Lou Blackwell nous parle de jazz, de chanson et de narration dans A French Romance

Lou Blackwell A French ROmance FR Photo: Claudio Raschella
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« A French Romance » de Lou Blackwell, qui sera présenté pour la première fois à l’Adelaide Cabaret Festival ce dimanche, est bien plus qu’une simple célébration de la chanson française : ce spectacle s’inspire d’un riche parcours artistique façonné entre la France et Adélaïde. Dans cette interview, Lou Blackwell explique comment son passage progressif des standards du jazz au répertoire français a redéfini son identité musicale, guidée par la réaction du public, ses collaborateurs créatifs et une exploration organique du répertoire français. Elle revient sur sa découverte d’artistes tels que Barbara, Boris Vian et Georges Brassens, et révèle comment A French Romance mêle narration, expériences vécues et chansons soigneusement sélectionnées pour créer une expérience de cabaret envoûtante qui donne au public l’impression d’avoir fait un saut dans le Paris de l’époque.

Lou Blackwell A French ROmance FRPhoto: Claudio Raschella
Photo: Claudio Raschella

Qu’est-ce qui vous a d’abord attiré vers la chanson française, et comment est-elle devenue un élément si déterminant de votre identité artistique ?

Je revenais de France, où je chantais surtout du jazz. Je n’avais que quelques chansons françaises dans mon répertoire quand j’étais là-bas. À mon retour, j’ai commencé à donner des concerts de jazz à Adélaïde et j’ai glissé une chanson française ici et là ; les gens ont vraiment apprécié, ma mère aussi. Ils m’ont dit : « Fais plus de chansons françaises ». Du coup, ça s’est transformé naturellement en répertoire de chansons françaises.

 

Julian Ferraretto, qui est violoniste de jazz, était revenu de Londres et il nous a rejoints. À ce moment-là, je jouais avec le Bruce Hancock Trio, et ça a changé petit à petit. Puis Mark [Simeon] Ferguson nous a rejoints. Ça semblait tout simplement fonctionner. Les gens semblaient apprécier. Alors, j’ai simplement suivi cette dynamique.

 

Et c’était intéressant parce que quand je vivais en France, je n’étudiais pas vraiment le répertoire de la chanson française, c’est plutôt ici que ça s’est fait.

 

Qu’est-ce que cette période où vous avez joué et vécu en France vous a appris sur l’interprétation, le phrasé, la narration ?

En fait, je faisais surtout des concerts de jazz. J’étudiais le jazz et je chantais avec deux superbes chanteuses américaines qui vivaient à Paris, Sarah Lazarus et Michelle Hendrix. Je faisais donc du jazz, je jouais avec des musiciens de jazz. C’est là-bas que j’ai pu développer mon chant jazz. Je racontais parfois des anecdotes amusantes entre les chansons, mais ce côté cabaret à la française s’est davantage développé ici.

 

Quels sont les artistes français qui t’ont le plus influencée ?

Influencée, je ne sais pas. J’adore Barbara. Découvrir son œuvre a été une véritable révélation. Je savais qui elle était, et la chère famille qui m’était très proche là-bas la connaissait tous, bien sûr. Ce sont donc juste des chansons différentes.

 

C’était génial de découvrir Boris Vian, Juliette Gréco, Yves Montand, Georges Brassens. Léo Ferré. C’était un voyage à la découverte de différentes chansons. Je faisais des recherches, j’écoutais différentes chansons. Et puis mes amis, les Campion là-bas, ils me faisaient découvrir différents artistes français.

 

Votre spectacle à l’Adelaide Cabaret Festival s’intitule « A French Romance » et nous promet un voyage à Paris depuis Adélaïde. Quel genre de parcours émotionnel ou musical souhaitez-vous nous faire vivre ?

Tout d’abord, ce sont de très grands musiciens, donc c’est très fort musicalement. Et puis, l’impression qu’ils sont à Paris, en pensant à ces grands bars de cabaret et à ces scènes où les stars se produisaient. Je fais des recherches sur la vie des artistes. Édith Piaf, bien sûr. Quand je retourne à Paris, il y a parfois des expositions sur Georges Brassens ou Édith Piaf.

 

C’est aussi moi qui raconte mon histoire. Mon histoire d’amour avec la France, c’était avec le pays lui-même, à quel point je l’aimais, sa culture et tout ça.

 

C’est donc un spectacle plus personnel.

Oui, c’est une histoire assez personnelle. J’y intègre mon histoire personnelle.

 

Comment avez-vous choisi les chansons des « Grands Chansons françaises » à inclure dans le spectacle, et qu’est-ce qui fait qu’une chanson semble indispensable au spectacle ?

Nous avons sélectionné des titres moins connus. Nous interprétons des chansons des Frères Jacques, ainsi que de Jean Constantin, qui a écrit des chansons vraiment drôles et décalées. Nous en avons inclus quelques-unes. Il y a du cha-cha-cha. Il y a aussi des morceaux avec une touche latine.

 

Je travaille avec Mark Simeon Ferguson, qui est un excellent directeur musical. Nous nous rendons dans son bureau à l’école de jazz pour travailler ensemble. Nous suivons des liens, qu’il s’agisse d’un petit lien entre un artiste et une autre chanson à venir ou d’un lien avec le thème de l’histoire. Nous cherchons donc, dans le processus créatif, ces petits liens qui peuvent surprendre ou qui s’accordent bien entre eux. Ou s’il y a deux chansons un peu similaires, on doit donc en laisser une de côté. On ne peut pas tout faire dans un spectacle de cabaret, mais on a une très bonne sélection de morceaux maintenant.

 

Et donc, il y en a des nouvelles. Il y en a des plus anciennes, mais il y en a pas mal de nouvelles. C’est un mélange de morceaux qui fonctionnent bien et qui gardent l’ambiance joyeuse et l’énergie au top. Une magnifique nouvelle ballade de Barbara, une chanson d’amour sur Paris et celle de Dave Frishberg avec ma petite histoire.

 

« Sur les quais de Paris » est une chanson tellement belle et romantique. Charles Trenet, Serge Gainsbourg, Piaf bien sûr, on a quelques duos là-dedans. Je fais venir les gars pour chanter avec moi.

 

Comme vous avez fait sur le spectacle Gréco.

Oui, sur certains duos.

 

Nous avons des membres du groupe qui viennent de Melbourne, car lorsque nous sommes allés jouer au Jazz Lab ces deux dernières années, nous avons fait appel au batteur et au bassiste de Melbourne. Terry Anderson sera à la batterie. C’est un excellent batteur de jazz. Il est originaire d’ici, mais il vit à Melbourne maintenant. Dan Whitten, qui est un bassiste et chanteur fantastique, vient de travailler avec Meow Meow sur son spectacle et fait partie du groupe Bush Gothic, un groupe de Melbourne. Je le connais depuis que j’ai environ 18 ans, c’est donc un vieil ami très cher.

 

Si quelqu’un a assisté à l’un de vos autres spectacles en France et qu’il vient voir celui-ci, à quoi doit-il s’attendre de différent ?

Il y a plus de voix d’accompagnement. Il y a plus de duos. Le groupe s’implique un peu plus. Il y a de nouvelles chansons. C’est scénarisé, donc il y a une trame narrative. Parfois, j’improvise, donc c’est beaucoup plus structuré, mais j’espère qu’il y aura quand même un peu de place pour l’improvisation.

 

Quand vous interprétez des chansons associées à de grandes icônes comme Brassens, Trenet, Aznavour. Comment rendez-vous hommage à leur héritage tout en vous appropriant un peu le répertoire ? Conservez-vous les chansons telles qu’ils les chantaient, y ajoutez-vous une touche personnelle, ou s’agit-il plutôt de les relier à votre histoire ?

Mark joue un rôle essentiel à cet égard. Il apporte quelques modifications. C’est aussi un excellent arrangeur. Il y a davantage d’harmonies vocales et certains passages changent un peu.

 

Pourquoi pensez-vous que le répertoire que vous interprétez continue de trouver un tel écho à Adélaïde ?

J’ai un lien très fort avec la France, j’espère donc vraiment offrir une interprétation de grande qualité du répertoire de la chanson française. Je joue avec des musiciens exceptionnels. La France et Paris occupent une place particulière dans mon cœur. Le lien est très fort. J’ai l’impression de pouvoir chanter ces morceaux parce que c’est en quelque sorte une expérience vécue, même si c’est ici que j’ai davantage découvert le répertoire français. Quand j’y vais, je vois des spectacles. Mais quand j’y étais, je vivais vraiment là-bas. J’allais beaucoup à des concerts de jazz.

 

Si quelqu’un découvre la chanson française pour la première fois grâce à ce spectacle, qu’espérez-vous qu’il ressente, entende ou ait envie d’explorer ensuite en sortant du théâtre ?

C’est une musique vraiment magnifique. Ce sont de belles chansons. Elles ont un petit côté jazzy. Elles comportent souvent ce rythme français en trois-quatre. Elles peuvent donc être une source d’inspiration musicale et, je l’espère, vous donner l’impression d’avoir fait un petit voyage en France.

 

Oui ! Ça pourrait les inspirer à planifier leur prochain voyage.

Eh bien, on ne sait jamais !

 

Y a-t-il autre chose que vous aimeriez ajouter ?

J’adore la France, et j’ai un lien très fort avec ce pays ; c’est pourquoi je voudrais vous inviter à partager cette histoire d’amour avec moi. Une histoire d’amour pour l’âme de ce lieu. Il ne s’agit pas seulement de Paris, mais du pays tout entier. Il existe tant de pays formidables, mais c’est celui-là qui est arrivé à un moment de ma vie où il m’a vraiment aidé à m’épanouir en tant que personne. Et j’ai été tellement inspiré par sa culture. Je suis allée à l’université ; j’ai fait des études de cinéma. J’ai lu énormément de livres. Je ne suis pas francophone, mais j’ai un lien très fort avec la langue et la culture françaises.

Nous remercions Lou Blackwell pour cette interview et nous avons hâte de voir A French Romance ce dimanche !

 

INFOS CLÉS POUR LOU BLACKWELL & THE FRENCH SET: A FRENCH ROMANCE

QUOI : Lou Blackwell & The French Set: A French Romance

QUAND : 19h30 7 juin 2026

OÙ : Dunstan Playhouse, Adelaide Festival Centre, ADELAIDE

COMMENT : Achetez vos billets pour ce spectacle par ce lien

COMBIEN : Les prix des billets sont les suivants (hors frais de transaction) :

  • Premium 59 $
  • Réserve A 54 $

Ce spectacle fait également partie d’une formule Premium proposée le 7 juin, comprenant des billets pour Dylan Adler et PO PO MO CO. Les trois spectacles pour 167 $, hors frais de transaction. Achetez cette formule par ici

 

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