deux personnes qui restent, on rentre dans des bases de données.
Si on réussit le casting quand on est dans les deux derniers, ils peuvent nous appeler le mois suivant ou l’année suivante, ou jamais. Donc en fait, on repart sans promesse. Et en fait, moi ils m’ont rappelé deux semaines après pour un contrat à Las Vegas. Donc ça a été un petit peu le gros bouleversement et changement. Et donc du coup, je me suis retrouvé à Las Vegas, dans le monde du spectacle. C’est là où j’ai découvert ce monde-là quoi.

Et c’était pour le spectacle Love The Beatles ?
C’était pour Love the Beatles aux Mirages.
Et quels souvenirs gardez-vous de cette première grande expérience du monde du cirque?
Ben ça a été une expérience incroyable, vraiment. Au début, ça a été quand même assez effrayant parce qu’on se retrouve devant les meilleurs au monde, devant 2000 personnes chaque soir dans une énorme machine qu’est le Cirque du Soleil. Donc au début, ça a été un peu effrayant. Et puis à devoir parler anglais alors qu’on ne parle pas très bien anglais. Donc le début, ça m’a fait un petit peu peur, bien sûr, mais bon, je me suis habitué.
On s’habitue vite parce qu’il y a quand même des gens qui sont là pour nous aider. Et puis ça a été une bonne expérience, J’en garde un très bon souvenir et c’est ce qui m’a aussi m’a mis le pied à l’étrier, c’est à dire c’est aussi cette expérience qui m’a donné envie de continuer. J’y suis allée, moi, sans savoir. Je pensais que j’allais y rester. Enfin, je ne m’étais pas posé de questions par rapport à ma carrière quoi. En tout cas, ça a été l’un des piliers qui a fait qui m’a déclenché la passion, Voilà.
Et vous avez ensuite travaillé avec Dragon, Disney, les Farfadais et bien sûr, vous êtes revenue avec le Cirque du Soleil, notamment sur la tournée nord-américaine de Kurios.
J’ai fait la tournée, mais j’ai aussi fait la création de Kurios.
Pardon, je ne le savais pas.
J’ai fait la création de Kurios et j’ai fait une tournée nord-américaine, pendant deux ans et demi.
Et ça doit être tellement difficile de faire le même spectacle pendant une telle période.
Alors il y a des gens pour qui c’est ce qu’ils recherchent : c’est à dire le confort, la sécurité, et cetera, et cetera. Alors que moi, c’est exactement ce que vous dites, c’est à chaque fois je suis parti du cirque – des deux spectacles – je suis parti parce que faire toujours la même routine tous les jours, en tant qu’artiste, ça me convenait pas. Donc voilà, à chaque fois c’est moi qui suis parti. Mais après il y a des gens qui aiment. En tout cas, c’est pas mon cas.
J’aimais le show, j’aimais tout ça parce que vraiment le Cirque du Soleil, c’est une entreprise quand même assez exceptionnelle où il nous fournit, on a beaucoup de bons côtés, mais ça ne me suffisait pas en tant qu’artiste. J’avais besoin de découvrir d’autres choses et de créer de nouvelles choses quoi.
Et donc ensuite, vous avez créé les choses vous-même?
Oui. Ensuite moi je suis parti, j’ai créé un numéro de cerceau avec lequel j’ai été sélectionné au Festival Mondial du Cirque de Demain en 2017. Ça a été ma première création de numéro. Et ensuite j’ai des dizaines de numéros à mon actif. Et puis j’ai dû aider aussi d’autres personnes à en faire.
Donc voilà, c’est ça que j’aime. J’aime beaucoup créer des nouveaux numéros, chercher à faire de la recherche, etcetera etcetera. Et voilà.
En tout cas, ce festival, ça m’a amené sur la deuxième partie de ma carrière où j’ai fait beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses différentes, avec de spectacles différents, avec des gens différents. La deuxième partie de ma carrière a été épanouissante. La première partie aussi, mais la première partie c’était plus je me laissais aller dans ce dans ce quoi on me proposait. Alors que la deuxième partie, c’est plus moi qui suis allé de l’avant, quoi.
Et j’ai entendu parler de ce Festival Mondial du Cirque de Demain. Que représentait ce festival pour vous à ce stade? C’était vraiment le pas vers l’autre stade ?
Oui, c’est un pas vers l’autre stade. Je ne sais pas ce que je voulais faire, mais ma coach ne m’a pas forcé la main mais un petit peu. Moi je n’aime pas trop le cette notion de compétition. Comparer quelqu’un qui tire du cerceau avec un clown ou quelqu’un qui va faire de l’acrobatie, je ne suis pas trop là-dedans.
Mais ça permet d’avoir une visibilité en tant qu’artiste et une crédibilité aussi parce qu’il y a tellement peu de personnes qui sont sélectionnées que le fait d’avoir été sélectionné, ça apporte une crédibilité et on sait directement le niveau de la vue de l’artiste. Donc à ce niveau-là, c’est quelque chose d’extraordinaire quoi. Je crois que c’est le deuxième plus grand festival du monde de cirque après Monaco.
Je ne savais pas que Monaco était le plus grand, le plus important.
Je ne sais pas si c’est le plus grand, mais en tout cas c’est le plus prestigieux. Après Monaco, c’est le Cirque de Demain.
Et est-ce que ‘est grâce à ça que vous avez rencontré l’équipe de Zerial ?
Alors non, pas du tout. Moi j‘’ai rencontré Craig, le créateur de Zerial en contrat à Abou Dhabi – alors je peux me tromper, mais je crois que c’est 2011-2012. Je ne me rappelle plus la date exacte. On avait travaillé pendant deux mois sur un spectacle et il était encore acrobate à cette époque-là. Et puis on est resté en contact à partir de 2012. Et puis en 2019, il m’a proposé de venir travailler dans son spectacle en Australie.
Oui, et c’était le spectacle au même nom Zerial. Mais c’était au festival Adelaide Fringe en 2020.
Mais avant c’était Le Aerial et maintenant c’est Zerial. Il a changé de nom et le show, il change un petit peu. Il y a des nouveaux numéros.
Justement, j’allais poser cette question: qu’est-ce qui a changé soit dans vos numéros ou le spectacle en tout ?
Alors moi, je ne peux pas vous dire exactement ce qui a changé dans le sens où je suis arrivé avant hier, et je n’ai pas eu le temps de répéter, on n’a pas encore répété avec tout le monde. Je ne connais pas tous les nouveaux numéros, Moi, je sais que j’apporte pour l’instant un nouveau numéro de cube.

Oui, j’ai vu ça sur YouTube, c’est impressionnant.
Merci. Donc voilà, pour l’instant, j’apporte ça. Et ensuite, comme je crois qu’il n’y avait pas le temps de faire tous les changements dont il voulait, mais je pense que pour les années futures, après, j’apporterai en plus du cube sur un autre numéro de je ne sais pas quel appareil encore. Et les appareils que je faisais sur les éditions précédentes, ils vont s’effacer un petit peu pour laisser la place aux nouveaux numéros. Donc pour l’instant c’est le cube.
Et donc vous l’avez rencontré on pense 2012 – ou quelque chose comme ça. Est-ce que vous avez travaillé ensuite sur un spectacle en Australie avant celui de 2020.
Non. J’ai travaillé qu’à Abou Dhabi avec lui en 2012. Mais on avait gardé contact sur les réseaux sociaux bien sûr, et regardé mon travail, etcetera etcetera.
Donc c’est votre deuxième fois à Adelaïde?
C’est ma troisième fois. Avec ce groupe là, je crois que c’est la cinquième ou sixième fois que je viens en Australie pour performer. J’ai performé à Perth. J’ai performeé à deux fois à Sydney, à l’Opera House. Et j’ai déjà performé au Fringe de Perth et au Fringe d’Adélaïde. Donc je suis un habitué de Zerial.
Et pourquoi le public devrait il venir voir Zerial ?
Parce que je sais que Craig avec les filles, ils sont en train de monter des numéros qui n’ont pas encore été vus, avec des appareils qui n’ont pas encore été vus. Il y a aussi ce mix avec les chanteurs et les danseurs qui apportent quelque chose qui n’a carrément jamais été vu en tout cas à ce niveau-là en Australie. Et enfin je pense que les gens passent un très bon moment. Et puis on apporte aussi la qualité – la qualité physique, la qualité artistique et l’originalité dans pas mal de tableaux. Et, voila, il n’y a pas de temps mort, il y a toujours des gens sur scène chanter, danser, l’acrobatie. Un petit peu de mystère donc je pense que je pense que c’est un show qui mérite d’être vu.
Oui, il a l’air ! Mais les autres fois que vous avez été en Australie avec eux, c’était plutôt pour les festivals. Est-ce que c’est normalement un spectacle qui est présenté pendant les festivals parce que là c’est un spectacle programmé au dehors des festivals.
Oui c’est Craig qui a souhaité ne plus faire partie du Fringe. Je pense aussi qu’au fur et à mesure, il a eu l’expertise pour vendre lui-même son spectacle. Mais je sais que j’ai adoré faire partie du Fringe parce que c’est un truc incroyable.
Mais sans le Fringe, je m’amuse autant parce que le groupe, les gens avec qui je suis dans le casting qui change quand même assez peu souvent, donc on se connaît beaucoup. Donc qu’on soit dans le Fringe ou pas dans Fringe, pour moi c’est toujours aussi bien.
Et il y a combien de personnes dans le casting?
Alors si je ne me trompe pas, je crois qu’on est huit. Il y a deux chanteurs, deux danseurs, et quatre acrobates.
Est-ce qu’il y a d’autres choses que vous souhaitez nous dire?
Qu’est ce que je pourrais vous dire de plus? Non franchement, je pense que là, de plus en plus, le show il va dans l’originalité. Ce que je peux vous dire, c’est qu’on est en train de se consacrer là-dessus, dans l’originalité pour se démarquer, où on voit des appareils que l’on ne voit pas ailleurs souvent qui ont été inventés pour le spectacle. Ou comme le mien – ce n’est pas moi qui ai inventé le cube mais ça reste quand même un numéro qui est original. Je pense qu’il est en train de se spécialiser dans le fait d’avoir des spectacles avec des numéros qui sortent de l’ordinaire.
J’ai hâte de le voir mercredi prochain ! Merci Arnaud.
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Nous remercions Arnaud Caizergues pour cette interview et nous avons hâte de voir Zerial à Adelaide la semaine prochaine !

INFOS CLÉS POUR ZERIAL À ADELAIDE
QUOI : Zerial
QUAND : du 9 au 13 septembre:
- 9 au 11 septembre à 19h;
- 12 septembre à 16h
- 13 septembre à 13h
OÙ ; Space Theatre, Festival Centre, ADELAIDE
COMMENT : Achetez vos billets par ici
COMBIEN : Les prix des billets vont de 59 $ à 119 $ selon les places choisies.
INFOS CLÉS POUR ZERIAL À MELBOURNE
QUOI : Zerial
QUAND : du 16 au 20 septembre
- 16 – 18 septembre 19h
- 19 septembre 15h et 19h
- 20 septembre 13h
OÙ ; Arts Centre MELBOURNE
COMMENT : Achetez vos billets par ici
COMBIEN : Les prix des billets vont de 59 $ à 99 $.
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