Caroline Nin vous invite à la rejoindre à L’Hôtel à l’Adelaide Cabaret Festival

Reading Time: 10 minutes

Caroline Nin fait partie de la distribution du spectacle L’Hôtel, un spectacle immersif qui vous transportera à un hôtel parisien à l’Adelaide Cabaret Festival.  Fréquemment en visite et souvent résidente en Australie, nous avons discuté avec Caroline Nin du spectacle, de la COVID-19, du chant et de bien d’autres choses encore.

 

Caroline Nin
Caroline Nin; Image: Raphael Braglaglia

Vous êtes en France ou en Australie en ce moment?

Je suis en Australie depuis le mois de novembre.

 

C’est d’ailleurs Jana Drummond qui m’a envoyé un message en disant « Caroline, vous êtes en Australie. » Et j’ai dit « oui ». Elle m’a dit on a un projet. C’était littéralement la fin de la première semaine de la quarantaine où j’ai reçu l’email de l’Adelaide Cabaret Festival.

 

C’est vraiment une grande chose de faire un festival international. On a de la chance.

On est gâté. Vraiment on a beaucoup, beaucoup de chance.

 

Je n’ai pas fait de chose depuis février 2020 à Londres. Si, j’ai fait deux concerts de jazz à Brisbane en février mais c’était de petits concerts – deux petits glypses comme on le dit. Je n’ai pas fait de performance depuis l’année dernière. Cette année c’était deux concerts de jazz – c’était 70 personnes.

 

I am very excited.

 

Alors, qu’est-ce que vous avez fait pendant l’année si vous n’avez pas pu jouer?

J’ai passé 9 mois avec maman en France, à Lille. On a fait beaucoup de cuisine ensemble pendant le premier confinement. On a mis les vidéos sur Facebook et ça a eu beaucoup, beaucoup de succès.

 

En mars 2020, je faisais des recettes avec 5 ingrédients. Très simple. Recettes françaises. Beaucoup de viande mais les gens ont adoré parce que c’était français, je pense.

 

Dans quelle ville êtes-vous en Australie?

Je suis à Townsville.

 

Pourquoi à Townsville?

Parce que ma moitié habite a Townsville et on a été séparé pendant un an à cause du COVID et j’ai réussi a renouvelé ma visa permanente que je n’avais plus.

 

Justement je me demandais s’il y avait un lien avec l’Australie.

J’habitais à Sydney jusqu’à 2011 et avec ma moitie on est parti à paris. Et en 2020 j’étais à Londres entre Paris et Londres. Parce que travaillais sur les cabarets entre Paris et Londres sur les croisières. Et ma moitie était ici avec sa famille pour noël et sur des missions de travail janvier, février, mars… Et en mars, elle me dit « je reviens ». Et je lui ai dit « Don’t come back. Stay where you are. On va se débrouiller ». On a été séparée 11 mois.

 

Ok donc vous étiez en France. Tout ce temps-là.

Tout ce temps-là. J’ai quitté Londres. Dès qu’il avait le lockdown – il y avait le lockdown dans 3 jours. Donc j’ai pris l’Eurostar. Ça m’a coutée 300 pounds pour un billet.

 

Et après je n’ai pas pu bouger. Donc j’ai eu mon visa à la fin de 5 mois. Et j’ai eu 4 vols annulés et j’ai réussi a monté sur un vol Singapour. Ça nous a coutée beaucoup d’argent. 4000 $. On était 20 personnes en économie.

 

 

L’Hôtel

Donc vous venez a Adelaide pour le spectacle L’Hôtel, qui est de ce que comprend est un spectacle immersif. Est-ce que vous avez déjà jouée dans un spectacle immersif?

Non. Mais je fais toujours des participations dans le cabaret, participations de l’audience ou je me glisse aussi dans l’audience.

 

Comme quand vous cherchez Johnny comme vous le faisiez pendant votre spectacle au festival français d’Adelaide il y a quelques ans?

Oh là là. Le pauvre Johnny. C’était Dunstan Playhouse. Quand je faisais Piaf, c’était Milord.

 

Est-ce que vous avez déjà travaillé avec Craig Ilott, le réalisateur du spectacle L’Hôtel?

Non. Mais je suis un grand fan. Une très, très grand fan. J’ai vu Smoke & Mirrors, j’ai vu HEDWIG ??. Je n’ai pas vu les productions théâtrales. J’aimerais beaucoup en voir. Mais j’adore son monde – I love his world – it’s my thing. C’est vraiment mon truc.

 

Et les autres artistes de spectacle, vous les connaissez?

Non. J’ai rencontré Brendan, Bri et Lexie pendant le photo shoot à Sydney. Ces sont les seuls que j’ai rencontrés. Et donc j’ai rencontré à ce moment-là Craig et Stewart/Stuart Cousins. On a toute de suite connecté.

 

J’ai fait des photos avec Bri. J’ai croisé Brendan mais j’ai suivi sa carrière. Je l’aime beaucoup. Je trouve qu’il est vraiment bien. Il a fait un début de pop et parce qu’il a un background de danse de comédie musicale. Il est vraiment, hyper intéressant. J’ai hâte mais je ne le connais pas. Donc on va répéter pendant 10 jours et je vais vraiment les rencontrer. Je les ai à peine croisés.

Caroline Nin L'Hotel Adelaide Cabaret Festival

 

Quel style de musique chanterez-vous dans le spectacle, si vous avez le droit de le dire?

Je préfère ne pas de le dire. Sans trop dévoiler, ça serait évidemment que des chansons françaises. Des artistes, une artiste très connue. Donc voilà. Et trois autres artistes, dont un homme connu du public australien, un très beau, un très bel auteur compositeur – je suis hyper heureuse de chanter son répertoire.

 

Vous l’avez déjà chantée?

Jamais. Il a fait une grande carrière aux Etats Unis.

Et puis deux chansons des artistes que j’aime beaucoup des années 50-60. Voilà, on a des arrangements avec mon producteur londonien avec qui je travaille depuis 20 ans, avec qui j’ai terminé mon album de jazz en quarantaine, via zoom.

Donc c’est quelqu’un qui me connait bien. On a fait Adelaide 2 fois ensemble. C’est un auteur compositeur producteur. Et c’est lui qui fait les titres qui vont m’accompagner au festival. Ça va être très personnel. Super.

 

Vous avez eu l’occasion de choisir ce que vous allez chanter ou c’est déjà des idées de Craig?

Non. En fait avec Craig on a fait des zooms pour se connaitre et il est conscient que le public anglo-saxon australien, anglais, etcetera, c’est toujours Edith Piaf.

Donc moi, j’ai fait quand même Piaf beaucoup, beaucoup. Donc L’année dernière, je devais faire Barbara pour le festival. Ça avait été annulée. J’avais travaillé 2 ans sur le spectacle. On le fera. Je sais que je le ferais.

Et j’avais proposé à Craig des chansons de Barbara. J’ai proposé à Craig un panel d’artistes français. On va du jazz des années 50 des gens comme Boris Villant, Serge Gainsbourg, des années 60 François Hardy, Régine, Charles Aznavour.

 

Les grands chanteurs français.

Oui tous les grands. Voila.

Donc il a passé les fêtes de noël à écouter le playlist – il a dit « wow ». On s’est reparlé au mois de janvier. On a pris 5, et puis on a enlevé 2 et puis on a rajouté une. Parce qu’au début on n’allait pas avoir les grandes chanteuses et j’ai dit c’est obligé mais c’est une chanson que personne ne connait.

 

C’est bien. Ça change. Ce n’est pas « la vie en rose » qui est une belle chanson mais le public australien ne connait que ça.

Oui ça serait dommage de mettre quelque chose qui est tellement obvious. Ça ne serait pas « la Vie en rose » et ça ne serait pas « je ne regrette rien ». C’est sûr.

 

Formation

Est-ce que vous avez formée en chant ?

Oui j’ai été formé en chant par une chanteuse opéra il y a 35 ans. Donc j’étais très très jeune.

 

Mais vous n’avez que 35 ans!

Hihi, j’étais enfant.  Voila!

C’est une femme extraordinaire. Elle est encore vivante à Paris. Je l’ai retrouvé il y a 5 ans. C’était une chanteuse d’opéra à Paris dans les années 60 donc elle doit avoir 85 ans et elle enseigne. Elle donne toujours des cours de diction et de voix a de grands artistes de théâtre parisien comme Depardieu, Francis Veber.

 

Ah quand même. C’est un honneur de travailler avec elle.

Oui. Elle est très très dure. Et quand je l’avais retrouvé il y a 5 ans donc j’avais déjà une carrière internationale. Elle m’a cassé!

Et donc c’est avec elle que j’ai appris pendant 3 ans à Paris. ET après j’ai appris sincèrement sur le taf en Angleterre. Je suis partie à 25 ans. J’ai fait quelques stages avec chanteuses mais ça a toujours été des chanteuses d’opéra.

 

Toujours. Donc l’opéra a toujours été intérêt parce que vous ne chantez pas de l’opéra dans vos spectacles? C’est leur talent ?

C’est la technique et le sérieux du travail. J’adore en fait. Parce que bon cabaret on est très libre. En jazz, vocalement, on est très, très libre. En cabaret, on peut vraiment jouer.

Donc c’est sérieux – les exercices sont tellement forts et intenses – on fait des vocalises c’est un peu ennuyeux mais ça muscle vraiment bien. J’aime beaucoup. Et puis j’apprends des chansons et je peux les chanter avec eux parce que personne ne me regarde. Mais je ne serais jamais une chanteuse d’opéra. Pour moi c’est le Rolls Royce . J’adore mais je ne peux pas faire ça

 

Une famille musicale

Est-ce que vous avez toujours chantée même quand vous étiez petite?

Petite. Toujours, toujours. La radio – il y avait des chansons à la radio. Je faisais des harmonies. Et oui j’étais très très musicale.

 

Je viens d’une famille de musiciens. Mon grand-père paternel était violoniste. Il jouait dans des cinémas dans des films muets, il accompagnait des films muets.

 

J’ai une cousine qui est violoncelliste avec qui on a travaillé ensemble sur Barbara l’année dernière. D’ailleurs elle est sur un des clips promotionnels. Elle joue beaucoup, beaucoup en France.

 

J’ai une autre cousine qui est flutiste. J’ai un ancêtre qui était chef d’orchestre en Holland. J’ai des origines Hollandaise. Je n’ai pas encore fait mon arbre mais il était chef d’orchestre.

 

C’est une famille, coté de mon père très très musicale.

 

Et vos parents?

Non. Ma mère jouait du violon, petite. Elle chante très bien. Mais elle ne l’a pas poursuivi.

 

Et ils ont soutenu votre choix de suivre ce pas?

Oui. Ils ont été très très cool en sachant que ce n’est pas un choix facile. Ça fait quand même une vie difficile. Mon père n’est plus là mais ma mère, elle est très très fière.

Favoris et rêvés

Quelle est votre chanteuse/chanteur préféré à chanter?

Hmm. Mon dieu. Mais il faut que je choisisse entre 4. Je vais dire Shirley Horne. Grande chanteuse de jazz. Je dirais « Here’s to life”.

J’adore chanter Piaf. Vraiment, je vie Piaf quand je chante Piaf mais ma première école c’est le jazz. Evidemment je fais du cabaret parce qu’il y a beaucoup plus de possibilités. Chanteuse de jazz quand on a 20 ans, 25 ans, 30 ans, c’est difficile. C’est un monde d’homme. C’est très masculin. C’est quelque chose qui est passé en fait. Maintenant c’est intégré donc on fait des chanteuses de jazz, elles font des albums et puis j’ai découvert le cabaret et j’ai adoré le cote théâtrale.

 

Donc j’adore chanter Piaf. C’est dans mon métrique. Mais si on me dit « qu’est-ce que tu veux chanter » je leur dis « je veux chanter une chanson de Shirley Horne ». J’espère que ce n’est pas décevante.

 

Pas de tout. Et semblablement, quel est votre artiste préférée à écouter ?

Barbara. Oh my God.

 

Chanson préférée?

C’est une chanson qui s’appelle « septembre » [Caroline se met en harmonie]. C’est un bijou.

Comme vous, de chanter comme ça sans faire des exercices!

Je n’ai pas chanté depuis longtemps en plus.

 

De tout façon, Barbara je ferais Barbara Ebony Bott était complètement déçue, désolée que l’on annule l’année dernière. Le spectacle allait être super.

 

Quand est-ce que vous allez rentrer en France?

Je pense rentrer en France dans un an au mois de mars ou d’avril. J’ai du travail en France qu’on m’a proposé pour l’année prochaine et en Angleterre à Londres aussi dans les clubs de Londres: Crazy Cocks, Wigmore Hall. Tous ces endroits – que j’avais commencé.

 

Barbara devait être jouée en répétition générale au mois de mars parce qu’Adelaide c’était la première mondiale. J’avais réservée le club pour 2 soirs avec des amis et j’allais chanter Barbara. Donc je pense l’année prochaine.

 

Oui! L’année prochaine ça va être beaucoup mieux. Vous avez joué partout dans le monde. Est-ce que vous avez un endroit de rêve?

Mon rêve c’est Carnegie Hall parce que Piaf a fait vraiment ses grands débuts là-bas.

 

Dès qu’elle a commencé à vraiment être très connue et bien fonctionnée aux Versailles dans le petit club de Manhattan, elle a fait directe Carnegie Hall et l’Olympia, évidemment à Paris. Ce n’est que 3000 places. Ce n’est rien!

Et avec la COVID-19, c’est la moitie!

Ils ne sont pas encore réouverts. Ça ouvre le 29 mai. Toute a été fermé depuis l’année dernière au mois de mars.

 

Ça a de l’être très difficile de passer un an sans jouer devant un public.

Oui. Je suis un petit peu nerveux, j’avoue. Mais je ne suis pas la seule.

Mais c’est bien on se renouvelle. C’est bien parfois d’arrêter. On peut renouveler les cellules, régénérer et revenir avec quelque chose de nouveau. Quand on travaille tout le temps, ça devient un petit peu automatique. De réaliser que c’est notre ADN et qu’on ne peut pas le faire, c’est quelque chose qu’on a vraiment envie de faire. Des gens de se revoir, de s’embrasser. Ma famille se souffre beaucoup. Ils ne s’embrassent pas.

 

On a vraiment eu de la chance en Australie. On peut seulement imaginer comment c’ ;est pour les autres.

Vous avez eu beaucoup de chance.

Et moi, je suis partie en novembre. Et c’était le 2ieme confinement. On avait eu un confinement, deux couvre-feux, et là ils ont fait un troisième et ils sortent fin juin. C’est très dur.

Caroline Nin L'Hotel Adelaide Cabaret Festival

Pourquoi venir voir L’Hôtel?

Pourquoi les gens doivent-ils venir voir L’Hôtel?

Parce qu’ils vont être immergés dans un hôtel français fantaisiste parce qu’avec Craig on parlait d’un mélange de Royal Monceau, Georges V, et puis Lutecia avec leurs secrets. Donc il a beaucoup aimé cette idée de mélanger ces hôtels qui ont beaucoup d’histoire parce que Paris c’est une vielle ville et donc comme la première partie les artistes sont parmi le public il va y avoir beaucoup d’énergie, de mouvement, ça va être très énergétique. Et puis la lumière va s’estomper et va se retrouver vraiment derrière les portes.

 

Donc on aura la première partie qui est imaginaire de ce qui est un hôtel. Et après on va être derrière les portes en fait. Donc les masques vont tomber vers quelque chose de beaucoup plus réaliste. Donc je pense que ça va être très émouvant. C’est-à-dire que ça sortira du cotée cabaret ou on est dans un monde fantaisiste uniquement. Je pense que Craig et Stu veulent vraiment montrer la réalité des âmes, des personnes qui font partie du cast, de ce qui passe des personnages en fait- les vrais visages du personnage. En tout cas pour le mien c’est ça mais je pense que pour les artistes d’acrobate et de burlesque ça va être ça aussi et pour Brandon. Et Craig est super pour ça. Dans Smoke & Mirrors, c’était génial!

 

On remercie Caroline Nin et Adelaide Cabaret Festival pour cette interview.

 

Vous pouvez voir Caroline Nin dans L’Hôtel à l’Adelaide Cabaret Festival. Infos ci-dessous.

 

QUOI: le spectacle L’Hôtel à l’Adelaide Cabaret Festival

QUAND: ven, 11 juin – dim 13 juin, jeu 17 juin- dim 20 juin

OÙ: Space Theatre, Adelaide Festival Centre

COMMENT: Achetez vos billets par ce lien:

https://www.adelaidecabaretfestival.com.au/events/l-hotel/

COMBIEN: $150 plus $8.95 frais de réservation

 

Pour en savoir plus sur Caroline Nin, regardez son site web: www.carolinenin.com

 

Quel est votre chanson française préférée?

 

Lisez aussi notre interview avec Craig Ilott, réalisateur du spectacle L’Hôtel à l’Adelaide Cabaret Festival

 

Abonnez-vous

Insérez votre adresse email pour recevoir des notifications lorsque des nouvelles articles sont publiées au sujet de toutes les choses françaises et francophones en Australie